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Chaque trait de mon pinceau est l'aboutissement de l'énergie la plus profonde de mon cœur
Le Blog du Rite Français
Voici, comme promis, le troisième épisode, mais... ce n'est pas le dernier ! Il y aura donc une quatrième partie.
Nous venons de voir, au cours des deux épisodes précédents, que les bâtons, les cannes et les épées, se justifient plus ou moins logiquement, selon que l'on s'attache à la tradition monarchique ou à la conquête révolutionnaire, et d'ailleurs ceci, par de curieuses interversions du sens de l'Histoire.
Mais disant cela, vous conviendrez aussi que nous nous sommes contentés, jusqu'alors, de nous appesantir sur la seule surface des choses, puisque nous n'avons fait que décrire et expliquer une vulgaire babiole, une épinglette de bazar, dont les attributs ont la fâcheuse tendance de se modifier avec les époques, les modes, les rituels, les obédiences et les directives circonstancielles de personnages en cour.
Or, si je comprends fort bien que l'iconographie peut avoir une certaine importance pour soutenir la pensée, la foi ou le raisonnement des adeptes, il n'en demeure pas moins vrai que c'est à partir de la doctrine, des principes et des préceptes, et mieux encore par des exemples, que l'on peut véritablement fonder une démarche originale, une nouvelle façon de voir le monde et de se comporter avec ses semblables. Et, de la même manière que ce n'est pas l'habit qui fait le moine, ce n'est pas non plus le triangle qui fait la Maçonnerie, ni même le tablier qui crée le Maçon, et encore moins l'insigne qui justifie le Maître des Cérémonies...
Aussi devons-nous faire l'effort de "sortir de la caverne" platonicienne, même s'il nous en coûte davantage aujourd'hui, où nous sommes confrontés à un quotidien continûment mis en "spectacle". En effet, c'est en quittant le monde des apparences, des colifichets, de la verroterie, du brouhaha, de l'insignifiance, et donc en entrant dans l'intime de nos propres convictions et au plus profond du réel de notre existence, que nous pourrons apercevoir des réponses quant au pourquoi de notre présence au monde. Par conséquent, il me semble indispensable, au-delà de la médaille, du cordon ou des oripeaux attachés à telle ou telle fonction, d'aller explorer ce qui donne vraiment sens à cette charge de Maître des Cérémonies.
Aussi revenons aux fondamentaux, comme on dit en "ovalie"…
A la suite du commentaire de notre F:."Sept et Plus", nous avons consulté l'ouvrage de Pierre Mollier "Le Régulateur du Maçon 1785/1801" (éditions A l'Orient).
Effectivement, selon ce document, le bijou d'Orateur ne comporte qu'un glaive, sans autres précisions. Les bijoux du Trésorier, de l'Hospitalier, des Experts... ne sont pas décrits.
Nous avouons notre perplexité !
Notre F:. Alain V:. doit nous faire parvenir prochainement, le dernier épisode de :
"Les Cannes et les Epées du Premier Maître des Cérémonies"
Calamitas !
La publication de l'article du 26 octobre dernier n'a pas été annoncée par un mail aux abonnés du blog. Il s'agit d'un manquement de notre hébergeur !. Nous en sommes désolés, espérons que cette fois ci...
Pourquoi des épées?
Nous avons vu dans la 1ère partie, grâce à des références historiques précises,
— D'une part, pourquoi le "Maître des Cérémonies" utilise généralement une canne pour assurer son office;
— Et, d'autre part, la raison pour laquelle son emblème est constitué de deux éléments en sautoir, même lorsqu'il n'existe qu'un seul officier représentant cette charge dans un rite donné.
— Enfin, nous avons aussi obtenu des précisions quant à la décoration traditionnelle de la canne du Maître des Cérémonies.
Mais alors, me direz-vous, pourquoi soudain deux épées?
Comme je l’ai déjà suggéré dans le 1er épisode, ce ne fut pas toujours le cas, et ce ne l'est pas partout. En outre, il semble que cette représentation est sujette à changements plus ou moins cycliques et opportuns, sans que l’on sache trop pourquoi ces modifications ont lieu. J’ose espérer que ce n’est pas pour de simples raisons d’intérêt de quelque marchand du Temple…
Mais qu’importe, l’homme étant capable de justifier en tout temps ses actions, y compris les plus injustifiables, commentons donc ce qui nous est donné à commenter en cet instant.
D’abord retenons que tous les rites, qui reconnaissent la charge de Maître des Cérémonies, même si elle ne se nomme pas toujours ainsi, croisent, en croix de St André, on dit aussi "en sautoir" en héraldique, des épées ou des cannes, ceci en parfaite imitation de ce que furent les emblèmes des charges royales ou militaires, dont nous avons parlés précédemment. Mais, raison aidant, vous conviendrez qu'il eut été difficile de reprendre à l’identique ces glorieuses armoiries historiques, sans risquer de se faire regarder comme de pauvres nobliaux d’opérette affublés d'un orgueil démesuré, ostentatoire et finalement usurpé. Donc les cannes des pendentifs ne sont pas tout à fait semblables aux bâtons armoriés.
