Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
18 septembre 2019 3 18 /09 /septembre /2019 16:21

A la suite du tome I "Trois Pas en Loge Bleue" sur les fondamentaux du Rite français,  nous avons le plaisir de vous informer de la parution du tome II consacré à la symbolique du même rite, sous le titre : "Rite Français, Sens et Symbolique"

 

« Dans ce deuxième opus sur le Rite Français, l'auteur s’est attaché à décrypter le sens des Tenues. Il nous propose par ailleurs une analyse verset après verset, du Prologue de l’Evangile selon saint Jean, avant d’aborder l’ésotérisme de la cérémonie de réception au premier grade. Il nous révèle comment il a découvert la symbolique maçonnique et en particulier celle de son Rite préféré. »

 

L'ouvrage est préfacé par le TRF GMP d'Auvergne.

Il est disponible chez l'auteur.

Tous renseignements auprès de l'auteur à l'adresse habituelle :

820ème article

 

 

Partager cet article
Repost0
RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Rite Français
21 novembre 2018 3 21 /11 /novembre /2018 09:50
 
III - Nombre 7
Traçons J, centre du cercle circonscrit au triangle ABC ;
nommons le C3 ; traçons l’heptagone à partir de ces 4 points, 
nommé KLMNOPQ, où K est l’intersection de C3 avec la médiane ;
l’heptagone est bien sûr inscrit dans C3 ; K est B ; NO est le mur occidental.
 
3, 5, 7 : les nombres de la loge et la construction du mur de l'occident par lequel nous rentrons.
NB : J est bien sûr le centre du cercle circonscrit au triangle équilatéral ABC et à l’heptagone KLMNOPQ 

à suivre ...

Merci à notre F:. Ch. O. T.

_______________________________

Nous contacter :

Pour nous envoyer un message (commentaire, question, remarque, etc.), merci de ne jamais utiliser le lien " contact " figurant en bas de la page, il ne fonctionne pas.

Veuillez tout simplement envoyer un mail à l'adresse de tvfbb figurant sur le bandeau ci-dessous : 

Indispensable pour connaître les usages et les fondamentaux,

le vademecum du Rite Français : 

"Trois Pas en Loge bleue"

Pour commander cet ouvrage, envoyer un mail à l'adresse ci-dessus

*

811ème article

 

Partager cet article
Repost0
RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Rite Français
10 juin 2018 7 10 /06 /juin /2018 12:37

Travail d'un Compagnon qui, sur proposition du Premier Surveillant, se prépare à subir les épreuves pour être élevé au sublime grade de Maître maçon.

Travail présenté devant les Maîtres de la R:. L:. Trusatiles (Rite Français).

 

A la gloire du Grand Architecte de l’Univers, Très Vénérable et vous tous mes Bien Aimés Frères, je vais vous dire ce que j’ai trouvé sur la colonne du Midi.

 

Après avoir changé de colonne, j’ai découvert de nouvelles perspectives du temple et mon œil a été attiré par le bijou du premier surveillant : le niveau.

Avec le fil à plomb du deuxième surveillant je me suis verticalisé ; cette verticale est la conscience de soi, permettant ensuite la connaissance de soi. Je me suis déplacé au sud et j’accède à cette nouvelle dimension horizontale. L’horizon. Quelles questions se posent au loin ? Quels nouveaux outils peuvent m’aider à travailler ? Et quel chemin ai-je parcouru ?

 

Profane

 

Nous sommes tous restés immobiles, un peu interdits, devant cette ligne du lointain. Julien Gracq écrit dans les Carnets du Grand Chemin : « Rarement je pense au Cézallier, à l’Aubrac, sans que s’ébauche en moi un mouvement très singulier qui donne corps à mon souvenir : sur ces hauts plateaux déployés où la pesanteur semble se réduire comme sur une mer de la lune, un vertige horizontal se déclenche en moi qui, comme l’autre à tomber, m’incite à y courir, à perte de vue, à perdre haleine ».

