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17 juin 2020 3 17 /06 /juin /2020 16:48

L'épidémie virale nous a fait mettre la vie en Loge entre parenthèses. L'impérieuse nécessité de ralentir la diffusion du virus a entrainé la fermeture de toutes les Temples maçonniques. Les FF. ont eu la possibilité de se retrouver de façon informelle grâce aux visioconférences afin de maintenir un lien fut-il virtuel.

Interrogé sur l'organisation de Tenues virtuelles, le TVF J.-L. M. apporte une réponse claire et nette. Nous vous la livrons ci-dessous en le remerciant vivement de nous avoir donné l'autorisation de publier son texte.

Il est évident que la FM « opérative », celle qui construit réellement des cathédrales, ne peut être « virtuelle » ; cependant, on aurait pu s’attendre à ce qu’il soit possible de réaliser des « visio-tenues » virtuelles par les moyens informatiques dont on dispose à notre époque.

Pourtant la FM spéculative, symbolique,  «  virtuelle » n’existe pas et toute tentative de créer des tenues maçonniques à distance est interdite par le TRF J.-P. R., GM de la GLNF.

Pourquoi ?

C’est la question à laquelle je vous propose de répondre ensemble.

Cette question m’a paru liée à celle de savoir pourquoi au XXIéme siècle la FM utilise des gestes, des postures, des rituels imitant les Francs-Maçons dits « opératifs », constructeurs des cathédrales du Moyen Age ?

Une tentative de réponse à ces deux questions est peut-être possible en explorant comment le corps et l’esprit fonctionnent ensemble.

L’expérience de la vie nous montre que la connaissance du monde provient de notre expérience :

On ne peut savoir ce qu’est la fraternité, idée abstraite, que si on expérimente des comportements fraternels.

La FM dite « spéculative » du XVIIIéme siècle ne s’est pas trompée en proposant une expérience originale d’imitation des bâtisseurs du Moyen Age pour « faire d’un homme bien, un homme meilleur », et surtout pour se sortir du piège des violences religieuses et politiques de l’époque (et qui n’ont malheureusement pas disparues à la nôtre).

En proposant d’expérimenter des comportements non conflictuels à des personnes qui étaient étrangères les unes aux autres, la FM change notre représentation du monde.

L’expérience originale proposée par la FM est donc celle d’imiter ces bâtisseurs qui se servaient d’abord de leurs 5 sens et de leur mémoire pour transformer leurs conceptions de la vie et celle de la société.

Bien avant, Les Maçons « opératifs » avaient pris comme modèle les bâtisseurs bibliques du Temple du Roi Salomon.

On prête aux bâtisseurs du Moyen Age des comportements fraternelles d’entre aides en cas d’accident ou de besoins et surtout d’indépendance par rapport aux deux autorités prédominantes de l’époque : l’Eglise et le pouvoir seigneurial, la religion et la politique.

La « Loge », accolée au chantier de la cathédrale est leur lieu réservé et fermé à ceux qui ne sont pas maçons :  ils pouvaient s’y réunir en toute indépendance vis-à-vis des autorités religieuses et politiques  du temps.

En loge ils faisaient aussi l’expérience de la transformation de la matière, de la pierre, ils réalisaient des plans d’architectures qui seront soumis le lendemain à la réalité : la voûte tiendra-elle ou risque-t-elle de s’effondrer ?

L’expérience de la vie est leur seule source de connaissance :

en taillant la pierre brute, c’est le bruit du maillet à dégrossir, la sensation des vibrations dans le bras, la vue de la transformation progressive de la matière, le gout et l’odeur de la poussière qui transforme l’Apprenti en Compagnon.

L’expérience d’étapes successives est indispensable à la progression de l’homme et la FM spéculative procède de la même façon concrète :

On doit faire l’expérience de l’Initiation avant de devenir Apprenti, du Passage avant de devenir Compagnon et de l’Elévation avant de devenir Maitre.

 Pour devenir Compagnon ou Maitre, il nous faut tailler notre pierre en apprenant notre rituel.

