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Chaque trait de mon pinceau est l'aboutissement de l'énergie la plus profonde de mon cœur
Le Blog du Rite Français
Alors qu'il marche dans le Hoggar, en route vers l'Assekrem pour retrouver les traces de Charles de Foucauld, Eric Emmanuel Schmitt s'égare en redescendant du Mont Tahat. Il ne retrouve ni son groupe, ni le guide qui les accompagne.
Il réalise soudain, alors que le paysage disparait dans l'obscurité, l'extrême gravité de sa situation. Seul, sans eau, sans nourriture, sans rien pour se protéger du froid glacial de la nuit saharienne, i
La nuit fut toute autre. Il vivra au sein des ténèbres et du froid, une expérience étonnante qui va le marquer à jamais.
Athée au crépuscule, il deviendra croyant au lever du soleil.
Eric E. Scmitt nous raconte dans ce livre très condensé (190 pages), ce qu'il a ressenti et connu au cours de cette nuit.
Dans une langue belle, souple, fluide, sans fioriture, sans pathos, sans cliché, il nous transmet une parcelle de l'indicible qu'il a connu au cours de cette nuit qu'il qualifie “de feu”, en référence à celle que Blaise Pascal vécut en novembre 1654 à Port-Royal.
Magnifique.
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... ou comment bien connaître les usages et les fondamentaux afin d'éviter de se prendre les pieds dans le tapis de Loge.
Tel est le but de cet ouvrage qui reprend en détail les règles du savoir vivre en Loge et les bases essentielles – indispensables – pour goûter le temps passé sur les Colonnes et vivre la Chaîne d'union.
L’auteur, ancien Vénérable, passionné par le Rite Français qu'il pratique depuis 25 ans, en a étudié avec une patiente minutie les principes fondamentaux, ainsi que les us et coutumes, pour retrouver le savoir-vivre maçonnique, comprendre ce que l’on vient faire en Loge et transmettre la Tradition à ceux qui arrivent sur les colonnes.
Prix de l'ouvrage 20 euros + frais de port 4 euros
Dédicace par l'auteur sur demande.
Pour commander cet ouvrage il suffit d'envoyer un e-mail à son auteur (tvfbb)
à l'adresse habituelle :
Je pense ici à une image et à un film, ce vieux film de 1956 a pour titre « si tous les gars du monde… », on y voit comment se crée, à travers la planète et sa diversité, une chaîne d’entraide : radioamateurs de plusieurs pays, infirmières, soldats américains et russes, hôtesses de l’air, secouristes, parviennent à sauver de la maladie et de la mort, des marins embarqués sur un chalutier breton en mer du nord… J’avais dix ans quand je l’ai vu, je ne l’ai pas oublié. L’image, elle, n’est pas rare, c’est un dessin de notre petite planète bleue entourée de personnages de toutes les couleurs qui se donnent la main dans une ronde un peu enfantine. Je vous en parle car cela illustre ma pensée : ne devons-nous pas nous efforcer de rapprocher par la fraternité, non seulement tous les MM.·. du monde, mais, au-delà, tous les êtres humains qui peuplent ce monde? C’est d’ailleurs la dernière phrase du texte : « jurons de travailler sans relâche au grand œuvre de la Fraternité universelle.». Symboliquement, comme la L.·. qui va du Nord au Sud, de l'Orient à l'Occident, du Nadir au Zénith, le cercle de la chaîne d'union représente l'univers tout entier.
Notre chaîne ne transcende pas seulement l’espace, elle transcende aussi le temps : « En elles, sont toujours présents ceux qui la formaient hier ». Nos FF.·. de Trusatilès sont de ceux-là, André, Hervé, Daniel, Jean et les autres. Et aussi nous sommes les héritiers des grands MM.·. qui nous ont précédés, d’Anderson, de Desaguliers, de Ramsay, de Willermoz, bien sûr, des anciens, des modernes, de ceux des Lumières, de Mozart, de Kipling, etc. etc.: mesurons-nous la chance que nous avons? Bernard de Chartres (philosophe français du XIIᵉ siècle) le dit à sa manière : «Nous sommes comme des nains juchés sur des épaules de géants (les Anciens), de telle sorte que nous puissions voir plus de choses et de plus éloignées que n’en voyaient ces derniers. Et cela, non point parce que notre vue serait puissante ou notre taille avantageuse, mais parce que nous sommes portés et exhaussés par la haute stature des géants.».