J’y ai pour ma part recherché spontanément la sérénité. En ville, l’horizon est difficile à voir. C’est peut-être la raison pour laquelle les tourments de la vie, les errances personnelles, les questions sur l’avenir - et les peurs qui vont avec - m’envoyaient dans des promenades solitaires en campagne qui m’apaisaient. Il y avait le silence, le rapport avec la nature sauvage, mais aussi cette ligne au loin, qui mourait derrière à mesure qu’une nouvelle naissait devant moi. Ce « vertige horizontal » était une véritable thérapie.

            Que l’on cherche à atteindre cette ligne et l’on finira par arriver sur un littoral. Si les promenades en campagne sont sources de calme, l’océan est chez moi un rêve d’aventures. Je n’ai jamais imaginé gravir l’Everest, mais que de navigations transocéaniques n’ai-je réalisées dans mon imaginaire. Immobile devant les rouleaux se brisant sur les rochers, je reste des heures entières sans vraiment savoir pourquoi, hypnotisé.

            Cette ligne d’horizon a obsédé les peintres. A travers la bibliographie que m’a donnée Bernard, c’est le dessin qui m’a fait réfléchir. Les différents paysages maritimes de Courbet ont des points communs : le ciel est menaçant, la mer hostile - Cézanne dira que « sa marée vient du fond des âges » -, et il existe au premier plan une déferlante dont le sommet vient au contact de la ligne d’horizon, la dépassant parfois. Il semble que la noirceur du ciel soit accordée à la violence de la mer et que cette vague nous pointe l’horizon.

            En essayant de comprendre tout ce qui a pu m’arriver depuis des années face à cet horizon, je retrouve la définition du Littré : « ligne circulaire, variable en chaque lieu, dont l’observateur est le centre et où le ciel et la terre semblent se joindre ». Je suis le centre d’un monde sensible. Il y a mes craintes, mes joies, mes peurs ; je construis des plans sur l’avenir, essaie de trouver des solutions, et arrive à gérer les émotions qui me submergent. C’est mon moi intérieur, mélange de quotidien concret et de tempêtes de sentiments. Mon corps.

J’essaie d’avancer encore, d’aller toucher cette ligne de fuite. Je m’imagine en bateau au large.  Il n’y a plus de terre ; seulement le ciel et la mer. Je visualise le cercle qui se déplace autour de moi. Comment mes nouveaux outils peuvent-ils m’aider ?

La Vague, Gustave Courbet, 1869/1870

 

Symbolique (étoile, 5, G / pierres)

 

Selon le rituel du compagnon, l’Etoile flamboyante est l’« emblème du génie qui élève aux grandes choses …/… le symbole de ce feu sacré, de cette portion de lumière divine ». La lettre G en son centre est le « monogramme d’un des Noms du Très Haut …/…résulte de ce qu’on explique par le mot Géométrie».

Voilà le cœur du sujet pour moi. Il se trouve que, passionné d’architecture, je m’amuse à dessiner des maisons depuis 30 ans. De la forme extérieure aux matériaux de construction, tout ce qui concerne la construction me captive. Avant mon augmentation de salaire, j’ai travaillé pendant des mois sur un plan de maison pentagonal (qui est le coeur de l’étoile, chacune des branches naissant sur chaque côté). C’est passionnant : on retrouve de nouveaux repères dans cette figure très rationnelle et très complexe où les proportions d’or sont omniprésentes. Après des mois de dessin j’avais toujours l’impression d’en être aux balbutiements. La géométrie atteint là une dimension divine.

Au milieu de l’océan, le marin imaginaire que je suis utilise la vue : je navigue grâce aux étoiles et au sextant. Faute de repères terrestres, c’est le ciel qui me guide. J’ai conscience de cet horizon qui apparaît : c’est un futur parmi plusieurs possibles.

     La somme de ces possibles me dépasse ; je ne les vois pas tous. Je n’ai pas le temps terrestre nécessaire pour tous les explorer, car ce temps terrestre est par essence limité.

Pourtant, l’observation des étoiles nous permettra d’établir un calendrier perpétuel. Et l’étoile, symbole d’infini, établira ainsi des cycles dans notre vie.