L’effort de mémoire agit comme une expérience originale indispensable à notre changement et ne se limite pas aux mots du rituel mais aussi aux gestes, postures, attouchements, comportements spécifiques à chaque grade et qui seront répétés en séances dites d’« instructions » (ou de répétitions) et bien sûr en tenues régulières réelles et non pas «  virtuelles ».

En effet, l’expérience de la tenue ne s’improvise pas parce qu’elle est rituelle, reproductible, et qu’elle nous engage complètement corps et esprit.

Cette expérience de mémoire associant le corps et l’esprit est le fondement de la FM « spéculative » et durera toute notre vie de Francs-Maçons quel que soit notre grade ou notre fonction.

Comment l’expérience réelle des tenues maçonniques peut-elle changer ainsi notre représentation du monde ?

La construction de la conscience commence à être maintenant assez bien connue par l’imagerie cérébrale et par les sciences anthropologiques qui montrent l’importance de l’imitation des modèles de comportements efficients, ceux qui transforment nous-mêmes et le monde.

En effet l’expérience a bien montré que les changements durables de la société ne pouvaient se réaliser que par l’addition des changements individuels de chacun de ses membres.

Le Mahatma Gandhi l’a parfaitement exprimé en disant : « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ».

Cette réalité est reprise par le Point 4 de la Règle en 12 points de la GLNF :

« La FM vise, par le perfectionnement moral de ses membres, à celui de l’Humanité tout entière ».

Le cerveau est capable de transformer les données brutes de nos 5 sens et de les associer à la mémoire et aux émotions. Il en résulte ce que nous appelons la « conscience », c’est-à-dire une représentation cohérente du monde qui pourra lui donner du sens. Cette représentation nous est nécessaire non seulement pour notre survie mais aussi pour ordonner notre vie personnelle et en société.

En transposant à la FM on montre ainsi que notre expérience répétitive des tenues régulières, dans un environnement fermé et sécure, en faisant appel à notre mémoire et aux différents symboles, permet à notre cerveau de construire une représentation fraternelle du monde sans avoir besoin de faire appel ni aux représentations religieuses ni aux représentations politiques du monde.

Il ne faudrait pas oublier aussi le rôle très important de la musique en loge. C’est un langage émotionnel universel, pour construire un état de conscience apaisé et ouvert aux autres : la musique est peut-être l’exemple le plus évident pour comprendre l’impossibilité de dissocier corps et esprit, sens et conscience.

Le Maitre d’Harmonie de la Loge n’embellit pas les Tenues, il est à la source même des émotions qui participent à la l’expérience de la conscience.

La FM est donc tout à fait originale et moderne (dès le XVIIIéme siècle) en rejetant constitutionnellement en son sein les controverses religieuses et politiques (point 6 de la Règle en 12 points de la GLNF) et en nous faisant vivre une expérience originale plutôt que d’essayer de transmettre des soi-disant « connaissances » abstraites .

L’imitation, le mimétisme, est le moyen utilisé par la FM pour nous transformer et nous faire vivre des comportements fraternels et non plus conflictuels.

On connait les « gênes » qui agissent comme des réplicateurs capables de reproduire nos cellules à l’identiques, mais la notion de « mêmes » est moins connues.

Qu’est-ce qu’un « même » ?

La définition proposée par ceux qui utilisent ce terme est : « un élément de culture dont on peut considérer qu’il se transmet par des moyens non génétiques (allusions aux gênes par rapport aux mêmes) mais par imitation » ;

Les « mêmes » seraient apparus d’après les anthropologues il y a environ 10.000 ans chez Homo Sapiens uniquement (disparition de Neandertal), qui les utilisera pour la construction des maisons, des cités, de la société, de la civilisation.

Si nous imitons les FM opératifs, les « vrais bâtisseurs », c’est pour pouvoir permettre aux « mêmes » utilisés par ces bâtisseurs de se répliquer en nous et nous transmettre ainsi leur « élément de culture ».

L’« élément de culture » des maçons opératifs est contenu dans leurs organisation : la loge est un lieu sécure et séparé du monde « profane », celui de ceux qui ne sont pas Maçons.

Ils devaient aussi assurer par eux-mêmes le secours de ceux qui ne pouvaient plus travailler et de leurs familles : ils ont inventé le trésor de la Loge, le « tronc de la veuve », l’OAF.

