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13 janvier 2021 3 13 /01 /janvier /2021 14:07

Suite et fin de l'article du 7 janvier dernier...

 

Bien vivre le rituel impose de l'avoir compris; il doit donc être pensé, vécu et assimilé par chacun. Pour le décrypter il faut le travailler… Alors apparaissent un sens premier puis un sens second et nous nous apercevons que comme avec les poupées russes, il y a toujours à découvrir. Chacun doit s’approprier le rituel à son rythme : d’abord on l'accepte sans comprendre, puis on comprend le « comment », pour enfin saisir au mieux le « pourquoi ».

        Ainsi, l'apprentissage du contenu du rituel dégrossit et polit l'apprenti que nous resterons tous, ce qui nous permet, une fois intégré dans notre tête, de fraterniser dans le monde profane avec ceux qui sont placés plus haut ou plus bas que nous, puisque nous nous rappellerons toujours que chacune des pierres de l'édifice a la même utilité que celle qui est placée juste en dessous ou juste en-dessus d'elle et pas plus : enlever une pierre (celle-là ou une autre) et c'est l'écroulement de l'ensemble de la construction qui est promis.

        Il n'est donc pas étonnant que la Maçonnerie de Tradition à laquelle nous appartenons, se préoccupe autant de ce que cette transmission soit faite dans les règles.

        Transmettre le rituel, tout le rituel, rien que le rituel pour progresser, tel doit être notre but, le but du V.M mais également celui de ses S.S et de tous les officiers.

        Cette progression ne peut pas se faire dans "l'à peu près" d'un rituel avec lequel il serait loisible de prendre quelque libéralité que ce soit. Elle doit se faire dans la rigueur telle une "liturgie immuable" sans laquelle nous devrons assumer le déclin de notre Institution.  

        Si à chaque tenue, le rituel est plus ou moins amputé non seulement de ce qui est son fondement, mais ne serait-ce parfois que d'un mot, que va-t-il rester de nos valeurs dans un an ? dans 10 ans… ?

        Nous nous devons donc, V.M, F.F. S.S et vous tous mes F.F, de perpétuer le respect de nos signes, de nos symboles, de nos prières, sachant que tout est dans nos Rituels. A cet effet :

               - nos signes doivent être transmis tels qu'ils nous ont été enseignés et non plus ou moins approximativement. Que sont devenus selon les rites, la mise à l'ordre, le signe pénal, le signe de foi, le signe de fidélité… regardez autour de vous et souvent la personne qui vous est la plus proche, c'est à dire vous-même et cela est bien évidemment valable pour moi car ce n'est pas une leçon que je donne - Dieu m'en garde - mais une simple constatation que je fais.

                       . le signe pénal réalisé avec une main droite qui effectue une trajectoire plus ou moins contrôlée, souvent arrondie (souvent plus que moins d'ailleurs) et dont a disparu tout le symbolisme des angles droits, se rapprochant d’un moulin à vent En arrondissant les angles droits peut-être résoudrons nous la quadrature du cercle, et encore ce n’est pas sûr.

                       . la mise à l'ordre où rares sont ceux n'oublient pas d'effectuer un petit pas en avant et de placer le pied droit à l’équerre dans le creux du pied gauche, et pourtant tout cela nous est sans cesse répété dans le rituel à chaque initiation

                       . le signe de fidélité, la main droite placée sur le cœur mais le pouce à angle droit vers le haut et, pour ceux qui le font, le signe de foi, main droite, toujours sur le cœur, pouce droit replié vers le bas, tous se terminant en réalisant des angles droits

               mais aussi

                       . les coups de maillet du V.M et des S.S, leurs nombre, leur rythme selon les grades et les rites

                       . la déambulation des Experts dans la loge

                       . les attouchements …

               et cela qui est vérifiable à tous les grades, est d'autant plus pénible que le grade de celui qui l’exécute est élevé.

               - nos symboles dont il nous faut se rappeler sans cesse leur signification

                       . le niveau qui est le bijou du 1er S. et la perpendiculaire celui du 2ème S. ne doivent pas être placés au hasard. Leur place et leurs symboles sont répétés à chaque installation par le V.M alors qu'il les remet aux différents récipiendaires

                       . le compas et l'équerre placés sur le volume de la loi sacrée. De loin, cela ne se voit pas mais le V.S.L doit être placée de façon, selon les rites, à pouvoir être lu par le V.M ou par l’assistance, les pointes du compas étant dirigées vers le V.M comme une antenne directionnelle transmettant le texte sacré en permanence vers celui qui dirige la cérémonie et se doit de le renvoyer vers les F.F sur les colonnes par son bijou, l'équerre ouverte vers l'avant,

               - nos prières et plus généralement les textes des rituels dont la qualité ne saurait souffrir d’une interprétation plus ou moins oiseuse notamment lors des moments les plus émouvants de la cérémonie pour tous, mais aussi et surtout pour le candidat,

                       . comme c’est le cas lors de la prestation de serment par l'impétrant, et cela à tous les grades. Il est indispensable que le châtiment prévu au cas où le F. ne respecterait pas ses promesses prises sur la Bible, lui soit communiqué dans son intégralité, même si ce châtiment ne sera que moral.

                       . également pour la remise du tablier qui ne tolère pas de déviation.

        Concernant les textes des rituels et quel que soit le rite, je ne peux m’empêcher de vous faire part de mon étonnement, pour rester correct, du nombre de changements que j’ai pu vivre en un peu plus de 30 ans de maçonnerie. Étaient ils nécessaires ? Je n’ai pas vu de grandes modifications au niveau du fond, certes, mais je ne peux qu’espérer que ce n’était pas la conséquence de l’envie de ces rédacteurs zélés de laisser des traces de leurs passages, au demeurant, temporaires.

        C'est pourquoi mes F.F, si la F.M nous enseigne la tolérance, cette tolérance doit rester dans les limites qui nous ont été tracées avec justesse et précision car aucun rite ne tolère "l'à peu près", encore moins la médiocrité.

        Certes, cela nous demande un travail dur, voire pénible, long, pas toujours facilement accessible à chacun selon ses capacités et ses occupations extérieures de l'instant qui ne doivent pas pâtir du temps qui y serait consacré, mais le texte doit être récité ou lu fidèlement et surtout vécu par celui qui a à le dire, de façon à toucher tous les F.F sur les colonnes empêchant toute tendance à la somnolence hypoglycémique ou de lassitude.

        C'est à ce prix que la Tradition du Beau et du Bien sera perpétuée au cours d'une cérémonie quel que soit le rite dont les F.F. respecteront non seulement le fond mais également la forme des textes du Rituel, nous permettant d'avancer non seulement dans la Loge ce qui, si nous nous en tenions là ne servirait à pas grand-chose, mais également dans notre vie profane de tous les jours.

        En effet, les F.F doivent se rappeler, mais faut-il une fois de plus le redire, qu'ils sont F.F non seulement en Loge mais également dans le monde profane de tous les jours. Un petit coup de téléphone en période difficile comme celle vécue depuis mars 2020 ne serait pas de trop. Un service rendu dans toute entreprise avouable et légitime n'est malheureusement pas toujours apprécié à sa juste valeur et je ne parle pas du retour d'ascenseur qui tarde à venir, s'il vient un jour. Si vous êtes véritablement F., cela doit marcher dans les deux sens.

        Pour en terminer et en résumé, rappelons-nous que :

               - le Rituel maçonnique est la codification précise des pratiques du même nom.