     En voyant le ciel et la terre qui se rejoignent, On me dit donc ce que je ne sais pas, On me montre l’invisible. J’explore mon inconscient, et je comprends que l’éternité est céleste.

Le livre transmis par Philippe lors de mon passage au grade de compagnon m’a permis d’approfondir mes connaissances. Le pentagone est inscrit dans un cercle ; en dessinant les rayons des 2 extrémités d’un côté et du sommet opposé on obtient un gamma, lettre grecque correspondant au hiéroglyphe égyptien sekhenet, signifiant « pilier du ciel », qui porte la treille de la vigne et le mât transversal du pavillon d’Anubis. La forme même de la lettre remplit cette fonction de soutien (alors que le gamma majuscule a une forme d’équerre).

Selon la Kabbale, les 2 branches représentent d’un côté la rigueur, la droiture et de l’autre l’amour, la générosité. Ces valeurs sont complémentaires : il y a le réfléchi et le spontané, le rationnel et l’émotionnel. Elles nous permettent de vivre pleinement notre destin et ainsi de rayonner.

On retrouve aussi ces cinq côtés dans les rosaces des vitraux de nos cathédrales, à travers lesquels les rayons du soleil illuminent l’intérieur de l’édifice. D’une autre manière on peut y voir le lien entre le céleste divin et le terrestre mortel.

Le g est le symbole de la gravité terrestre qui nous fait tenir debout, vertical sur terre. Celui-ci me rappelle mon précédent travail sur cette verticale qui permet à l’homme de progresser dans la connaissance et de s’élever. L’étoile flamboyante, c’est l’homme libre et accompli, remplissant ses devoirs, qui reçoit la lumière divine guidant ses pas.

J’ai dégrossi, poli la pierre brute, et suis arrivé à la pierre cubique « symbole des soins que se donne l’homme vertueux pour effacer les traces que le vice a faites sur lui ». Elle est surmontée d’une pointe qui a la forme d’une pyramide égyptienne.

Imaginons la forme de la figure de pliage nécessaire pour réaliser cette pierre cubique à pointe. Il y a un carré long positionné dans le sens de la hauteur (comme la nef d’une église), puis horizontalement 3 carrés côte à côte (figurant un transept), et enfin un pentagone surmontant l’ensemble (le chœur) qui apparaît sur cette figure dépliée.

Le cheminement du compagnon serait donc d’arriver à la lumière divine, de mieux la comprendre, quand l’apprenti ne la reçoit qu’en étant passivement ébloui.

 

Personnel

 

            Je vois un peu du chemin spirituel parcouru dans cette citation de Benjamin Constant : « Il n’y a personne, je le pense, qui, laissant errer ses regards sur un horizon sans bornes, ou se promenant sur les rives de la mer que viennent battre les vagues, ou levant les yeux sur le firmament parsemé d’étoiles, n’ait éprouvé une sorte d’émotion qu’il lui était impossible d’analyser ou de définir. On dirait que des voix descendent du haut des cieux, s’élancent de la cime des rochers, retentissent dans les torrents ou les forêts agitées, sortent de la profondeur des abîmes. »

            Cet horizon derrière lequel on veut aller voir est en fait un miroir permettant d’apprendre à nous connaître et qui nous permet de nous élever. Compagnon aujourd’hui, je me revois le jour de mon initiation dans la chambre de réflexion face au V.I.T.R.I.O.L. : au delà des références alchimiques, c’est le vrai sens de tailler la pierre brute que je comprends mieux.

            Visita : visite ; on m’intime l’ordre de rechercher, d’examiner avec les sens en éveil, car il va être nécessaire de faire un premier lourd travail.

Interiora Terrae : l’intérieur de la Terre ; on se retrouve plein d’humilité face à notre Créateur, et j’entends « Souviens-toi que tu es né poussière et que tu redeviendras poussière ». Il faut mourir profane avant de naitre maçon en recevant la lumière.