En les imitant nous permettons aux « mêmes » comportementaux des anciens bâtisseurs de se répliquer en nous pour changer nos attitudes et nos comportements et prendre les leurs.

Mais cette réplication ne peut se faire que par la répétition régulière des « mêmes rituels » de façon rigoureuse au cours de cérémonies réelles en un lieu et un temps dédiés.

Une « tenue virtuelle » ne peut donc évidemment pas être efficace : il faut la Loge et ses décors, nos gants et nos tabliers, notre musique, et nos rituels.

Ainsi, et par l’expérience du corps et de l’esprit indissociables, la FM nous fait faire un « pas de côté » par rapport aux passions du monde profane, elle nous enseigne un bien précieux, celui de se comporter en « Frères » et c’est une vraie source de bonheur.

Le bonheur de se retrouver réellement ne peut se comparer à aucune autre réalité, en tout cas pas à celle des « visio-tenues » informatiques…

T. V. F.  J.-L. M.

Vos commentaires par mail à l'adresse tvfbb@... voir ci-dessous

833ème article

 

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Rite Français
29 janvier 2020 3 29 /01 /janvier /2020 15:52

Il est de tradition d'utiliser en Loge un calendrier particulier différent de celui qui prévaut dans notre vie quotidienne au-delà de la cordelière à houppes et lacs d'amour.

Un de nos mythes fondateurs fait remonter l'origine de la Maçonnerie à la création du monde selon la tradition de la Genèse.

Année du Monde 1, 4003 avant J.C.,

ADAM, notre premier ancêtre, créé à l'image de Dieu, le Grand Architecte de l'Univers, dut avoir les Sciences libérales, particulièrement la Géométrie, inscrites dans son cœur, car depuis la chute même, nous trouvons ces principes [inscrits] dans le cœur de ses descendants, lesquels principes, au cours des temps, ont été exposés [...]

Constitutions d'Anderson - Histoire

Cette datation se base sur les recherches d'un théologien calviniste James Ussher (cf encadré en infra).

L'ère maçonnique s'ouvre donc 4000 ans avant Jésus Christ, c'est ce que nous appelons l'Année de la vraie lumière (AVL), Anno lucis.

Il convient donc, pour obtenir l'année de la Vraie Lumière, d'ajouter 4000 ans au millésime de l'ère chrétienne.

Par ailleurs l'année de la vraie lumière commence avec le premier signe du zodiaque, le Bélier au mois de mars, et se termine avec le douzième, le Poisson en février.

Par principe nous n'utilisons pas le nom des mois mais leur quantième.

Formulation :

Le 17 février 2020 est le 17ème jour du 12ème mois de l'AVL 6019.

Le 2 mars 2020 est le 2ème jour du premier mois de l'AVL 6020.

RF BB - P.P. GLPA

828ème article

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Rite Français
5 janvier 2020 7 05 /01 /janvier /2020 21:31

Nous avons le grand plaisir de vous informer du réveil de deux Loges travaillant au Rite Français dans la Province de Bretagne

Tenue de Réveil des Respectables Loges

AR C' HREIZ N° 385 à l’Orient de  Saint Brieuc

LA BLANCHE HERMINE N°1539 à l'Orient de Lorient

Travaillant au Rite Français

le Samedi 11 janvier 2020 à 10 heures 00 très précises

Au cours de cette Tenue seront installés :

# le T:.R:.F:. J:.-L:. T:. en tant que Vénérable de la R:.L:. Ar C'Hreiz

le  T:.V:..F:. G:. M:. en tant que Vénérable de la R:.L:. La Blanche Hermine

ainsi que leurs Collèges d'Officiers.

___________________

Tous renseignements auprès de notre F:. G:. M:. Précepteur Provincial du Rite Français de la Province de Bretagne

Vos courriers par mail à tvfbb à l'adresse habituelle :

827ème article

 

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Rite Français
20 novembre 2019 3 20 /11 /novembre /2019 11:27

Pour tout renseignementt sur cette ouvrage s'adresser à l'auteur à l'adresse habituelle ci-dessous :

 

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Rite Français
20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 15:14

Mozart en Loge, tableau réalisé par un auteur inconnu vers1790, Musée de Vienne. Mozart est assis en bas à droite à coté d'Emanuel Schikaneder, auteur du livret de "La flûte enchantée.