En outre, nous sommes, bien entendu, assis sur les épaules de tous les sages de la terre comme nous pouvons nous appuyer sur les grands textes, l’épopée de Gilgamesh, la Bible, évidemment, les philosophes grecs (Socrate, Platon, Aristote), St Augustin, St Bernard, Rûmi, Blaise Pascal, Gandhi, René Guenon, et bien plus encore !
La phrase suivante s’enchaine mais elle a un sens premier strictement attaché à notre rituel, ce rituel que l’on devrait éviter de retoucher, elle parle de « la Tradition que nous avons régulièrement reçue, que nous maintenons sans faillir et que nous transmettrons dans sa plénitude aux générations à venir. ». Vous l’entendez aussi, comme moi, dans un sens plus large.
La chaîne continuera quand nous aurons rejoint l’ O.·.E.·.. Préparons l’avenir, transmettons, initions…
Puis nous entendons l’injonction dite par notre V.·.M.·. « Elevons notre esprit vers le G.·.A.·.D.·.L.·.U.·. qui est Dieu et jurons de travailler sans relâche au grand œuvre de la Fraternité universelle.». C’est clair, on ne peut pas douter que nous ne sommes plus dans le monde matériel mais bien au niveau spirituel, réunis au nom du G.·.A.·.D.·.L.·.U.·.; notre être tout entier est mis en jeu autour de la verticale qui relie la terre au ciel. En cet instant, cet instant d’éternité, mon individualité s’efface devant l’immense cohorte des hommes de tous les temps, devant la Création, je suis là, tout petit maillon, provisoire mais ineffaçable pour avoir été créé, pour avoir existé… Cette chaîne nous prive d’une indépendance physique, d’une liberté de mouvement comme d’autres libertés matérielles (illusoires?) pour mieux nous faire entrer dans une communion, sur un chemin de progrès. Et, ensemble, nous nous engageons, nous « jurons de travailler sans relâche au grand œuvre de la Fraternité universelle ».
Le moment de silence et de recueillement qui suit peut être l’occasion, dans cette ambiance émotionnellement intense, de ressentir l’Egrégore, cette entité abstraite fédérant les pensées de tous dans l’harmonie de nos consciences.
Lorsque le V.·.M.·. déclare « Mes FF .·. rompons la chaîne », tous les FF .·. commencent par en éprouver par trois fois la solidité avant de reprendre leur liberté. Le retour à sa place est généralement empreint de retenue, encore marqué par ce qui vient de se passer…
Conclusion
Maintenant que nous avons balayé, ensemble, des éléments de ce qui fait l’importance de la chaîne d’union, maintenant que nous sommes passés du cercle formés de quelques FF.·. se donnant la main, quelque part dans une L.·. juste et parfaite, à l’ensemble de tous les MM.·. du monde et, même, à l’humanité toute entière, il me revient de conclure. Je vais le faire en empruntant mes propos tout d’abord au Rite qui m’a vu naître, le R.·.E.·.A.·.A.·., puis à certains de ceux qui m’ont précédé et pris sur leurs épaules:
«Celui qui dit être dans la lumière et qui a son Frère en haine est dans les ténèbres.
Celui qui aime son frère demeure dans la lumière »
Et contemple dans ton propre cœur toutes les sciences des prophètes.»
« Alors, unissons-nous main dans main
Tenons-nous ferme les uns les autres
Soyons joyeux et montrons un brillant visage
Aucun mortel ne peut se vanter
De porter une si noble santé
Qu'un Maçon franc et accepté. »
J'ai dit, le 6ème jour du 8ème mois de l’A.·. de V.·. L.·. 6015
B.·.R.·.