               - le Rituel s’inscrit obligatoirement dans un Rite précis.

               - le Rite constitue l’esprit des pratiques sus nommées, le Rituel en étant la forme. 

               - les voies de la connaissance s’ouvrent par l’Initiation

               - l’Initiation se fait par le Rituel

               - donc le Rituel transmet ou, plus exactement, c’est le Rite et sa mise en application par le Rituel qui constitue l’acte de transmission.

                J'espère vous avoir fait comprendre, V.M et vous mes F.F, ma conception d’un Rituel tel que j’envisage sa nécessité et d’un Rite, tel que j'aime le vivre au cours d'une tenue et l'incidence que tout cela peut avoir dans ma vie profane.

        J'aimerai, tout au moins je l'espère y être arrivé, vous avoir fait ressentir l’intérêt d’un Rituel, de sa stricte application et de l’immuabilité de ses textes en Loge.

J’ai dit. 

T:. V:. F:.  J:.-P:.  B:.

                                                                  

837ème article

Deux ouvrages sur le Rite Français que vous pouvez vous procurer en vous adressant directement à l'auteur (adresse habituelle tvfbb.... voir l'encadré ci-dessous) ou en cliquant ici pour le Tome 1 et pour le Tome 2 

 

       

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Rite Français
7 janvier 2021 4 07 /01 /janvier /2021 16:31

Nous vous présentons tous nos vœux, les plus chaleureux, de bonne santé et de bonheur. Nous vous souhaitons paix, sagesse et sérénité. Nous espérons une année 2021... meilleure.

Merci de votre fidélité et de votre soutien.

R. F. Bernard B.

__________________________________

Pour ouvrir les travaux de cette nouvelle année, nous vous présentons, ci-dessous, le travail du T. V. F. Jean-Paul B. de la R. L. Michel de l'Hospital :

 

Un rituel, mais pour quoi faire ?

 

Nos plus vifs remerciements à notre F.  J.P. B.

 

 

UN RITUEL, MAIS POUR QUOI FAIRE ?

 

        Le 21 janvier 1989, vers 21 heures 30, le V.M de la Pierre Volcanique, qui présidait à la cérémonie de mon initiation, m’invitait, après m’avoir rendu la Lumière, à monter les trois marches qui nous séparaient pour le rejoindre afin qu’il me communique le mot et l’attouchement d’apprenti. Il m’a aussi ceint du tablier immaculé de l’apprenti franc-maçon, m’a donné une paire de gants également blancs et un Rituel du Grade d’Apprenti qu’il m’a conseillé de lire attentivement car il allait m’accompagner tout au long de mon parcours maçonnique.

        Je vous ai déjà parlé des décors comme la Voute Etoilée et le Pavé Mosaïque que j’avais découverts et dont la présence m’avait, s’il le fallait encore car j’avais fait une totale confiance à mon parrain, pleinement rassuré.

        Alors, en plus, apprendre que nos Tenues se dérouleront selon un Rituel, compte tenu de ce que ce mot signifiait déjà pour moi qui aimait avant cette date les choses « d’équerre », avait fini de me confirmer que je n’avais pas fait fausse route.

        Qu’est-ce que le rituel ? qu’est-ce qu’un rituel ?

               - s’agissant d’un nom, ce peut-être

                       . un livre liturgique

                       . un recueil des rites d’un culte

                       . un code de comportement et de communication (gestes, paroles, déplacements, attitudes) en ce sens il provoque une rupture avec le monde profane.

                       . un ensemble de règles et habitudes fixé par la tradition

               - s’agissant d’un adjectif, cela signifie

                       . qui constitue un rite

                       . qui a rapport aux rites

        C’est donc :

               - la mise en œuvre des rites d'une religion (gestes, symboles, prières)

               - mais également l'ensemble de comportements codifiés fondés sur la croyance de l'efficacité constamment accrue de leurs efforts grâce à leur répétition

               - et enfin l'ensemble des règles et des habitudes fixées par la tradition.

        Qu’est-ce qu’un rite ? ce mot a quatre acceptions :

               - c'est un ensemble des règles (qui se définissent comme un principe de conduite, une loi, un ensemble de statuts imposés par son fondateur à un ordre religieux - chez nous la règle en 12 points) et de cérémonies qui se pratiquent dans une Eglise, une communauté à vocation religieuse ou autre,

               - c'est également un ensemble de règles fixant le déroulement d'un cérémonial quelconque, religieux, maçonnique…

               - c'est aussi un acte accompli conformément à des règles et faisant partie d'un cérémonial précis (mais l'adjectif précis est-il utile puisque la précision, c'est le fait d'un cérémonial)

               - c'est enfin une manière d'agir propre à quelqu'un ou à un groupe social et revêtant un caractère invariable.

        C'est ce caractère invariable qui me paraissait le plus important quitte à paraître rétrograde mais je ne considère pas que cela soit incompatible avec une évolution raisonnée, humaine.

        Un mot de l’origine du mot "rite" : il dérive du sanscrit "rita" qui signifie "ce qui est semblable à l'univers". Ainsi, les rituels se veulent-ils le plus souvent des "copies, voire des mimes de l'univers". Le temps du rituel, l'homme devient, en quelque sorte, un dieu qui régit le monde.

        Nos rites en franc-maçonnerie se déroulent selon des règles proposées il y a bientôt 200 ans par les loges anglaises ce qui a eu pour effet de préserver, de façon immuable et intégrale - nous verrons plus loin ce qu’il en est, le déroulement des cérémonies aux 3 grades.

        Ce rituel réglait non seulement les cérémonies mais elles prescrivaient que le passage d'un poste d'officiant à un autre, se faisait par une pratique parfaite de son « rôle », selon le respect strict du rituel, pendant l'année maçonnique passée.

        Ainsi pour atteindre cette perfection, la cérémonie d'une loge doit être "jouée" par les officiants sinon par cœur, en tout état de cause sans ânonner.

        Concernant la pratique maçonnique dans la G.L.N.F sont apparus successivement différents rites que je citerai sans ordre chronologique, d’ailleurs je ne suis pas certain que cet ordre ait été clairement établi : Rite Ecossais Ancien et Accepté, Rite Ecossais Rectifié, Rite Français, Rite Emulation, Rite Standard d’Ecosse, Rite d’York… chacun d’eux ayant un Rituel qui lui est propre.

        Il n’est pas question de dire quel est le meilleur encore moins d’oser les opposer, et si meilleur il y a, cet avis ne peut qu'être personnel et de toute évidence, pour chacun, il est celui qui correspond le mieux à sa personnalité et à ses capacités.

        Dans la plupart de ces rites, les officiers lisent leur texte et les F.F progressent par la rédaction de planches symboliques ou philosophiques et l’écoute des travaux des autres.

        Dans d’autres, c’est le texte du rituel, récité par cœur, qui sert de système propre de transformation.

        En tout état de cause, la façon de travailler de chacun des officiants fait que, dans son "rôle", le V.M ne devrait rien apporter au rituel relevant de sa personnalité, de son métier, puisqu'il se doit d’assumer une fonction bien définie et un rôle à la pureté et l'intégralité irréprochable. Il est le chef d'un orchestre dont chacun des officiers doit jouer sa propre partition, peut-être, mais en se référant sans y déroger à un livret commun - le Rituel - sauf à délivrer une sensation de cacophonie difficilement supportable. Tel serait le cas d’un collège au rite Emulation dont les officiers liraient leur texte au lieu de le réciter par cœur ou de tout collège d’autres rites dont un officier, en lisant son texte, sauterait des lignes, voire une page (c’est du vécu).