Suite ...

Un demi-siècle plus tard en Autriche, le 5 décembre 1784, le Secrétaire de la R\L\ Zur Wohlthätigkeit, La Bienfaisance, fait parvenir une invitation pour l’initiation du Kapellmeister Mozart aux LL\ sœurs de l’Or\ de Vienne. Mardi 14 décembre, Wolfgang Amadeus Mozart frappe à la porte de la maison tout près de chez lui, la maison « Zum rothen Krebsen » - Aux écrevisses rouges – ça ne s’invente pas !!! Il y reçoit la lumière comme apprenti franc-maçon au rite de la Stricte Observance ; ancêtre du Rite Ecossais Rectifié. Un mois plus tard, le 15 janvier 1785, il dédicace et interprète à son ami compositeur et frère Joseph Haydn, son dernier quatuor à cordes. C’est une répétition générale. Mozart est à l’alto, son père Leopold Mozart et Karl Ditters von Dittersdorf aux violons et Jean-Baptiste Vanhal au violoncelle. Pour la seule et unique fois de ses 23 quatuors, il commence par un mouvement lent, adagio, inquiet, sombre, ténébreux, dissonant, en ut mineur. Avec ses 3 bémols à la clef, il ouvre une porte, celle de la franc-maçonnerie pour atteindre la grâce, l’allégresse, cet allegro apaisé, lumineux, solaire, consonnant en UT Majeur, la tonalité de Dieu.

 « La Franc-Maçonnerie est une Fraternité initiatique qui a pour fondement traditionnel la foi en Dieu, Grand Architecte de l’Univers ».

Passer de la dissonance à la consonance est la première règle en harmonie. Le soir même du 15 janvier 1785, pour la R\L\ La Bienfaisance, voici la première entre frères du Quatuor des Dissonances. Le B\A\F\ Mozart taille une colonne d’harmonie inégalée dans l’histoire de la musique et livre de sublimes impressions d’initiation.

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) > Quatuor en Ut Les dissonances >  Adagio-Allegro  > 2’55’’

« Mes pareils à deux fois ne se font point connaître,

Et pour leurs coups d’essai veulent des coups de maître. » (Corneille > Le Cid)

Et des coups de maître, en lien avec notre franc-maçonnerie, le Frère Wolfgang en composera jusqu’à l’Orient Eternel ; le trio des quilles, la musique funèbre maçonnique entre autre, ou ses trois dernières œuvres, l’aristocratique Clémence de Titus, la populaire Flûte enchantée et le divin Requiem.

Vous l’aurez compris mes FF\, si d’aucuns pensent que la musique n’a pas sa place dans nos tenues, elle apparaît la première fois en 1723, dans le chansonnier en annexe des constitutions d’un certain Anderson. Il reste alors tant et tant à chercher et à découvrir. Prenez un exemple : Outre qu’ils étaient musiciens, quel point commun existe-t-il entre Mozart père et fils, Haydn, Guénin, Boieldieu, le Chevalier de St-George, Johann Christian Bach, Rouget de L’Isle, Liszt, Wagner, Verdi et plus près de nous Sibelius, Gershwin, Copland, Barber, Nat King Cole, Louis Armstrong, Duke Ellington, Count Basie, John Coltrane, Lionel Hampton ? Bien sûr la liste n’est pas exhaustive. Je vous laisse chercher !

Pour conclure, la colonne d’harmonie, dont le terme apparaît en 1840 dans les registres du G\O\D\F\ est une colonne invisible.  Pas de rituel pour rigidifier son socle, pas d’ordre pour classifier sa forme, juste la liberté ; la liberté de chaque maître, compagnon ou apprenti au pupitre, pour laisser la force du langage universel nous entourer, porter la beauté de nos tenues et chercher dans la sagesse de l’expression, de l’interprétation, de notre propre intérieur, la voix du cœur, cet égrégore, ce chant que St-Grégoire le grand nous a légué par ces mots : « La musique élève les âmes vers Dieu ».