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III - De la Symbolique
- Le mot « chaîne » est aisé à interpréter symboliquement : nous sommes, mes BB.·.AA.·.FF.·., des maillons liés les uns aux autres, engagés les uns envers les autres et destinés à transmettre.
Comme un chainage, la chaîne est destinée à nous rendre collectivement plus solides et chacun y a sa propre responsabilité : souvenons-nous que la résistance d’une chaine est celle de son maillon le plus faible…
Elle est une limite, une frontière entre deux espaces, l’intérieur et l’extérieur.
Mais ce n’est pas un enfermement, un esclavage : nous ne sommes pas dans une secte qui asservit, bien au contraire nous sommes des maçons libres et acceptés.
- L’union coule de source, la jonction est voulue, matérialisée; la démarche est partagée et elle sous-entend bien une entente, la concorde des sentiments ou des pensées. Et puis, c’est connu, l’union fait la force, un célèbre F.·.M.·., Jean-Baptiste WILLERMOZ, en avait fait sa devise avant qu’elle ne devienne celle de la Belgique… Ensemble, mes BB.·.AA.·.FF.·., nous sommes plus forts, chacun de nous est plus fort, plus résistant. C’est aussi ce que nous dit La Bible: « Là où un homme seul est renversé, deux résistent, et le fil triple ne rompt pas facilement. » (Ecclésiaste 4:12).
Une fois encore notre rituel va s’avérer d’une grande richesse, et je n’aurai pas la prétention de l’épuiser, simplement de montrer comment il m’a permis d’avancer un peu plus sur mon propre chemin…
Remarquons pour commencer que, pas plus que dans la vie, nous ne choisissons nos frères et sœurs, nous ne choisissons pas dans la chaîne d’union les deux FF.·. à qui nous donnons les mains; ces mains sont nues, la confiance est totale: beau symbole de fraternité, non? Et nous sommes tous au même niveau, les FF.·. ont quitté leur plateau, ceux de l’O.·. en sont descendu.
Nous sommes tous tournés vers le centre de la L.·., là où passe la ligne qui joint les deux points opposés de la sphère céleste que sont le Nadir et le Zénith, cette ligne qui est dans certains autres rites matérialisée par une verticale, un fil à plomb attaché au plafond. Restons un instant dans cet espace: si je baisse la tête, je vois le sol et les pieds de mes FF, je vois aussi le pavé mosaïque et le tableau de L.·. avec sa bordure dentelée, il m’incite déjà à m’élever; si je regarde à hauteur d’homme (l’horizon) je peux voir chacun de mes FF.·. ; si je lève la tête, c’est la Voûte étoilée cernée de la corde à nœuds qui m’invite encore à l’élévation… et enfin si je ferme les yeux, je descends en moi-même, je me «concentre» et je m’élève à la fois.
Les mains
Les FF.·. se donnent la main, tous différents mais tous unis dans le même geste, le même espace, le même cercle. Symbole évident de fraternité, ne dit-on pas dans le langage courant « donner la main » pour « aider », (on peut aussi la prêter ou en donner un coup pour aider!), de même « être main dans la main » n’est-ce pas être solidaire? Nos mains sont nues, ce geste est chaleureux, manifestation de sympathie; comme on dit en électricité, le contact est direct: le courant passe entre nous, sans filtre ni isolant!
Nous sommes alors des «passeurs» qui s’enrichissons mutuellement : ce que nous recevons de notre F.·. d’une main, nous le donnons de l’autre au suivant.
Les bras entrecroisés
Lors de la chaîne «courte », nos bras croisés, bras droit sur bras gauche, forment un nœud, un lac, comme nous l’a dit, notre B.·.A.·.F.·. Bernard à notre dernière tenue, en parlant de la corde à nœud, « un lac d’amour ». Je ne m’attarderai donc pas sur cette analogie riche de symboles…
Personnellement j’y vois une attitude de verrouillage de notre corps, comme si nous voulions vivre l’instant présent en écartant ce qui pourrait nous en distraire, comme pour «vaincre nos passions».