Rectificando : en rectifiant ; on doit se corriger, travailler, se débarrasser de nos préjugés et de nos passions pour nous améliorer.

Invenies : tu trouveras ; c’est une affirmation rassurante. Devant la violence de l’ordre une solution nous est promise.

Occultam Lapidem : la Pierre Cachée ; morceau de la Terre qui n’est initialement pas visible. Ce serait la Pierre Philosophale, la Vérité : une entité divine sans défauts.

            Mais, dans notre ordre, cette maxime doit-elle déjà figurer face au futur initié ?

           Il s’agit donc d’une introspection. Ce voyage intérieur rejoint la sagesse de Socrate « connais-toi toi même ». Centré sur moi, je prends conscience de ce que je sais, mais surtout de l’infinie complexité de ce qui m’entoure et de tout ce que je ne sais pas. L’horizon me mets donc en relation avec le divin, et m’élève en me révélant l’existence du cosmique, abstrait et spirituel. Ainsi je corrige mes erreurs de comportement. La solitude est propice à la réflexion ; sans avoir conscience de tout ceci, la sérénité que je ressentais dans mes balades venait de ces ajustements. Mon esprit.

Il conviendrait peut-être d’élargir cette réflexion à l’humanité toute entière : c’est notre tâche de maçon de faire le bien pour autrui, de donner à la multitude pour améliorer l’humanité. Ce dialogue entre nous et le Grand Architecte nous guide dans ce travail de notre vie.

Il en retourne de l’évolution de l’homme ; percevoir le sens de l’horizon éviterait des guerres. S’imprégner de cette nouvelle dimension de l’horizon, c’est faire une expérience de l’Amour infini.

 

Conclusion

 

Initié, je me suis bien verticalisé,

Et puis j’ai contemplé immobile ce lointain ;

Grâce à la bienveillance et l’aide de mes ainés,

La réflexion m’humanise, me révèle le Saint.

 

Un océan de données me prend dans sa houle,

Je commence à voir ce monde horizontal ;

Beaucoup plus vaste, sa richesse infinie me saoûle.

Ces nouvelles vagues de Connaissance me portent, me salent.

 

Avec le fil à plomb et le niveau je sais

Construire l’équerre, bijou du Vénérable ; c’est

Mieux comprendre la Lumière de notre loge ; je vais,

Par cette bienveillance, continuer à progresser.

 

Par cet horizon d’explications qui construit

Mon esprit, je vois sous un autre angle ce quoi vers

Tout homme doit tendre : rassuré, apaisé, il vit

L’amour du Grand Architecte de l’Univers.

 

Patient et ferme j’ai bien ouvert la porte à l’heure,

Et, comme après chacune de ces denses réflexions,

Enrichi, je poursuis le voyage intérieur

Sentiment d’éternité, étrange impression !

 

J’ai dit Très Vénérable.

Crépuscule en bord de mer, Caspar David Friedrich, circa 1821

Commentaires par mail uniquement à l'adresse tvfbb... figurant ci-dessous

*

"Trois Pas en Loge bleue"

Les grands fondamentaux du Rite Français

Le livre est disponible chez son auteur TVF BB au prix de 20 € + 5 € de frais de port. Pour le commander, envoyer un mail à l'adresse figurant sur le bandeau ci-dessous

793ème article

 

Partager cet article
Repost0
RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Rite Français
4 février 2018 7 04 /02 /février /2018 15:14

Qu’ai-je trouvé sur la colonne du nord ?

Travail d'un Apprenti qui, sur proposition du Second Surveillant, se prépare à quitter le septentrion pour le midi.

Travail présenté devant les Maîtres de la R:. L:. Trusatiles (Rite Français).

 

A la gloire du Grand Architecte de l’Univers

Très Vénérable et vous tous mes Bien Aimés Frères,

je vais vous dire ce que j’ai trouvé sur la colonne du nord.

 

Introduction

 

« J’ai traversé les épreuves allégoriques pour voir la lumière et sentir votre soutien ». Soutien ressenti infini.