        En ce sens le V.M en chair n'est qu'un des chaînons, certes le plus important, d'une lignée qui doit recevoir du précédent V.M ce qu'il devra transmettre à son successeur, sans altération aucune, sans en changer un iota.

        En effet, la transmission ce n’est pas seulement dispenser un savoir, c’est aussi et surtout de travailler à sa propre amélioration. C’est pour cela que la Franc Maçonnerie nous confie ses outils symboliques. On peut ainsi affirmer que le Rituel est l’élément par excellence de la transmission qui permet la communication de vérités essentielles appartenant à la Tradition. Et qu’est-ce que la Tradition si ce n’est un ensemble de vérités tant d’origine humaine que suprahumaine que l’on retrouve dans les différentes cultures, religions, légendes, mythes…, et que l’on transmet. La transmission est donc l’ensemble des processus par lesquels cette Tradition se transmet de générations en générations, soit oralement, comme c’était le cas autrefois voir les constructeurs des cathédrales dont d’aucuns se veulent les descendants, soit par écrit ce qui est devenu la règle, restant entendu que ce n’est pas la connaissance qui se transmet mais seulement la méthode. Cette connaissance, synonyme de Vérité vers laquelle l’initié progresse sans cesse sans jamais la posséder pleinement, raison pour laquelle il serait plus logique de parler de "voies de la connaissance".

        Le mot transmission, qui vient des mots latins "trans" qui signifie "au-delà" et "miterre" qui signifie laisser "aller". Ainsi, transmettre signifie "envoyer au-delà", au-delà de la mort pour se survivre, au-delà de soi pour communiquer des idées (pas ses idées) et au-delà des générations pour la pérennisation de la Tradition. Or ce mot tradition dérive directement du latin "traditio" qui signifie l'action de transmettre. La boucle est bouclée.

        Le mode de transmission, oral et gestuel, était celui qu'utilisaient les compagnons bâtisseurs qui ont construit nos cathédrales qui parsèment aujourd'hui l'Europe et qui ont été édifiées en seulement quelques deux siècles, à la gloire de notre créateur.

        Ces bâtisseurs se transmettaient leurs secrets oralement dans un local clos bâti à cet effet jouxtant l’édifice en construction, et qui s’appelait une "loge" dont l’accès était interdit aux profanes.

        Le savoir transmis devait l'être de façon immuable car il n'existait qu'une seule façon de bâtir beau - en l’honneur du créateur - et solide - pour les générations à venir - puisque la pierre brute était souvent dégrossie et taillée dans des carrières parfois lointaines, avant d'être amenée sur le chantier où elle devait s'adapter sans problème aucun à celle sur laquelle elle reposerait et à celle qui allait être placée par-dessus.

        Ce savoir devait donc être transmis avec la plus extrême précision afin que soit édifié ce modèle de Beauté, faisant référence à la Force du très haut et à sa Sagesse immense. On comprend alors le pourquoi de l’obligation de l’immuabilité de ce qui est à transmettre. Reste à comprendre pourquoi cela est également valable pour nos rituels ?

        En effet, c'est cela qui doit se passer dans nos loges.

à suivre...

vos questions et commentaires par mail à l'adresse tvfbb..., voir ci-dessous

836ème article

Deux ouvrages sur le Rite Français que vous pouvez vous procurer en vous adressant directement à l'auteur (adresse habituelle tvfbb.... voir l'encadré ci-dessous) ou en cliquant ici pour le Tome 1 et pour le Tome 2 

 

       

 

 

 

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Rite Français
9 novembre 2020 1 09 /11 /novembre /2020 19:59

Les Francs-maçons parlent souvent de temple pour désigner l'édifice dans lequel ils se réunissent, par référence au Temple de Salomon dont la reconstruction est un des mythes de base de la Franc-maçonnerie.

Qu'en est-il au Rite Français ? Doit-on dire Loge ou temple ? Quelle est la place symbolique d'une Loge par rapport au Temple de Salomon ?

Voici des extraits de deux documents du XVIIIème siècle qui vont vous apporter des éléments essentiels de réponse.

D. – Comment se tient votre Loge ?

R. – Est et Ouest comme le Temple de Salomon.

D. – Où se tient la première Loge ?

R. – Dans le porche du Temple de Salomon.

Document P. D. Kevan, entre 1714 et 1720

D. – Avez-vous des Ornements dans votre Loge ?

R. – Oui Vénérable.

D. – En quel nombre ?

R. – Au nombre de trois.

D. – Qui sont-ils ?

R. – Le pavé mosaïque, l'étoile flamboyante et la houppe dentelée.

D. – Quel est leur usage ?

R. – Le pavé mosaïque orne le seuil du grand portique du Temple [...]

Recueil des trois premiers grades de la Maçonnerie au Rite Français,

p. 110, 1788

Le rituel de 1788 est précis, Loge et Temple sont deux édifices distincts. Mais, symboliquement bien sûr, ils sont étroitement liés. Nous pouvons dire que l'espace où se rassemble l'ensemble des Frères portant le nom de Loge, est situé sur le parvis du Temple et non à l'intérieur de ce dernier.

René Guilly [8], grand spécialiste de la tradition du Rite Français, confirme et complète cette interprétation :

« Loin de ces errements historiques et symboliques, il faut s'en tenir à cette règle qui ne souffre d'aucune exception : [ au Rite Français ] la Loge n'est pas le Temple, elle est à l'Est, devant le Temple, et par la suite les deux colonnes se trouvent normalement à l'extérieur du Temple et à l'intérieur de la Loge. Il en découle qu'il faut absolument bannir de nos rituels et de notre langage un certain nombre de locutions telles que Le Temple est couvert, couvrir le Temple, demander ou donner l'entrée du Temple. Il faut dire de façon impérative : La Loge est couverte, couvrir la Loge, demander ou donner l'entrée de la Loge. »

 in Trois Pas en Loge Bleue

R. F. Bernard B.

pp. 21 à 23

835ème article

Les soirées à venir, qui s'annoncent fort longues, pourraient être l'occasion de découvrir quelques bons ouvrages maçonniques.

Vous pouvez vous procurer les deux ouvrages présentés ci-dessous, en vous adressant directement à l'auteur (adresse habituelle tvfbb.... voir l'encadré) ou en les achetant en cliquant ici pour le Tome 1 et pour le Tome 2 

 

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Symbolique
3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 20:51

Nous pensions reprendre une vie quasi normale. Patatras, un infiniment petit, invisible au microscope (optique), un virus à couronne, en a décidé autrement et nous voilà à nouveau confinés, réduits à des contacts fraternels purement virtuels, heureusement encore possibles.

Le redémarrage du blog fut un peu laborieux après la pause estivale et nous avons connu quelques déboires, en particulier avec la disparition du bandeau, réalisé à partir d'un fragment de l’École d'Athènes, peinte par  Raphaël entre 1508 et 1512. Notre ami, notre Frère, S..o,, artiste connu et reconnu, m'avait fait gentiment remarquer en découvrant le blog, qu'on ne charcute pas une telle œuvre ! Dont acte !