Et c’est bien Dieu et les anges qui doivent être charmés après avoir reçu la soprano qui a bercée mon enfance ; Bon voyage Madame Jessye Norman, votre si belle voix restera immortelle…

Anonyme populaire écossais ou irlandais  > Amazing Grace >  Jessye Norman  > 3’18’’

Jérôme V:.

Pour les FF:. de la R:.L:. Michel-de-L’Hospital à l’Orient d’Aigueperse

Le 30ème jour du 7ème mois de l’A:.V:.L:. 6019

 

Références discographiques

 

1- Hymne grégorien à St-Jean-Baptiste / Youtube > interprété par Janton

2- Goudimel / psaume XL / Après avoir constamment attendu / CD Harmonia Mundi > Psaumes de la réforme par l’Ensemble Clément Janequin

3- Bach / Joannes-Passion / Choral : O grosse Lieb, o Lieb ohn alle masse / CD DHM > St John’s Passion par la petite bande

4- Rameau / Les Indes Galantes / Entrée des Incas du Pérou / Air de Huascar / CD Harmonia Mundi > Les Indes Galantes par Les Arts Florissants

5- Mozart / Quatuor en Ut Les dissonances /  Adagio-Allegro / CD Naïve > Les six quatuors dédiés à Haydn par le quatuor Cambini

6- Anonyme populaire écossais ou irlandais / Amazing Grace /  CD Philips > Airs sacrés par Jessye Norman

___________________________________

Les indispensables du Rite français

Trois Pas en Loge Bleue, Usages et Fondamentaux - Tome I

Rite Français, Sens et Symbolique - Tome II

Disponibles chez l'auteur, voir adresse ci-dessous

822ème article

 

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Rite Français
18 septembre 2019 3 18 /09 /septembre /2019 16:21

A la suite du tome I "Trois Pas en Loge Bleue" sur les fondamentaux du Rite français,  nous avons le plaisir de vous informer de la parution du tome II consacré à la symbolique du même rite, sous le titre : "Rite Français, Sens et Symbolique"

 

« Dans ce deuxième opus sur le Rite Français, l'auteur s’est attaché à décrypter le sens des Tenues. Il nous propose par ailleurs une analyse verset après verset, du Prologue de l’Evangile selon saint Jean, avant d’aborder l’ésotérisme de la cérémonie de réception au premier grade. Il nous révèle comment il a découvert la symbolique maçonnique et en particulier celle de son Rite préféré. »

 

L'ouvrage est préfacé par le TRF GMP d'Auvergne.

Il est disponible chez l'auteur.

Tous renseignements auprès de l'auteur à l'adresse habituelle :

820ème article

 

 

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Rite Français
21 novembre 2018 3 21 /11 /novembre /2018 09:50
 
III - Nombre 7
Traçons J, centre du cercle circonscrit au triangle ABC ;
nommons le C3 ; traçons l’heptagone à partir de ces 4 points, 
nommé KLMNOPQ, où K est l’intersection de C3 avec la médiane ;
l’heptagone est bien sûr inscrit dans C3 ; K est B ; NO est le mur occidental.
 
3, 5, 7 : les nombres de la loge et la construction du mur de l'occident par lequel nous rentrons.
NB : J est bien sûr le centre du cercle circonscrit au triangle équilatéral ABC et à l’heptagone KLMNOPQ 

à suivre ...

Merci à notre F:. Ch. O. T.

_______________________________

Nous contacter :

Pour nous envoyer un message (commentaire, question, remarque, etc.), merci de ne jamais utiliser le lien " contact " figurant en bas de la page, il ne fonctionne pas.

Veuillez tout simplement envoyer un mail à l'adresse de tvfbb figurant sur le bandeau ci-dessous : 

Indispensable pour connaître les usages et les fondamentaux,

le vademecum du Rite Français : 

"Trois Pas en Loge bleue"

Pour commander cet ouvrage, envoyer un mail à l'adresse ci-dessus

*

811ème article

 

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Rite Français
10 juin 2018 7 10 /06 /juin /2018 12:37

Travail d'un Compagnon qui, sur proposition du Premier Surveillant, se prépare à subir les épreuves pour être élevé au sublime grade de Maître maçon.