Restent les épées.
Ici il va nous falloir à nouveau croiser, si j'ose dire, nos regards entre l’Histoire et la Maçonnerie, et oublier les explications "symbolo-fantaisistes", qu'on peut lire ici ou là, concernant, entre autres, les "dangers" que pourrait rencontrer pendant ses circumambulations le Maître des Cérémonies ! Ou alors c'est à se demander à quoi servent tuileurs, couvreurs et experts…, et même quelle est l'utilité d'une "ouverture des travaux" en bonne et due forme?
Mais revenons à nos épées.
Vous vous souvenez qu’au 17ème siècle, et durant des décennies, l’Angleterre fut le théâtre d’une véritable guerre civile, qui laissa un traumatisme profond dans les consciences. Aussi, lorsque se créa la Franc-Maçonnerie contemporaine en 1717, les souvenirs sanglants étaient encore vifs, et les instigateurs de cette nouvelle vision du monde recherchaient avant tout à construire une Fraternité universelle d'intelligence et de concorde. Ce qui n'empêcha pas, au moins dès 1751, les nouveaux Francs-Maçons anglais de s'affronter, parfois violemment, entre "Anciens" et "Modernes" pendant encore plus de 60 ans. Alors, quand vint enfin la réconciliation maçonnique de 1813, tout fut organisé pour que la paix puisse régner durablement sur nos colonnes. Oralité des travaux, interdiction d’aborder des sujets qui fâchent, reprises d’anciens usages, accommodements entre Anciens et Modernes, foi en une Transcendance plus ou moins révélée, tolérance relative, etc…Tout ceci devant contribuer à arrondir les aspérités. C’est pourquoi, tous les rites purement anglais n’introduisaient jamais la moindre arme, et surtout pas l’épée, dans leurs Loges. (Je ne sais trop si cela est partout suivi aujourd'hui). La seule exception, qui confirme la règle, étant les courts instants, lors de l’installation du VM, où ce dernier reçoit le Tuileur avec son épée et la lui remet rituellement, pour qu’il aille immédiatement se faire voir ailleurs, et siéger au dehors de la Loge. Celui-ci, gardien de la porte, devient alors le seul garant, armé, de la sécurité intérieure des LL anglaises.
Mais en France il en alla autrement, ne serait-ce que par esprit de rupture avec la maçonnerie, non seulement anglaise, mais surtout anglicane.
Et ce, d’autant plus que chez nous, pour reprendre une pensée gaullienne un peu désabusée, le désir d’égalité va, paradoxalement, de pair avec l’envie des privilèges. Aussi, par un étrange souci de nivellement par le haut et de parité aristocratique, nous fallait-il porter l’épée au côté, en gage de liberté et de noblesse… au moins de cœur. Toutefois, pour ne pas sombrer dans le ridicule, car il ne s’agissait évidemment pas de singer l’Ancien Régime chancelant et inégalitaire, on tenta d'expliquer que nos Loges traitaient de manière semblable tous leurs membres, fussent-ils nobles, militaires ou roturiers. Et comme l'explication risquait d'être un peu courte, on estima opportun de suivre les théories très contestables du sieur Ramsay, lequel nous a relié sans preuve à la Chevalerie templière, dont on nous recommande d'imiter au moins l'esprit, sinon les prérogatives. C'est ce que rappelle, par exemple, et avec force, l'Ordre de la Stricte Observance Templière.
Il n’empêche, aujourd'hui, que le fait est là, certains accessoires militaro-chevaleresques, se sont avérés indispensables pour pratiquer la Maçonnerie, y compris certains déguisements, sans compter les "hauts grades", inconnus de la Maçonnerie anglaise. Et c’est ainsi que divers rites "continentaux", comme le RER, le Français et quelques autres étrangers, portent noblement l'épée au côté, et en dotent abondamment leurs Officiers. Mais plus nombreux encore sont les rites et les LL qui, bien que ne portant pas l'épée, mais désireux d'honorer quelque plénipotentiaire, se dépêchent à former la "voûte d'acier", dont l'origine est toutefois purement militaire, sans être nécessairement chevaleresque.
Forts de ces arguments, on comprend mieux pourquoi il n'est pas question, suivant l'essence même de certains rites, de mettre en sautoir de vulgaires cannes. Et pourtant, comme on l'a vu plus haut, le bâton, qu'il ne faut certes pas confondre avec le sceptre, reste le symbole de l'administration civile ou religieuse et caractérise aussi la plus haute distinction militaire, le maréchalat, dont le bâton d'azur est semé aujourd'hui, non plus de fleurs de lys, mais d'étoiles d'or.
A suivre…
Le 7 octobre dernier notre F:. Jean-marih, nous posait la question suivante :
« Pourquoi deux épées au bijou de sautoir du maitre de cérémonie ».
Notre TVF:. Alain V:., que nous remercions vivement, nous propose une réponse en trois épisodes...