En prononçant le mot « infini », je pense immédiatement à ce 8 horizontal que l’on peut parcourir indéfiniment en faisant courir la mine d’un crayon sur ses courbes.

Il fut inventé par le mathématicien anglais John Wallis en 1655 dans « De sectionibus conicis » (des sections coniques). Une autre origine possible serait la lemniscate de Bernouilli (lemiscus : ruban ; courbe plane de cette forme).

            On retrouve également une origine indienne (Antara le serpent de l’infini enroulé en 8), une déformation de la dernière lettre de l’alphabet grecque omega, ou du chiffre 1000 romain qui était à l’origine un rond barré.

Nous vivons avec cette notion quotidiennement ; il peut effrayer, voire détruire quand on l’appréhende mal. Bien au contraire, il nous permet de nous construire. Et nous devons parvenir à nous élever grâce à lui.

 

L’infini qui détruit

 

Nos connaissances du monde et les progrès de la science grossissent de manière exponentielle. Nous avons été obligés de nous spécialiser pour continuer à progresser. Si un humaniste du XVIII° pouvait être médecin, philosophe, astronome, et architecte, ceci semble bien plus compliqué aujourd’hui. Tenter de vouloir maitriser ces savoirs coute que coute peut aboutir à la dépression (je l’ai vu chez un brillant enseignant de classes préparatoires).

Le passage dans la chambre des réflexions ne m’a pas anéanti, mais il y a quelque chose qui se passe d’assez difficile à décrire : je me retrouve dans un endroit austère, avec la mort présente, devant des objets, des symboles qui seraient autant de sujets de réflexions. L’eau et le pain sont par exemple les aliments de base, qui maintiennent en vie ; je pense de suite au pain sec et à l’eau saumâtre d’un prisonnier qui survit. Ce pain, l’homme le fait avec la farine, venant du blé qui représente la culture, les premières cultures. Je vois nos ancêtres qui ont semé, récolté, moulu la céréale. Je voyage assis immobile sur ma chaise, dans le temps et dans l’espace pour me retrouver désorienté. Et puis je vois le sel, qui permet de conserver les viandes pour l’hiver, mais qui rentre également, pour infime partie, dans la composition de la pâte à pain. Cette infime partie transforme la pâte d’aliment de régime fade en délice indispensable aux tables étoilées. Je pense aux proportions, à l’utilité du plus petit, à nous tous qui vivons ensemble.

Bref, je suis un peu perdu devant toutes ces questions qui ont rempli la pièce, puis poussé les murs, et qui semblent sans fin.

 

L’infini qui construit

 

            Sans fin. C’est un sentiment que je ressens profondément dans mon activité professionnelle. Le savoir médical qui était devenu trop vaste pour un seul homme a été découpé en spécialités. Au sein de chacune d’entre elles, il existe des compétences particulières (la rythmologie au sein de la cardiologie, la chirurgie de la main dans l’orthopédie). Les recherches menées sur des sujets très précis permettent de comprendre chaque jour un peu mieux (ou moins mal) cette « machine humaine » qui n’est pas de notre volonté.

Les médecins se demandent toujours pourquoi (tel signe se manifeste, telle maladie apparaît). Notre savoir médical actuel est résultat de ces réflexions. Avoir conscience de l’étendue de notre ignorance, qui me semble infinie dans la compréhension du corps humain, est utile à la recherche et à l’apprentissage. Tous ces « pourquoi » doivent nous enrichir de nouveautés sans nous plonger dans une perplexité anxieuse qui paralyse. Savoir que l’on est un petit locataire ici-bas ne nous empêche pas de bâtir un peu de cet ouvrage qu’est le savoir, et qui, une fois acquis, ne tient pas de place.

Dans mes premières impressions, j’ai écrit que j’étais « essoré mais jamais esseulé ». Je me suis senti porté par des inconnus familiers. Il y avait vous, et les autres frères du département, mais aussi ceux de tous les pays, et encore ceux qui seront initiés, que l’on ne peut compter mais dont la présence est tangible pour avancer dans la connaissance.