Travail présenté devant les Maîtres de la R:. L:. Trusatiles (Rite Français).

 

A la gloire du Grand Architecte de l’Univers, Très Vénérable et vous tous mes Bien Aimés Frères, je vais vous dire ce que j’ai trouvé sur la colonne du Midi.

 

Après avoir changé de colonne, j’ai découvert de nouvelles perspectives du temple et mon œil a été attiré par le bijou du premier surveillant : le niveau.

Avec le fil à plomb du deuxième surveillant je me suis verticalisé ; cette verticale est la conscience de soi, permettant ensuite la connaissance de soi. Je me suis déplacé au sud et j’accède à cette nouvelle dimension horizontale. L’horizon. Quelles questions se posent au loin ? Quels nouveaux outils peuvent m’aider à travailler ? Et quel chemin ai-je parcouru ?

 

Profane

 

Nous sommes tous restés immobiles, un peu interdits, devant cette ligne du lointain. Julien Gracq écrit dans les Carnets du Grand Chemin : « Rarement je pense au Cézallier, à l’Aubrac, sans que s’ébauche en moi un mouvement très singulier qui donne corps à mon souvenir : sur ces hauts plateaux déployés où la pesanteur semble se réduire comme sur une mer de la lune, un vertige horizontal se déclenche en moi qui, comme l’autre à tomber, m’incite à y courir, à perte de vue, à perdre haleine ».

J’y ai pour ma part recherché spontanément la sérénité. En ville, l’horizon est difficile à voir. C’est peut-être la raison pour laquelle les tourments de la vie, les errances personnelles, les questions sur l’avenir - et les peurs qui vont avec - m’envoyaient dans des promenades solitaires en campagne qui m’apaisaient. Il y avait le silence, le rapport avec la nature sauvage, mais aussi cette ligne au loin, qui mourait derrière à mesure qu’une nouvelle naissait devant moi. Ce « vertige horizontal » était une véritable thérapie.

            Que l’on cherche à atteindre cette ligne et l’on finira par arriver sur un littoral. Si les promenades en campagne sont sources de calme, l’océan est chez moi un rêve d’aventures. Je n’ai jamais imaginé gravir l’Everest, mais que de navigations transocéaniques n’ai-je réalisées dans mon imaginaire. Immobile devant les rouleaux se brisant sur les rochers, je reste des heures entières sans vraiment savoir pourquoi, hypnotisé.

            Cette ligne d’horizon a obsédé les peintres. A travers la bibliographie que m’a donnée Bernard, c’est le dessin qui m’a fait réfléchir. Les différents paysages maritimes de Courbet ont des points communs : le ciel est menaçant, la mer hostile - Cézanne dira que « sa marée vient du fond des âges » -, et il existe au premier plan une déferlante dont le sommet vient au contact de la ligne d’horizon, la dépassant parfois. Il semble que la noirceur du ciel soit accordée à la violence de la mer et que cette vague nous pointe l’horizon.

            En essayant de comprendre tout ce qui a pu m’arriver depuis des années face à cet horizon, je retrouve la définition du Littré : « ligne circulaire, variable en chaque lieu, dont l’observateur est le centre et où le ciel et la terre semblent se joindre ». Je suis le centre d’un monde sensible. Il y a mes craintes, mes joies, mes peurs ; je construis des plans sur l’avenir, essaie de trouver des solutions, et arrive à gérer les émotions qui me submergent. C’est mon moi intérieur, mélange de quotidien concret et de tempêtes de sentiments. Mon corps.

J’essaie d’avancer encore, d’aller toucher cette ligne de fuite. Je m’imagine en bateau au large.  Il n’y a plus de terre ; seulement le ciel et la mer. Je visualise le cercle qui se déplace autour de moi. Comment mes nouveaux outils peuvent-ils m’aider ?

La Vague, Gustave Courbet, 1869/1870

 

Symbolique (étoile, 5, G / pierres)

 

Selon le rituel du compagnon, l’Etoile flamboyante est l’« emblème du génie qui élève aux grandes choses …/… le symbole de ce feu sacré, de cette portion de lumière divine ». La lettre G en son centre est le « monogramme d’un des Noms du Très Haut …/…résulte de ce qu’on explique par le mot Géométrie».