Celle-ci ayant disparu du blog, nous l'avons remplacée par cette peinture réalisée par un moine japonais, Sengaï Gibon, au XVIIIème siècle. Ce tableau (48 x 28 cm), sans titre, conservé à l'Idemitsu Museum de Toko, représentant un cercle, un triangle et un carré, a été surnommé l'Univers ou Le Cosmos. Sur le bandeau, il est entier ! il ne s'agît pas d'un fragment.

Par contre ce tableau peut être un sujet de réflexion pour tous ceux qui s'intéressent à la symbolique.

Au plaisir de lire vos commentaires. Commentaires par mail exclusivement  à l'adresse habituelle tvfbb... que vous trouverez dans l'encadré à la fin de l'article ci-dessous.

___________________________________

 

Pour occuper vos longues soirées d'hiver sans Tenues, nous vous soumettons une petite devinette :

     Certains, avec mépris,

     Ont dit :

     "Ce prétentieux n'est que du vide,

     Il n'est donc rien !"

     Mais, impavides

    Quelques vieux historiens

    Répliquèrent :

   "Bien plus fort que l'équerre,

    Sa puissance infinie n'est point une imposture

    Mais dépend, dirions nous, de sa structure.

    Et ce n'est pas rien."

P.S. Google ne vous a rien fait, inutile de l'embêter avec ce genre de questions.

Impatient de lire vos réponses, par mail exclusivement  à l'adresse habituelle tvfbb... que vous trouverez dans l'encadré ci-dessous .

R. F. Bernard B

 

Les soirées à venir, qui s'annoncent fort longues, pourraient être l'occasion de découvrir quelques bons ouvrages maçonniques

834ème article

.

 

 

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Symbolique
17 juin 2020 3 17 /06 /juin /2020 16:48

L'épidémie virale nous a fait mettre la vie en Loge entre parenthèses. L'impérieuse nécessité de ralentir la diffusion du virus a entrainé la fermeture de toutes les Temples maçonniques. Les FF. ont eu la possibilité de se retrouver de façon informelle grâce aux visioconférences afin de maintenir un lien fut-il virtuel.

Interrogé sur l'organisation de Tenues virtuelles, le TVF J.-L. M. apporte une réponse claire et nette. Nous vous la livrons ci-dessous en le remerciant vivement de nous avoir donné l'autorisation de publier son texte.

Il est évident que la FM « opérative », celle qui construit réellement des cathédrales, ne peut être « virtuelle » ; cependant, on aurait pu s’attendre à ce qu’il soit possible de réaliser des « visio-tenues » virtuelles par les moyens informatiques dont on dispose à notre époque.

Pourtant la FM spéculative, symbolique,  «  virtuelle » n’existe pas et toute tentative de créer des tenues maçonniques à distance est interdite par le TRF J.-P. R., GM de la GLNF.

Pourquoi ?

C’est la question à laquelle je vous propose de répondre ensemble.

Cette question m’a paru liée à celle de savoir pourquoi au XXIéme siècle la FM utilise des gestes, des postures, des rituels imitant les Francs-Maçons dits « opératifs », constructeurs des cathédrales du Moyen Age ?

Une tentative de réponse à ces deux questions est peut-être possible en explorant comment le corps et l’esprit fonctionnent ensemble.

L’expérience de la vie nous montre que la connaissance du monde provient de notre expérience :

On ne peut savoir ce qu’est la fraternité, idée abstraite, que si on expérimente des comportements fraternels.

La FM dite « spéculative » du XVIIIéme siècle ne s’est pas trompée en proposant une expérience originale d’imitation des bâtisseurs du Moyen Age pour « faire d’un homme bien, un homme meilleur », et surtout pour se sortir du piège des violences religieuses et politiques de l’époque (et qui n’ont malheureusement pas disparues à la nôtre).

En proposant d’expérimenter des comportements non conflictuels à des personnes qui étaient étrangères les unes aux autres, la FM change notre représentation du monde.

L’expérience originale proposée par la FM est donc celle d’imiter ces bâtisseurs qui se servaient d’abord de leurs 5 sens et de leur mémoire pour transformer leurs conceptions de la vie et celle de la société.

Bien avant, Les Maçons « opératifs » avaient pris comme modèle les bâtisseurs bibliques du Temple du Roi Salomon.

On prête aux bâtisseurs du Moyen Age des comportements fraternelles d’entre aides en cas d’accident ou de besoins et surtout d’indépendance par rapport aux deux autorités prédominantes de l’époque : l’Eglise et le pouvoir seigneurial, la religion et la politique.

La « Loge », accolée au chantier de la cathédrale est leur lieu réservé et fermé à ceux qui ne sont pas maçons :  ils pouvaient s’y réunir en toute indépendance vis-à-vis des autorités religieuses et politiques  du temps.

En loge ils faisaient aussi l’expérience de la transformation de la matière, de la pierre, ils réalisaient des plans d’architectures qui seront soumis le lendemain à la réalité : la voûte tiendra-elle ou risque-t-elle de s’effondrer ?

L’expérience de la vie est leur seule source de connaissance :

en taillant la pierre brute, c’est le bruit du maillet à dégrossir, la sensation des vibrations dans le bras, la vue de la transformation progressive de la matière, le gout et l’odeur de la poussière qui transforme l’Apprenti en Compagnon.

L’expérience d’étapes successives est indispensable à la progression de l’homme et la FM spéculative procède de la même façon concrète :

On doit faire l’expérience de l’Initiation avant de devenir Apprenti, du Passage avant de devenir Compagnon et de l’Elévation avant de devenir Maitre.

 Pour devenir Compagnon ou Maitre, il nous faut tailler notre pierre en apprenant notre rituel.

L’effort de mémoire agit comme une expérience originale indispensable à notre changement et ne se limite pas aux mots du rituel mais aussi aux gestes, postures, attouchements, comportements spécifiques à chaque grade et qui seront répétés en séances dites d’« instructions » (ou de répétitions) et bien sûr en tenues régulières réelles et non pas «  virtuelles ».

En effet, l’expérience de la tenue ne s’improvise pas parce qu’elle est rituelle, reproductible, et qu’elle nous engage complètement corps et esprit.

Cette expérience de mémoire associant le corps et l’esprit est le fondement de la FM « spéculative » et durera toute notre vie de Francs-Maçons quel que soit notre grade ou notre fonction.

Comment l’expérience réelle des tenues maçonniques peut-elle changer ainsi notre représentation du monde ?

La construction de la conscience commence à être maintenant assez bien connue par l’imagerie cérébrale et par les sciences anthropologiques qui montrent l’importance de l’imitation des modèles de comportements efficients, ceux qui transforment nous-mêmes et le monde.

En effet l’expérience a bien montré que les changements durables de la société ne pouvaient se réaliser que par l’addition des changements individuels de chacun de ses membres.

Le Mahatma Gandhi l’a parfaitement exprimé en disant : « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ».

Cette réalité est reprise par le Point 4 de la Règle en 12 points de la GLNF :

« La FM vise, par le perfectionnement moral de ses membres, à celui de l’Humanité tout entière ».

Le cerveau est capable de transformer les données brutes de nos 5 sens et de les associer à la mémoire et aux émotions. Il en résulte ce que nous appelons la « conscience », c’est-à-dire une représentation cohérente du monde qui pourra lui donner du sens. Cette représentation nous est nécessaire non seulement pour notre survie mais aussi pour ordonner notre vie personnelle et en société.