En franc-maçonnerie, se poser la question du pourquoi les choses sont telles qu'elles sont plutôt qu'autrement, et vouloir y répondre par la seule voie maçonnique, c'est risquer de se lancer dans des interprétations échevelées n'ayant rien à voir avec la réalité du moment originel, qui vit l'appropriation de tel ou tel symbole. Et ce d’autant plus que certains "accessoires" ont la fâcheuse tendance de se voir modifier avec le temps, les modes, les circonstances et les décisions plus ou moins bien fondées de ceux qui président aux destinées des divers rituels.
Prenons l'exemple des bijoux ou insignes associés aux Officiers de Loge, au rite Français. Quand je dis au "rite Français", encore faudrait-il s’entendre sur ce modèle : Groussier, traditionnel, moderne, régulé 1801 ?… Et dans quelle Obédience ? Vous voyez que les choses se compliquent, dès lors que l’on désire les clarifier…
Il est évident que tout serait plus simple, si chaque Office de n’importe quel rite dans n’importe quelle Obédience était identifié par la même breloque. Et d’ailleurs, du seul point de vue symbolique, je ne vois pas ce qui l’empêcherait, bien au contraire, sauf des intérêts humains, trop humains. Et pourtant, c’est déjà le cas pour quelques Officiers, parmi lesquels il apparaît naturel, et facilement déchiffrable, que l'Orateur soit traditionnellement représenté par un livre ouvert et le Secrétaire par deux plumes d'oie. Mais d’autres se révèlent être plus hermétiques, tels le 1er Maître des Cérémonies, qui est figuré au rite Français, aujourd’hui, par deux épées croisées sur une canne verticale suspendues à son cordon, à l’identique du REAA.
Mais il fut un temps, pas si lointain, (voir petit livre bleu du 1er grade au Français GLNF) où cette charge dans notre rite, à l’instar du rite Emulation, ou au Standard d'Ecosse, était illustrée par seulement deux "cannes" croisées. Mais peut-être fut-ce une erreur de gravure ! Alors qu’au RER, où la canne n’existe pas, cette fonction se suffit de 2 épées également croisées. Mais, là encore, il y aurait sujet à débat : ces épées, doivent elles avoir la pointe en haut ou au contraire en bas, et pourquoi ?
Or, un peu comme pour la fameuse couleur bleue, qui drape la plupart des Loges, et dont j'ai eu à parler dans le passé, la réponse est à chercher ailleurs que dans le domaine très restreint et circulaire de la seule culture maçonnique. En effet, nous ne le répéterons jamais assez, c'est la franc-maçonnerie qui a emprunté autour d'elle, en totale uchronie, toute la symbolique qui la caractérise, et sur laquelle elle a abondamment glosé, et non elle qui aurait inspiré tous les symboles que l'on trouve ailleurs, et partout, bien avant le 18ème siècle.
Aussi, afin d’affiner nos recherches sur le pourquoi du comment de l’insigne du 1er Maître des Cérémonies, il va nous falloir nous demander quelle est la véritable origine de la fonction de Maître de Cérémonie, et voir si de ce côté-ci il n'y aurait pas quelque explication toute simple, qui nous tend les bras.
Le dernier article nous a valu un abondant courrier (64 e-mails, un record ! dont 42 bonnes réponses). Félicitations aux trois premiers, Frédéric C., Noël S. et Bernard R.
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Voici la bonne réponse :
Euclide fut le fondateur de nos sept sciences :
— la grammaire est la première ;
— la dialectique par Dieu, est la deuxième ;
— la rhétorique est, sans nul doute, la troisième ;
— la musique est la quatrième je vous le dis ;
— l'astronomie est, par ma barbe, la cinquième ;
— l'arithmétique est la sixième ;
— la géométrie clôt la liste, étant à la fois humble est serviable.
d'après Le Regius - 1390
Mais pourquoi deux épées ?
Le silence règne depuis le dernier article sur le bijou de P:. M C ... Laissons la question en suspend.
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En attendant je vous propose un petit jeu, fort simple et très facile.
Voici un texte, fort ancien. Des mots ont disparu, remplacés par des pointillés.
Sauriez-vous retrouver ces mots et si possible dans le bon ordre.
Question subsidiaire : Qui est "IL" ?
IL fut le fondateur de nos sept ......... :
— la .......... est la première ;
la ........., par Dieu, est la deuxième ;
la .......... est, sans nul doute, la troisième ;
la .......... est la quatrième je vous le dis ;
l' .......... est, par ma barbe, la cinquième ;
l' .......... est la sixième ;
la .......... clôt la liste, étant à la fois humble est serviable.
Réponse par mail à l'adresse habituelle :
Notre F:. Jean-marih, nous pose la question suivante :
« Pourquoi deux épées au bijou de sautoir du maitre de cérémonie ».
Je ne connais pas de réponses satisfaisantes !
Je m'adresse donc aux lecteurs de ce blog. Qu'en pensez-vous ?
Merci.
Pour rappel, voici le bijou de P:. M:. C:. :
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Le tableau présenté sur le dernier article intitulé "Horizon" du 26 septembre est l'œuvre de Caspar David Friedrich, peintre allemand (1774-1840).
Voir ci-contre,
à la suite de l'article du jour