Voilà le cœur du sujet pour moi. Il se trouve que, passionné d’architecture, je m’amuse à dessiner des maisons depuis 30 ans. De la forme extérieure aux matériaux de construction, tout ce qui concerne la construction me captive. Avant mon augmentation de salaire, j’ai travaillé pendant des mois sur un plan de maison pentagonal (qui est le coeur de l’étoile, chacune des branches naissant sur chaque côté). C’est passionnant : on retrouve de nouveaux repères dans cette figure très rationnelle et très complexe où les proportions d’or sont omniprésentes. Après des mois de dessin j’avais toujours l’impression d’en être aux balbutiements. La géométrie atteint là une dimension divine.

Au milieu de l’océan, le marin imaginaire que je suis utilise la vue : je navigue grâce aux étoiles et au sextant. Faute de repères terrestres, c’est le ciel qui me guide. J’ai conscience de cet horizon qui apparaît : c’est un futur parmi plusieurs possibles.

     La somme de ces possibles me dépasse ; je ne les vois pas tous. Je n’ai pas le temps terrestre nécessaire pour tous les explorer, car ce temps terrestre est par essence limité.

Pourtant, l’observation des étoiles nous permettra d’établir un calendrier perpétuel. Et l’étoile, symbole d’infini, établira ainsi des cycles dans notre vie.

     En voyant le ciel et la terre qui se rejoignent, On me dit donc ce que je ne sais pas, On me montre l’invisible. J’explore mon inconscient, et je comprends que l’éternité est céleste.

Le livre transmis par Philippe lors de mon passage au grade de compagnon m’a permis d’approfondir mes connaissances. Le pentagone est inscrit dans un cercle ; en dessinant les rayons des 2 extrémités d’un côté et du sommet opposé on obtient un gamma, lettre grecque correspondant au hiéroglyphe égyptien sekhenet, signifiant « pilier du ciel », qui porte la treille de la vigne et le mât transversal du pavillon d’Anubis. La forme même de la lettre remplit cette fonction de soutien (alors que le gamma majuscule a une forme d’équerre).

Selon la Kabbale, les 2 branches représentent d’un côté la rigueur, la droiture et de l’autre l’amour, la générosité. Ces valeurs sont complémentaires : il y a le réfléchi et le spontané, le rationnel et l’émotionnel. Elles nous permettent de vivre pleinement notre destin et ainsi de rayonner.

On retrouve aussi ces cinq côtés dans les rosaces des vitraux de nos cathédrales, à travers lesquels les rayons du soleil illuminent l’intérieur de l’édifice. D’une autre manière on peut y voir le lien entre le céleste divin et le terrestre mortel.

Le g est le symbole de la gravité terrestre qui nous fait tenir debout, vertical sur terre. Celui-ci me rappelle mon précédent travail sur cette verticale qui permet à l’homme de progresser dans la connaissance et de s’élever. L’étoile flamboyante, c’est l’homme libre et accompli, remplissant ses devoirs, qui reçoit la lumière divine guidant ses pas.

J’ai dégrossi, poli la pierre brute, et suis arrivé à la pierre cubique « symbole des soins que se donne l’homme vertueux pour effacer les traces que le vice a faites sur lui ». Elle est surmontée d’une pointe qui a la forme d’une pyramide égyptienne.

Imaginons la forme de la figure de pliage nécessaire pour réaliser cette pierre cubique à pointe. Il y a un carré long positionné dans le sens de la hauteur (comme la nef d’une église), puis horizontalement 3 carrés côte à côte (figurant un transept), et enfin un pentagone surmontant l’ensemble (le chœur) qui apparaît sur cette figure dépliée.

Le cheminement du compagnon serait donc d’arriver à la lumière divine, de mieux la comprendre, quand l’apprenti ne la reçoit qu’en étant passivement ébloui.