La description du tableau lors de l’initiation a pris du sens : la bordure dentelée protège de l’irruption des ténèbres.

 

L’infini qui élève

 

            Nos perceptions et nos explications du monde qui nous entoure sont très complémentaires pour élargir cette connaissance. Ce perpétuel voyage sur le chemin de l’apprentissage nous modèle. Quand notre Vénérable Frère Fabien est venu me voir, je me suis perdu dans une tentative d’explication embrumée sur ma perception de notre monde depuis que je suis croyant. J’ai parlé d’un coin de voile soulevé nous faisant comprendre la toile de la vie que l’on a sous les yeux, comme le bain de révélateur dévoile la photo argentique. Ce n’était pas clair dans ma tête, et encore moins à l’énoncé. Il m’a demandé si moi je me comprenais ! Je crains d’avoir illuminé la pièce d’un rouge intense. Mais il ne voulait pas me déstabiliser et je crois qu’il avait réussi à saisir le sens de ce que j’avais bafouillé. Il s’agit bien de cet infini là, qui nous transporte.

            Pendant sa période d’apprentissage, grâce au silence imposé, on occupe une position privilégiée sur la colonne du nord. On voit, on regarde, on observe ; on entend, on écoute, on médite. C’est un environnement favorable pour réfléchir sur ces impressions qui nous pénètrent. Il n’y a pas de fenêtre au nord, pour rester dans la pénombre. Et l’on voit d’autant mieux les 3 grandes lumières : le soleil, la lune et le Maître de la Loge.

J’ai été « submergé par la chaleur de votre contact » : je commence à comprendre pourquoi.

Je cherche mes repères. Je regarde à l’occident et imagine le fil à plomb du bijou du second surveillant, surveillant de la colonne du nord. Puis je repense au morceau d’architecture de notre Très Vénérable Frère Bernard B. : « le fil à plomb est symbole de la vie, de l’activité, de la vigilance et de la conscience de soi ». Cette perpendiculaire me servira de repère, de pilier. Je suis rentré profane, je me lève, et vais avancer sur mon chemin de maçon. Je suis assis sur cette colonne pour comprendre que je suis né une nouvelle fois. C’est probablement ce qui m’a déstabilisé. Maintenant, en bâtissant mon temple intérieur, je vais progresser et tenter de m’élever en travaillant sur la pierre brute.

            Avant de s’élever il faut se rassurer et construire des bases solides. La cordelière à houppes pourvue de lacs d’amour y participe. On retrouve presque la forme du symbole de l’infini dans le nœud en 8 (il faudrait superposer la corde entrante avec la corde sortante). Il est un des premiers nœuds enseigné en voile comme en alpinisme. Il permet de bloquer une écoute, éviter que l’extrémité d’un bout ne s’effiloche ; il est également utilisé sur le baudrier du grimpeur pour l’assurer. Simple à vérifier, il contraint moins la corde que le nœud de chaise et préserve ainsi ses qualités. J’ai appris sur le blog qu’il est aussi appelé nœud de Savoie, suite à l’ordre du lacs d’amour institué par le comte de Savoie en hommage à un bracelet tressé des cheveux de son épouse.   

Voilà pourquoi cette corde représente l’amour fraternel qui unit tous les maçons de la loge et les relie à tous les frères de la terre : il n’y a rien de plus simple qu’un amour infini pour établir une relation durable et solide. Nous voici donc sécurisés par la cordelière au dessus de nos têtes, et que l’on retrouve sur le tableau de loge,  qui créer un espace protecteur fermé. Elle tisse un lien entre la terre et l’espace qui ne cesse de nous apprendre sur nous-même, comme nous le rappelait le diaporama de notre Très Vénérable Frère Bernard R.. Cette barrière est constituée par le symbole de l’amour. Et ainsi rassurés par cet amour, nous travaillons pour un monde meilleur.