En transposant à la FM on montre ainsi que notre expérience répétitive des tenues régulières, dans un environnement fermé et sécure, en faisant appel à notre mémoire et aux différents symboles, permet à notre cerveau de construire une représentation fraternelle du monde sans avoir besoin de faire appel ni aux représentations religieuses ni aux représentations politiques du monde.

Il ne faudrait pas oublier aussi le rôle très important de la musique en loge. C’est un langage émotionnel universel, pour construire un état de conscience apaisé et ouvert aux autres : la musique est peut-être l’exemple le plus évident pour comprendre l’impossibilité de dissocier corps et esprit, sens et conscience.

Le Maitre d’Harmonie de la Loge n’embellit pas les Tenues, il est à la source même des émotions qui participent à la l’expérience de la conscience.

La FM est donc tout à fait originale et moderne (dès le XVIIIéme siècle) en rejetant constitutionnellement en son sein les controverses religieuses et politiques (point 6 de la Règle en 12 points de la GLNF) et en nous faisant vivre une expérience originale plutôt que d’essayer de transmettre des soi-disant « connaissances » abstraites .

L’imitation, le mimétisme, est le moyen utilisé par la FM pour nous transformer et nous faire vivre des comportements fraternels et non plus conflictuels.

On connait les « gênes » qui agissent comme des réplicateurs capables de reproduire nos cellules à l’identiques, mais la notion de « mêmes » est moins connues.

Qu’est-ce qu’un « même » ?

La définition proposée par ceux qui utilisent ce terme est : « un élément de culture dont on peut considérer qu’il se transmet par des moyens non génétiques (allusions aux gênes par rapport aux mêmes) mais par imitation » ;

Les « mêmes » seraient apparus d’après les anthropologues il y a environ 10.000 ans chez Homo Sapiens uniquement (disparition de Neandertal), qui les utilisera pour la construction des maisons, des cités, de la société, de la civilisation.

Si nous imitons les FM opératifs, les « vrais bâtisseurs », c’est pour pouvoir permettre aux « mêmes » utilisés par ces bâtisseurs de se répliquer en nous et nous transmettre ainsi leur « élément de culture ».

L’« élément de culture » des maçons opératifs est contenu dans leurs organisation : la loge est un lieu sécure et séparé du monde « profane », celui de ceux qui ne sont pas Maçons.

Ils devaient aussi assurer par eux-mêmes le secours de ceux qui ne pouvaient plus travailler et de leurs familles : ils ont inventé le trésor de la Loge, le « tronc de la veuve », l’OAF.

En les imitant nous permettons aux « mêmes » comportementaux des anciens bâtisseurs de se répliquer en nous pour changer nos attitudes et nos comportements et prendre les leurs.

Mais cette réplication ne peut se faire que par la répétition régulière des « mêmes rituels » de façon rigoureuse au cours de cérémonies réelles en un lieu et un temps dédiés.

Une « tenue virtuelle » ne peut donc évidemment pas être efficace : il faut la Loge et ses décors, nos gants et nos tabliers, notre musique, et nos rituels.

Ainsi, et par l’expérience du corps et de l’esprit indissociables, la FM nous fait faire un « pas de côté » par rapport aux passions du monde profane, elle nous enseigne un bien précieux, celui de se comporter en « Frères » et c’est une vraie source de bonheur.

Le bonheur de se retrouver réellement ne peut se comparer à aucune autre réalité, en tout cas pas à celle des « visio-tenues » informatiques…

T. V. F.  J.-L. M.

Vos commentaires par mail à l'adresse tvfbb@... voir ci-dessous

833ème article

 

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Rite Français
10 mars 2020 2 10 /03 /mars /2020 14:27

Le 17 décembre dernier nous vous avions présenté les premiers éléments symboliques d'un tableau figurant dans un temple maçonnique portugais, sous le titre :

B et autres symboles sur pavé mosaïque.

 

***

Dans cet article, nous avions laissé de coté le quadrant supérieur droit de ce tableau, en particulier les éléments contenus dans le cercle bleu. Voir l'illustration ci-contre : flèche jaune.

 

***

 

Nous nous proposons aujourd'hui de poursuivre ce travail d'analyse à l'intérieur de ce cercle bleu afin de trouver quelques clefs de lecture, permettant d'en comprendre la symbolique.

 

Avertissement :

Nous sommes là dans un univers maçonnique qui ne répond pas aux fondamentaux du Rite français que nous avons l'habitude de vous présenter dans le cadre de ce blog. Mais nous devrions retrouver de fortes similitudes au niveau des éléments symboliques de base.

Cette partie du tableau représente la Loge, sous ses deux aspects :

1./ l'édifice dont les composants sont désignés par les chiffres de couleur jaune, bordés de noir sur l'illustration ci-dessus et signalés dans le texte en infra sous la forme (1).

2./ la Fraternité (les FF. qui constituent la Loge), dont les éléments sont identifiés par la lettre "α"de couleur jaune, bordée de rouge.

Elle comporte par ailleurs ce qui parait être une construction géométrique que nous étudierons en dernier lieu.

 

1./ L'édifice

 

La porte de la Loge :

Elle est matérialisée par les deux colonnes J (2) et B (1).

La colonne J est à l'intérieur de la Loge, du coté droit en entrant. Elle est figurée par un carré (symbole de la terre) car elle est surmontée d'un globe terrestre.

La colonne B, placée à gauche en entrant dans la loge, est figurée par un cercle (le ciel) car elle surmontée d'un globe représentant la voûte céleste.

Cette porte sépare le monde profane de l'espace intérieur de l'édifice appelé à être sacralisé (symbolique du seuil1). Le monde profane est donc situé en-dessous de la porte (d'où l'inscription : mondo profano).

 

Orientation de la Loge :

Au centre de la Loge est dessinée une Rose des vents à huit branches (3).

— La rose des vents répond à une symbolique qui remonte à l'Antiquité. Les quatre branches représentent les quatre points cardinaux permettant de s'orienter (de trouver la direction de l'Orient !), de tracer sa route, son chemin et d'éviter de se perdre. Elle figure le monde terrestre (profane). Les huit branches représentaient chez les Grecs, les huit vents : le Mistral, vent du Nord, Le Grecale du Nord-Est, le Levante venant de l'Est, le Marin du Sud-Est, le Scirocco soufflant du Sud, le Libeccio du Sud-Ouest, le Ponant de l'Ouest et la Tramontane du Nord-Ouest. (Symbolique de l'élément air)

Sur le tableau, cette rose des vents représente l'orientation de la Loge avant la sacralisation de son espace. La branche inférieure donne la direction du Nord, l'endroit sans lumière, le monde profane. La branche supérieure indique le sud, la source de la lumière (physique) sur la terre, d'où la mention luz accolée au S (sud).

L'axe la Terre (5) (Axxo da Terra) ou axe du monde, confirme que nous sommes encore dans le monde profane. Il est symboliquement  orienté SE-NW2 .

 

La sacralisation de l'espace modifie l'orientation de la Loge. Elle se traduit par une rotation de 90 ° (un angle droit3), dans le sens dextrogyre (sens des aiguilles d'une montre). Le sens de la rotation répond à une symbolique de création, naissance, vie. C'est la création d'un nouveau monde. Cette rotation provoque quelques modifications :

 

— l'Est prend la place du Sud. L'axe de la Loge qui était Nord-Sud devient Ouest-Est et se superpose à celui des équinoxes. Symbolique de l'équilibre lumière / ténèbres4. La lumière dans l'espace sacré ne vient plus du midi mais de l'Orient5.