Ce nœud que nous avons serré de notre propre volonté, qui nous enserre dans un instant d’éternité, d’amour et de fraternité, nous allons nous en libérer peu après, le rompre, pour aller porter au dehors ce que nous avons appris au-dedans.
C’est le moment de revenir aux derviches tourneurs du sage Rumi: j’ai eu le plaisir d’assister à une de leurs cérémonies en Cappadoce, en voici une description trouvée sur internet : « Les derviches entrent dans la salle habillés d’un ample manteau noir qui représente la mort, la tombe, la lourdeur terrestre et l’enveloppe charnelle. (…). Leur habit blanc, symbole du linceul et de la résurrection, dépasse légèrement le bas de leur manteau. (…). Leur salutation mutuelle est le symbole de la solidarité spirituelle, où les âmes se reconnaissent mutuellement comme étant d’une même origine. C’est aussi la réciprocité des consciences, chacun des derviches servant de miroir à l’autre. Après être rentrés rituellement, les derviches, bras croisés sur la poitrine, mains sur les épaules, se mettent à tourner lentement, sur eux-mêmes puis écartent les bras, la main droite tournée vers le ciel pour récolter la grâce de Dieu et la main gauche tournée vers le sol pour la dispenser vers les hommes. En même temps qu’ils tournent sur eux-mêmes, ils tournent autour de la salle. Ce double tour figure la loi de l’univers ». Il semble bien y avoir une parenté symbolique, non ?
Le texte lui-même
Le début ne peut être plus clair : Mes Frères, n'oublions jamais que l'amour fraternel est "la base, la pierre angulaire, le ciment et la gloire de notre vieille confrérie". C’est l’expression des Constitutions d’Anderson de 1723. Rappelons que pour la maçonnerie opérative le mot base fait référence aux fondations d’un bâtiment, que la pierre angulaire d’un bâtiment est la pierre d’angle sur laquelle repose la solidité de l’édifice, les murs étant bâtis de pierres reliées entre elles, unies, par le ciment : gage de solidité, ne disait-on pas pour cela d’une maison qu’elle est « bâtie à chaux et à ciment » ?
L’amour fraternel est, nous le savons tous, essentiel, indispensable et c’est aussi notre ciment, notre satisfaction et notre gloire.
Notons enfin que dans cette seule phrase la notion de fraternité apparait trois fois : Mes Frères, l'amour fraternel, notre vieille confrérie. Le style est à l’insistance, pour les durs d’oreille peut-être!
« Que nos cœurs se rapprochent en même temps que nos mains »: c’est l’invitation à quitter les aspects matériels de ce « bas monde », par la voie du cœur; une marche de plus vers ce que j’ai appelé tout à l’heure l’élévation.
Je n’ai pas grand-chose à ajouter à ce que j’ai déjà dit du vocabulaire à propos de la phrase qui suit «que l'Amour fraternel unisse tous les maillons de cette Chaîne formée librement par nous.» (cf. III, a).
Le texte insiste sur « la grandeur et la beauté de ce rite ancestral » il nous invite à nous pénétrer « de son sens profond » : vaste programme ! Nous essayons de le suivre un peu ce soir… . Et vient ensuite une phrase à mon avis essentielle : « Cette Chaîne nous unit à tous nos frères heureux ou malheureux répandus sur la surface de la terre. ». On peut bien sûr penser ici aux seuls membres de la G.·.L.·.N.·.F.·. mais ce serait avoir l’esprit bien étroit me semble-t-il… cette chaîne n’unit-elle pas tous les MM.·. de tout rite, de toute origine, bref, n’unit-elle pas comme nous le disons aux agapes, « tous les MM.·. du monde »?
à suivre...
711ème article
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