Au centre de cet espace se trouve le Tableau de Loge sur lequel je vois la cordelière mais aussi la perpendiculaire du Second Surveillant au septentrion. Il y a 7 marches ; je n’en ai gravi que 3 à mon initiation. Je ne suis resté qu’à l’extérieur de ce temple. Je retrouve le soleil, la lune et l’équerre, bijou du Maître de la Loge, les trois lumières, ainsi que les 3 chandeliers autour du tableau. Il y a surtout la Pierre Brute que je vais travailler, polir et gravir ainsi les autres marches. Les 3 fenêtres disposées aux heures clefs, l’ouverture, la fermeture et au milieu notre travail sont en face moi ; le temps les traverse au cours de chaque tenue, temps de réflexion pour ce travail.

 

Conclusion 

Il est nécessaire de se savoir ignorant pour apprendre. Forts de ces nouvelles connaissances nous forgeons notre avenir et progressons plus sereinement en nous épaulant.

Le chemin du maçon commence lorsqu’il reçoit la lumière ; il va travailler dans la vertu, pour polir la pierre sans relâche. Chacun progressera à sa façon, fidèle à nos valeurs, sur une route qui n’a pas de limites. J’ai commencé en montant les 3 marches pour la première fois.

Jules Lachelier, agrégé de lettres, major à l’Ecole Normale Supérieure et professeur de philosophie a écrit : « on ne peut partir de l’infini, on peut y aller ». Alors allons-y tous ensembles mes frères !

 

J’ai dit Très Vénérable.

F:. Charles T.

 

Commentaire par mail à l'adresse tvfbb... figurant ci-dessous

*

"Trois Pas en Loge bleue"

La référence indispensable pour pratiquer le Rite Français

Le livre est disponible chez son auteur TVF BB au prix de 20 € + 5 € de frais de port. Pour le commander, envoyer un mail à l'adresse figurant sur le bandeau ci-dessous

786ème article

 

Partager cet article
Repost0
RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Rite Français
14 janvier 2018 7 14 /01 /janvier /2018 12:06

Quel est donc ce mot maçonnique dont il semblerait que la prononciation soit sujette à variation ? Vos commentaires seront les bienvenus. A vos claviers.

 

Réponse par mail uniquement, discrétion oblige,

à l'adresse tvfbb... figurant ci-dessous

*

"Trois Pas en Loge bleue"

La référence indispensable pour pratiquer le Rite Français

Le livre est disponible chez son auteur TVF BB au prix de 20 € + 5 € de frais de port. Pour le commander, envoyer un mail à l'adresse figurant sur le bandeau ci-dessous

784ème article

Partager cet article
Repost0
RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Rite Français
16 septembre 2017 6 16 /09 /septembre /2017 10:09

"L'une des particularités du rite maçonnique réside dans le fait que toute action des membres de la communauté, tout positionnement des objets dans le temple, est porteur d'information et de sens. Chaque chose est à sa place [...], et une telle distribution garantit la cohérence d'une totalité harmonieuse".

Céline Bryon-Portet, « Le principe de triangulation dans les rites maçonniques », Communication, Vol. 27/1 | 2009, 259-277.

*   *   *

La Loge (espace) est une représentation de l'Univers, Univers qui est, depuis la création, organisé, cohérent et harmonieux. La disposition de la Loge répond à cette représentation en respectant strictement les mythes fondateurs et la symbolique propres au rite pratiqué en particulier par la présence de la veilleuse sur l'autel du Vénérable et le positionnement des grands chandeliers, spécifiques du rite français.

Les Frères, qui constituent la Loge, sont répartis, placés, dans cette espace avec le même souci de cohérence et d'harmonie.

La place des officiers est parfaitement définie et ne pose guère de problèmes même si certains d'entre nous s'interrogent sur la place actuelle des experts qui  a évolué au fil  du temps !

Par contre, la place des autres FF:. n'est pas toujours bien connue et nous observons parfois quelques bizarreries.

Le placement des FF:. dans la Loge est de la responsabilité exclusive du Maître des Cérémonies qui doit veiller à ce que chacun soit à sa place avant l'entrée du Vénérable. Chaque F:. doit respecter les directives du MdC qui n'obéissent qu'au strict respect du rite.