 

— une bascule de l'axe du monde mais qui demeure toujours SE-NW, rappelant ainsi que l'espace sacré créé reste inscrit dans un univers orienté et organisé. Sur cet axe seront positionnés deux des trois piliers de la Loge6.

Devenue un espace sacré, la Loge est alors représentée par un cercle (4) dont le centre est celui de la Loge qui se superpose à celui de la rose des vents. Sur ce cercle sont positionnés les nouveaux points cardinaux.

à suivre....

rfbb ex tvfbb

————

Notes

(la mention TI renvoie à l'ouvrage Trois Pas en Loge Bleue ; la mention T II renvoie à Rite Français, Sens et Symbolique)

1 Symbolique du seuil, T II, p. 68

2. L'inclinaison réelle de l'axe de rotation de la terre avec la perpendiculaire au plan orbital est de 23° 26.

3. Symbolique de l'angle droit, T II p. 110

4. Du rôle de la Lumière dans l'orientation de la Loge, T II illustration p. 149 et p. 153

5. Du rôle de la Lumière dans l'orientation de la Loge, T II p. 151

6. Au Rite français on parlerait de grands chandeliers.

Carte du XVIème siècle. Rose des vents centrale à huit branches

832ème article

 

 

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Symbolique
25 février 2020 2 25 /02 /février /2020 11:36

Mais jours, saisons et années ne permettaient toujours pas de se situer avec précision dans le temps. Il faut dire qu'en donnant un rendez-vous une nuit ou un jour de la saison froide de l'année en cours rendait peu probable la certitude de rencontrer l'ami, l'être cher, le collègue de travail, qui sais-je encore ?

Faut-il rappeler que pendant des millénaires l'humanité a vécu ce que les philosophes ont très vite nommé le temps sans chercher à le définir. Il est par-contre apparu très rapidement nécessaire de le mesurer, ne fut-ce approximativement dans le cadre des activités sociales quotidiennes ou annuelles, l'écoulement du jour et de la nuit, celui des saisons, ne suffisant plus à cette fin. Aussi l'homme s'est-il mis en devoir de chercher à mesurer le temps de façon plus précise. Pour ce faire, il construisit des instruments de plus en plus sophistiqués. La mesure du temps allait occuper une place tout à fait importante dans l’histoire de l’humanité.

Je survolerai quelques grandes étapes. Ainsi vit-on apparaitre

               - Le gnomon, vers 2400 avant J.C, chez les égyptiens et les chaldéens, a permis la première mesure du temps. C’était un simple piquet planté verticalement dans le sol projetant son ombre vers une direction différente selon l'heure. Il indique correctement le midi quand son ombre se dirige au nord. Mais la direction de l’ombre pour une autre heure du jour dépendait souvent de la saison, en fonction des trajectoires du soleil.

               - A partir de 1500 avant J.C, environ est apparue en Egypte, la clepsydre dont le nom vient du grec et qui signifie « voleuse d’eau ». En effet, il s’agit d’un récipient percé dont de l'eau s'écoule et qui comporte à l’intérieur des graduations permettant de mesurer des intervalles de temps. D’Egypte, elle passa en Grèce puis chez les romains environ un siècle et demi avant J.C. Mais cet instrument restait tout de même très imprécis et ne fonctionnait pas par grand froid. Cependant, elle fut maintes fois perfectionnée jusqu'au XVIIIème siècle pour donner naissance à de véritables horloges à eau.

               - A noter que le sablier qui fonctionne sur le même principe par écoulement de sable est moins précis que la clepsydre mais a l'avantage de fonctionner par grand froid. Il est cependant fiable et peu coûteux ; c'était l'instrument le plus répandu du XIVème au XVIIème siècle. Il était utilisé essentiellement pour des durées courtes dans la marine, notamment.

      - Parallèlement à la clepsydre, on vit apparaitre le cadran solaire chez les Chaldéens. Il est le perfectionnement du gnomon. Des marques tracées sur leur surface plane représentaient chaque heure de la journée. Pendant son déplacement, l’ombre du soleil tourne autour du bâton dans le sens horaire, sa position étant utilisée pour noter le temps. Il faut noter que c'est ainsi que s'est fait le choix du sens des aiguilles d'une montre.

               - Les premières horloges mécaniques apparaissent à la fin du XIIIème siècle. L'énergie nécessaire au fonctionnement de l'horloge est fournie par la chute d'un poids ce qui met les aiguilles en rotation. La première horloge électrique d'Alexander Bain apparaitra en 1840, l’horloge atomique en 1953 qui est l’instrument de mesure du temps le plus précis à ce jour et, sur le plan pratique, la montre à quartz vers 1968.

         Ces instruments de plus en plus précis permirent de définir les heures, les minutes, les secondes et les fractions de secondes jusqu’à la nano- seconde.

         Il me faut dire un mot sur les pourquoi des 12 mois dans une année, des 24 heures dans la journée, des 60 minutes par heure et des 60 secondes par minute. Il nous faut remonter à nos ancêtres babyloniens, quelques 3.000 ans av. J.-C, qui pensaient le temps circulairement et non linéairement eux qui comptaient en base 60. Ils ont choisi de découper l'année en 12 mois de 30 jours, se basant sur les cycles lunaires et la période de révolution de la terre autour du soleil, ainsi que sur leur façon de compter sur les phalanges des doigts avec leur pouce. C'est donc tout naturellement qu'ils ont également trouvé 360 divisions - 12 × 30 = 360 jours par an, correspondant également aux 360 degrés du cercle. Par ailleurs, ils ont divisé la journée en 6 périodes : 3 pour le jour et 3 pour la nuit. Plus tard, par souci de précision, les savants divisèrent ces 6 périodes en 12, puis en 24 sous-périodes, soit 24 heures. Le cercle de 360° était divisé par les 6 périodes dont je viens de parler ce qui permettait d’obtenir 60, ce 60 qui est la base de numération des heures, mais également des minutes et des secondes.

Ces unités de temps sont fort bien définies tels des étalons. Cependant, malgré tous ces instruments de précision nous sommes nombreux, en vieillissant, à constater que le temps, bien que nous le sachions immuable et régulier, passe de plus en plus vite. "Je n'ai pas vu passer cette année" entend-on souvent autour de nous et ce d'autant plus que celui qui le dit, est âgé. J'ai peut-être une explication qui ne vaut que ce qu'elle vaut mais je ne résiste pas à vous la donner. En plus des unités de mesure bien définies dont je vous ai entretenus, il est une unité de mesure du temps, inconsciente et oh combien variable qui est celle de notre vie et qui ne connaît d'autre étalon pour chacun que la durée de sa vie personnelle. Je m'explique. Lorsque nous avons 3 ans, la quatrième année de notre vie représente un tiers de notre vie passée. C'est long un tiers d'une vie. Mais à 70 ans, notre soixante et onzième année ne représente plus que le un soixante-dixième de notre vie et ce qui est peu et donc ressenti plus court. Ceci est à rapprocher à ce qu’a écrit

                   - Éric Tabarly dans « Mémoires du large » : « Le temps se rétrécit ou semble s'accélérer à mesure qu'approche la date du but à atteindre ». On peut penser à l’escale mais aussi à la mort.

                   - Danielle Thompson dans « Fauteuil d’orchestre » : « Un jour, le temps qui passe, ça devient le temps qui reste ».

Millénaires, siècles, années, jours, heures, minutes, secondes, dixièmes, centièmes, millièmes de seconde étant ainsi bien définis… Nous n'avions plus d'excuses pour justifier nos retards.