 

Personnel

 

            Je vois un peu du chemin spirituel parcouru dans cette citation de Benjamin Constant : « Il n’y a personne, je le pense, qui, laissant errer ses regards sur un horizon sans bornes, ou se promenant sur les rives de la mer que viennent battre les vagues, ou levant les yeux sur le firmament parsemé d’étoiles, n’ait éprouvé une sorte d’émotion qu’il lui était impossible d’analyser ou de définir. On dirait que des voix descendent du haut des cieux, s’élancent de la cime des rochers, retentissent dans les torrents ou les forêts agitées, sortent de la profondeur des abîmes. »

            Cet horizon derrière lequel on veut aller voir est en fait un miroir permettant d’apprendre à nous connaître et qui nous permet de nous élever. Compagnon aujourd’hui, je me revois le jour de mon initiation dans la chambre de réflexion face au V.I.T.R.I.O.L. : au delà des références alchimiques, c’est le vrai sens de tailler la pierre brute que je comprends mieux.

            Visita : visite ; on m’intime l’ordre de rechercher, d’examiner avec les sens en éveil, car il va être nécessaire de faire un premier lourd travail.

Interiora Terrae : l’intérieur de la Terre ; on se retrouve plein d’humilité face à notre Créateur, et j’entends « Souviens-toi que tu es né poussière et que tu redeviendras poussière ». Il faut mourir profane avant de naitre maçon en recevant la lumière.

Rectificando : en rectifiant ; on doit se corriger, travailler, se débarrasser de nos préjugés et de nos passions pour nous améliorer.

Invenies : tu trouveras ; c’est une affirmation rassurante. Devant la violence de l’ordre une solution nous est promise.

Occultam Lapidem : la Pierre Cachée ; morceau de la Terre qui n’est initialement pas visible. Ce serait la Pierre Philosophale, la Vérité : une entité divine sans défauts.

            Mais, dans notre ordre, cette maxime doit-elle déjà figurer face au futur initié ?

           Il s’agit donc d’une introspection. Ce voyage intérieur rejoint la sagesse de Socrate « connais-toi toi même ». Centré sur moi, je prends conscience de ce que je sais, mais surtout de l’infinie complexité de ce qui m’entoure et de tout ce que je ne sais pas. L’horizon me mets donc en relation avec le divin, et m’élève en me révélant l’existence du cosmique, abstrait et spirituel. Ainsi je corrige mes erreurs de comportement. La solitude est propice à la réflexion ; sans avoir conscience de tout ceci, la sérénité que je ressentais dans mes balades venait de ces ajustements. Mon esprit.

Il conviendrait peut-être d’élargir cette réflexion à l’humanité toute entière : c’est notre tâche de maçon de faire le bien pour autrui, de donner à la multitude pour améliorer l’humanité. Ce dialogue entre nous et le Grand Architecte nous guide dans ce travail de notre vie.

Il en retourne de l’évolution de l’homme ; percevoir le sens de l’horizon éviterait des guerres. S’imprégner de cette nouvelle dimension de l’horizon, c’est faire une expérience de l’Amour infini.

 

Conclusion

 

Initié, je me suis bien verticalisé,

Et puis j’ai contemplé immobile ce lointain ;

Grâce à la bienveillance et l’aide de mes ainés,

La réflexion m’humanise, me révèle le Saint.

 

Un océan de données me prend dans sa houle,

Je commence à voir ce monde horizontal ;

Beaucoup plus vaste, sa richesse infinie me saoûle.

Ces nouvelles vagues de Connaissance me portent, me salent.

 

Avec le fil à plomb et le niveau je sais

Construire l’équerre, bijou du Vénérable ; c’est

Mieux comprendre la Lumière de notre loge ; je vais,

Par cette bienveillance, continuer à progresser.

 

Par cet horizon d’explications qui construit

Mon esprit, je vois sous un autre angle ce quoi vers

Tout homme doit tendre : rassuré, apaisé, il vit

L’amour du Grand Architecte de l’Univers.

 

Patient et ferme j’ai bien ouvert la porte à l’heure,

Et, comme après chacune de ces denses réflexions,

Enrichi, je poursuis le voyage intérieur

Sentiment d’éternité, étrange impression !

 

J’ai dit Très Vénérable.

Crépuscule en bord de mer, Caspar David Friedrich, circa 1821

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