Dans la disposition de la Loge, les places ne sont jamais honorifiques (les métaux sont restés sur le parvis), elles ne répondent qu'aux préoccupations énoncées plus haut.

- Les Apprentis sont sur la colonne du Nord, au deuxième rang, jamais au premier.

- Les Compagnons sont sur la colonne du Midi au deuxième rang, jamais au premier.

- Les Maîtres sont répartis, de façon équilibrée, au premier rang de la Colonne du Nord et de la colonne du Midi. Ils ne se mettent jamais au deuxième rang.

- Les Maîtres installés sont à l'Orient, à la gauche du Vénérable, sous le soleil et la fenêtre située à l'Orient, jamais à droite coté Lune. Ils sont garants de la Tradition et de sa transmission.

voir le plan ci-dessous

Places

Bibliographie

Rituel d'apprenti, selon le Régulateur du maçon, Rite français, Edition GLNF, 2004

TVF BB, Trois Pas en Loge Bleue, VT4C, Clermont-Ferrand, 2016

article # 780

*     *     *

"Trois Pas en Loge bleue"

Un guide indispensable pour bien commencer la nouvelle année maçonnique.

Le livre est disponible chez son auteur TVF BB (Bernard B.) au prix de 20 € + 5 € de frais de port. Pour le commander, envoyer un mail à l'adresse figurant sur le bandeau ci-dessous

 

Partager cet article
Repost0
RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Rite Français
5 septembre 2017 2 05 /09 /septembre /2017 13:05

Il est midi Très Vénérable,

Je sais qu'il est midi parce que, Maître bâtisseur accompli, j'ai appris la façon de calculer et l'art du trait qui  me permettent de réaliser des cadrans solaires. Je connais donc la Gnomonique.

G comme...

GNOMONIQUE

S. f. c'est l'art de tracer des cadrants au soleil, à la lune, et aux étoiles, mais principalement des cadrants solaires, sur un plan donné ou sur la surface d'un corps donné quelconque.

Écrit par Jean le Rond d'Alembert - Encyclopédie 1757 (orthographe d'origine)

Lire à ce propos l'excellent article de Jean-Michel Mathonière dont voici un extrait :

« Il ne faut en effet pas oublier que ces magnifiques cadrans solaires qu'affectionnent le clergé et la noblesse de cette époque sont finalement réalisés par des tailleurs de pierre. Ils s'y intéressent donc et il est assez probable, vu leurs connaissances en géométrie et en descriptive, que certains d'entre-eux sont en mesure de réaliser les calculs nécessaires pour les concevoir et en proposer la réalisation à leurs riches commanditaires. »

Jean-Michel  Mathonière, Polyèdres en pierre, gnomonique et compagnonnage, 30 juillet 2010

Lire l'article complet sur le blog "Compagnons et Compagnonnages" Ici

Illustration extraite de l'Encyclopédie de 1757, article Gnomonique

article # 779

*     *     *

"Trois Pas en Loge bleue"

Un guide indispensable pour bien commencer la nouvelle année maçonnique.

Le livre est disponible chez son auteur TVF BB (Bernard B.) au prix de 20 € + 5 € de frais de port. Pour le commander, envoyer un mail à l'adresse figurant sur le bandeau ci-dessous

Partager cet article
Repost0
RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Rite Français
11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 12:42

article # 776

 

*     *     *

"Trois Pas en Loge bleue"

Un guide indispensable pour bien commencer la nouvelle année maçonnique.

Le livre est disponible chez son auteur TVF BB (Bernard B.) au prix de 20 € + 5 € de frais de port. Pour le commander, envoyer un mail à l'adresse figurant sur le bandeau ci-dessous

 

Partager cet article
Repost0
RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Rite Français

Le Rite Français

  • : Le Blog du Rite Français
  • : Des fondamentaux, des usages, de la symbolique et du sens du premier Rite maçonnique
  • Contact

Librairie

Voir ci-contre,

à la suite de l'article du jour

Rechercher

Pages

Catégories

Liens Sites À Visiter