Il nous faut remarquer que contrairement aux autres unités comme le mètre, le kilogramme… par exemple, il ne nous est pas possible de faire un retour en arrière dans le temps autrement que par la pensée. En effet, on peut, facilement, revenir d'où l'on vient en faisant marche arrière ou demi-tour, raccourcir la longueur d'un objet, perdre quelques kilos en faisant un régime mais il nous est impossible de revenir physiquement à hier et encore moins à nos vingt ans, sauf en rêve, peut-être parce qu'il y aurait trop de demandes mais aussi et surtout parce que le temps n'a qu'une direction seulement dirigée vers l'avant ce que d'aucun voudrait appeler le « progrès ». Certes on peut réduire la durée d'une action, d'un parcours en jouant de l'accélérateur, mais le temps passe, telle une Delage de nos grands-parents, toujours aussi rapide et silencieux, à son rythme bien à lui que rien ni personne ne pourra modifier tout au moins avant le Big Crunch, figure en miroir du Big Bang, fin du monde où tout l’univers sera réuni dans une tête d’épingle et où tout sera immobile entrainant ipso facto la fin des temps et même la fin du temps tout court. Peut-être pourrions-nous nous donner rendez-vous dans 13 à 15 milliards d’années pour en reparler. Le temps présente donc une similitude étonnante avec la vie qui, elle non plus, ne tolère aucun retour en arrière.

Ce temps apparemment si simple mais aussi si complexe, a conduit nos semblables à philosopher à son sujet.

Qui sommes-nous ? d'où venons-nous ? où allons-nous ? Ce sont les grosses questions existentielles que s'est posé l'homme depuis la nuit des temps. Énigmes impossibles à résoudre car tout est question de temps et celui-ci, c'est bien connu, change sans arrêt puisqu'il n'est déjà plus le même entre le début de ces trois interrogations et le point final du même nom. La seule certitude est qu’« à peine sortis du berceau nous sommes allés faire un saut au boulevard du temps qui passe » (Brassens) et que le temps passé ne se rattrape pas.

         C’est pourquoi, le temps, en ce qui concernait sa nature et non seulement ses manifestations, est devenu un objet d'étude pour les premiers scientifiques. Mais très vite, ils ont compris qu'ils étaient incapables de le comprendre ou l'expliquer, contrairement par exemple à la force de gravité. Et aujourd'hui il en est dramatiquement de même. Le temps est bien décrit par les principales théories physiques, mais ces descriptions ne correspondent aucunement à notre intuition de ce qu'est le temps.

Ce temps, énigme de la vie de l'homme - peut-être la seule vraie énigme, avec la vie (encore une similitude) que nous ne résoudrons jamais, nous a donc préoccupés de longue date donnant lieu à nombre d'interrogations et de réflexions de par le monde.

         Citer tous ceux qui ont pensé le temps ou à propos du temps et j’exploserai mon temps de parole. Très loin d’être exhaustif, je limiterai donc mon choix à quelques citations empruntées ici et là à des auteurs variés.

                   - Il y a ceux qui constatent et déplorent l’inexorable écoulement du temps comme

                          . un proverbe sanskrit : « Les humains disent que le temps passe. Le temps dit que les humains passent »     

                          . à rapprocher de « O tempora o mores » de Cicéron

                          . un proverbe hindou : « La main sert à tout sauf à retenir le temps ».

                          . Platon : « Le temps est l’image mobile d’une éternité immobile ».

                          . Pierre de Ronsard : « Le temps s’en va, le temps s’en va Madame. Las ! Le temps non, mais nous nous en allons »

                          . René de Chateaubriand : « Ce n’est pas l’homme qui arrête le temps, c’est le temps qui arrête l’homme ».

                          . Nadine de Cintas : « Nul ne peut donner du temps au temps »

                          . Mike Resnick : « Il y a un temps pour tout, un temps pour naitre, un temps pour grandir, un temps pour mourir ».

                          . Jean Giraudoux dans les dialogues de sa pièce Andromaque :

                                  . Andromaque : « Je ne sais pas ce qu’est le destin »

                                  . Cassandre : « Je vais te le dire. C’est simplement la forme accélérée du temps. C’est épouvantable ».

                   - D’autres lui trouvent des vertus

                          . Voltaire : « Le temps adoucit tout »

                          . Léo Ferré : « Avec le temps, avec le temps, va, tout s’en va, on oublie le visage et on oublie la voix ».

                   - Mais d’autres sont moins tendres mais non moins objectifs

                          . Berlioz, cher à notre Premier Surveillant : « Le temps est un grand maître, le malheur est qu’il tue ses élèves ».

                            . Werner Aspenström : « Le temps ne cicatrise pas les outrages du temps ».

                            . Encore Léo Ferré : « La mort est délivrance, elle sait que le temps quotidiennement nous vole quelque chose, une poignée de cheveux, l’émail de nos dents ».

                   - Enfin certains le prennent de façon plus détachée, quasi humoristique

                            . Jules Renard : « Il n’y a que le temps qui ne perde pas son temps.

                            . Jean Amadou : « Ne laissez jamais du temps au temps, il en profite ».

                            . Grégoire Lacroix : « Le temps passe. D’accord. Mais il n’a pas de mérite, il n’a que ça à faire ».

Mais il est tard, trop tard. « Trop tard » ces deux petits mots pour nous dire que le temps n’est pas à notre disposition. Je m’incline donc.

Que vais-je retenir de ces quelques feuillets et en quelques mots ? S’il le faut, je ne retiendrai que seuls le temps, la vie et la mort, qui avancent droit devant à marche forcée, ne connaissent pas de retour. Rien d’autre ? C’est peu me direz-vous. Permettez-moi de vous répondre que je pense le contraire. Le temps, la vie, la mort, ce n’est pas peu, c’est la destinée de tout être vivant, la nôtre.

Voilà mes F.F beaucoup (beaucoup trop peut-être ?) de temps a passé depuis que j'ai commencé mon exposé. Mais l’infinité du temps n’est pas facile à résumer en quelques lignes et encore moins en quelques mots.

Alors je vais me dépêcher de conclure car comme l'a si bien dit un autre grand philosophe français contemporain, j'ai cité un ancien premier ministre, Raymond Barre ! "quand l'heure est arrivée, le moment est venu"...et je rajouterai, le moment est venu pour moi de terminer mon travail.

Et n’oubliez pas un sage conseil mes F.F « carpe diem » !

J'ai dit    TVF J-P B

831ème article

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Planches
16 février 2020 7 16 /02 /février /2020 11:57

Morceau d'architecture présenté par le TVF J.-P. B. , R.L. Michel de l'Hospital à l'orient d'Aigueperse.

Avec nos remerciements à l'auteur.

Vu l'importance du texte il sera publié en deux fois.

*********************

 

Très V., mes bien aimés FF

 

J’aimerais commencer mon intervention par une citation d’Hubert Reeves que je n’ai découverte qu’après avoir fini ma rédaction mais qui résume si bien ce que j’ai écrit :

« Le temps passe et je "passe" dans le temps, c'est un phénomène que je vis, que je sens, qui me transporte irrésistiblement. Tout ce dont je suis sûr, c'est qu'il est plus âgé que moi, mais quand a-t-il commencé ? C'est l’idée de "création" présente dans un grand nombre de traditions religieuses, en particulier dans la Genèse, qui nous interpelle. Elle implique qu'il fut un temps pendant lequel il n'y avait « rien », que le monde n'a pas toujours existé, qu'il est apparu soudain comme sortant d'un néant primordial ou du chapeau d'un magicien ».

Le jour de mon initiation j'ai découvert que les maçons travaillaient en loge de midi à minuit, c'est dire si nous donnons du temps au temps pour nos travaux. Avec le temps, cela a trotté dans ma tête et m'a donné l'idée de m'intéresser au temps et je viens ici vous faire part de quelques-unes de mes réflexions. Ce travail n’a donc rien de scientifique.

Pour aborder devant vous ce sujet des plus sérieux, c'est plutôt légèrement que j'ai choisi d’introduire mes propos par un air connu "Même en cent ans je n'aurai pas le temps, pas le temps…». Oui, le sujet est si vaste que, même en cent ans, je n'aurai pas assez de temps pour vous parler... du temps.

Du temps qui passe, du temps qui rythme notre vie personnelle, sentimentale, professionnelle ainsi que celle en maçonnerie, du temps qui creuse nos rides, nous courbe le dos, de celui que nous mesurons avec nos horloges et montres en secondes, minutes et heures, pas du temps météorologique qu'il fait, laissant cela à nos belles commentatrices des chaînes de télévision.

La tâche n'est pas facile. C'est pourquoi ce temps qui s'écoule, j'aurais aimé le suspendre un temps pour avoir plus de temps de vous en parler.

Mais comment faire ? Le temps est immuable - une heure c'est une heure, qu'elle soit d'été comme d'hiver, à Paris comme aux antipodes, le temps est invisible car incolore, mais aussi inodore - on ne le « sent » pas passer sauf dans nos articulations, il est aussi sans saveur, inaudible excepté par le tic-tac de nos montres, fluide, insaisissable, narquois, inarrêtable, sournois, mais toujours fidèle car rien ni personne d'autre ne reste en permanence à nos côtés de notre naissance à notre mort, mais il sait aussi être mauvais, voire carrément méchant quand il décide de nous lâcher la main. C'est alors que du temps compté qui nous était prêté, chichement mesuré, nous passons ensuite à l'éternité où le temps ne compte plus.

"Oh ! temps suspends ton vol" - il faut être un doux poète rêveur pour lui demander cela - car je vous le redis mais vous le savez bien, c'est mission impossible.

Je vais cependant tenter, au niveau qui est le mien, avec mon ressenti personnel de vous conter "une brève histoire du temps", la mienne, mais rassurez-vous ce ne sera pas du même niveau que celle du grand Stephen Hawking. Rassurez-vous aussi car je ne vais pas vous refaire les 7 tomes de « La recherche du temps perdu »

Le temps qui préexiste à l'humanité, mais pas à la Création, nous survivra. On peut même avancer qu'il n'a rien à faire de nous et poursuit son petit bonhomme de chemin tel un rouleau compresseur. Il remonte à la nuit des temps si j'ose dire et se perdra dans le temps…

Selon les scientifiques, en l'état de leurs connaissances actuelles, avant le Big Bang, il n'y avait que le néant ou peut-être un "Tout" contenu dans une tête d'épingle, hyperdense, immobile, comme endormi, et en tout état de cause, il y avait ce que l'on peut considérer comme un gros point d'interrogation. Et ce point d'interrogation combien de temps a-t-il duré ? Impossible à dire puisque le temps tel que nous le concevons n'existait pas. De fait son immobilité le privait de ce qui aurait pu être un temps voire le temps. En effet, sans déplacement dans l'espace, point de temps.

La grande conflagration créatrice fut le départ de tout ce qui nous entoure, dont ce mystérieux Temps, et cela s'est passé il y a, approximativement, 13 milliards d'années, un temps fou à l'échelle humaine, une durée difficile à imaginer. Et de plus ce Big Bang n'aurait duré que 10 puissance - 43 seconde, durée infinitésimale que l'esprit humain, tout au moins le mien, ne peut imaginer et dont en l'état de nos connaissances, il ne nous est pas possible de savoir ce qui s'y est passé et comment cela s'est passé.

Une autre description de la Création nous est donnée par le Livre commun aux trois religions monothéistes. Selon la Genèse, la création de l'univers aurait duré huit jours. Elle y est décrite avec des mots et des images que pouvait comprendre l'homme d'alors pour qui les théories de la relativité et quantique étaient inconnues et en tout état de cause inaccessibles. Mais cette description n'est pas, à mon humble avis, totalement antinomique avec celle de nos scientifiques contemporains.

Dans les deux cas, en effet, on constate que ce fut rapide sinon brutal, cataclysmique : Dieu créa successivement le ciel et la terre, la lumière, le jour et la nuit, les végétaux. Ce n'est que le troisième jour qu'il y est indiqué qu'il y a eu un soir et un matin (Genèse I - verset 13). C'était le début du temps qui pouvait alors démarrer sa marche inexorable par un autre jour, puis une autre nuit et ainsi de suite, et ce, vers une éternité sans fin, par définition ou tout au moins supposée telle.

Pour qu'il y ait temps, nous comprenons aussi qu'il faut également qu'il y ait espace. Mais alors qu'est-ce que le temps ? Est-ce une durée ? Est-ce une longueur ? C'est un peu l'un et un peu l'autre et surtout les deux, le couple espace-temps. La création a généré ce temps qui, depuis, évolue pour son propre compte selon un trajet globalement rectiligne, pour faire simple. Je n'entrerai pas dans les descriptions des déformations de cet espace-temps, qui vont jusqu’à l’annulation du temps dans les trous noirs ni dans les théories des cordes qui modifient ou raccourcissent le temps. Pas que je vous croie incapables de les comprendre, mais c'est bien au-dessus de mes possibilités trop réduites pour vous l'expliquer clairement.

Puis un certain temps s'est passé avant que la vie n'apparaisse sur terre sous forme d'une simple cellule il y a quelques trois milliards et demi d’années et un autre, non moins long, avant que cet organisme unicellulaire primitif ne se soit pourvu de membres, d'organes variés et d'un cerveau pour devenir, il y a 150 millions d’années, ce que l'on nomma successivement un homo erectus, un homo habilis, un homo sapiens. C'est à dire, Nous ! Quoique... la traduction du latin sapiens par "intelligent", "sage", "raisonnable", "prudent", peut-elle s'appliquer à nous ? Mais je m'écarte de mon sujet. Plus de temps à perdre. Je continue.

On peut penser que très vite nos plus lointains ancêtres prirent conscience de la notion du temps qui passe par l'alternance des jours et des nuits qui ont rythmé leur vie quotidienne. C'est le jour qu'ils pouvaient s'adonner au temps de la chasse - nécessaire pour nourrir la tribu - de la guerre et de "l'usinage" manuel de leurs outils utiles à la chasse, à la guerre mais également dans leur vie de tous les jours.

Rapidement nos ancêtres constatèrent que le temps du jour était d'une durée variable selon des périodes mais lorsque la durée de la journée croissait, celle la nuit rétrécissait ce qui ne permettait pas de se situer avec exactitude dans la temporalité.

Et en plus ils se rendaient compte que cela coïncidait avec des changements de temps, celui-ci météorologique cette fois. Il en a retenu la notion de saisons. Et ces saisons revenaient régulièrement selon un cycle immuable, chaque cycle correspondant à ce que nous allions qualifier bien plus tard d'une année.

à suivre...

 

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