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10 mars 2020 2 10 /03 /mars /2020 14:27

Le 17 décembre dernier nous vous avions présenté les premiers éléments symboliques d'un tableau figurant dans un temple maçonnique portugais, sous le titre :

B et autres symboles sur pavé mosaïque.

 

***

Dans cet article, nous avions laissé de coté le quadrant supérieur droit de ce tableau, en particulier les éléments contenus dans le cercle bleu. Voir l'illustration ci-contre : flèche jaune.

 

***

 

Nous nous proposons aujourd'hui de poursuivre ce travail d'analyse à l'intérieur de ce cercle bleu afin de trouver quelques clefs de lecture, permettant d'en comprendre la symbolique.

 

Avertissement :

Nous sommes là dans un univers maçonnique qui ne répond pas aux fondamentaux du Rite français que nous avons l'habitude de vous présenter dans le cadre de ce blog. Mais nous devrions retrouver de fortes similitudes au niveau des éléments symboliques de base.

Cette partie du tableau représente la Loge, sous ses deux aspects :

1./ l'édifice dont les composants sont désignés par les chiffres de couleur jaune, bordés de noir sur l'illustration ci-dessus et signalés dans le texte en infra sous la forme (1).

2./ la Fraternité (les FF. qui constituent la Loge), dont les éléments sont identifiés par la lettre "α"de couleur jaune, bordée de rouge.

Elle comporte par ailleurs ce qui parait être une construction géométrique que nous étudierons en dernier lieu.

 

1./ L'édifice

 

La porte de la Loge :

Elle est matérialisée par les deux colonnes J (2) et B (1).

La colonne J est à l'intérieur de la Loge, du coté droit en entrant. Elle est figurée par un carré (symbole de la terre) car elle est surmontée d'un globe terrestre.

La colonne B, placée à gauche en entrant dans la loge, est figurée par un cercle (le ciel) car elle surmontée d'un globe représentant la voûte céleste.

Cette porte sépare le monde profane de l'espace intérieur de l'édifice appelé à être sacralisé (symbolique du seuil1). Le monde profane est donc situé en-dessous de la porte (d'où l'inscription : mondo profano).

 

Orientation de la Loge :

Au centre de la Loge est dessinée une Rose des vents à huit branches (3).

— La rose des vents répond à une symbolique qui remonte à l'Antiquité. Les quatre branches représentent les quatre points cardinaux permettant de s'orienter (de trouver la direction de l'Orient !), de tracer sa route, son chemin et d'éviter de se perdre. Elle figure le monde terrestre (profane). Les huit branches représentaient chez les Grecs, les huit vents : le Mistral, vent du Nord, Le Grecale du Nord-Est, le Levante venant de l'Est, le Marin du Sud-Est, le Scirocco soufflant du Sud, le Libeccio du Sud-Ouest, le Ponant de l'Ouest et la Tramontane du Nord-Ouest. (Symbolique de l'élément air)

Sur le tableau, cette rose des vents représente l'orientation de la Loge avant la sacralisation de son espace. La branche inférieure donne la direction du Nord, l'endroit sans lumière, le monde profane. La branche supérieure indique le sud, la source de la lumière (physique) sur la terre, d'où la mention luz accolée au S (sud).

L'axe la Terre (5) (Axxo da Terra) ou axe du monde, confirme que nous sommes encore dans le monde profane. Il est symboliquement  orienté SE-NW2 .

 

La sacralisation de l'espace modifie l'orientation de la Loge. Elle se traduit par une rotation de 90 ° (un angle droit3), dans le sens dextrogyre (sens des aiguilles d'une montre). Le sens de la rotation répond à une symbolique de création, naissance, vie. C'est la création d'un nouveau monde. Cette rotation provoque quelques modifications :

 

— l'Est prend la place du Sud. L'axe de la Loge qui était Nord-Sud devient Ouest-Est et se superpose à celui des équinoxes. Symbolique de l'équilibre lumière / ténèbres4. La lumière dans l'espace sacré ne vient plus du midi mais de l'Orient5.

 

— une bascule de l'axe du monde mais qui demeure toujours SE-NW, rappelant ainsi que l'espace sacré créé reste inscrit dans un univers orienté et organisé. Sur cet axe seront positionnés deux des trois piliers de la Loge6.

Devenue un espace sacré, la Loge est alors représentée par un cercle (4) dont le centre est celui de la Loge qui se superpose à celui de la rose des vents. Sur ce cercle sont positionnés les nouveaux points cardinaux.

à suivre....

rfbb ex tvfbb

————

Notes

(la mention TI renvoie à l'ouvrage Trois Pas en Loge Bleue ; la mention T II renvoie à Rite Français, Sens et Symbolique)

1 Symbolique du seuil, T II, p. 68

2. L'inclinaison réelle de l'axe de rotation de la terre avec la perpendiculaire au plan orbital est de 23° 26.

3. Symbolique de l'angle droit, T II p. 110

4. Du rôle de la Lumière dans l'orientation de la Loge, T II illustration p. 149 et p. 153

5. Du rôle de la Lumière dans l'orientation de la Loge, T II p. 151

6. Au Rite français on parlerait de grands chandeliers.

Carte du XVIème siècle. Rose des vents centrale à huit branches

832ème article

 

 

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Symbolique
17 décembre 2019 2 17 /12 /décembre /2019 10:38

La photo a été prise par notre TRF J:.-L:. T:. dans la salle des pas perdus de la Loge ALGARBE 24, GLLP, temple de ALBUREIRA, Algarve, Portugal. Reconnaissons qu'il était impossible de répondre la question "où ?" sans avoir visité cette Loge !

Vous trouverez ci-dessous la première étape de l'analyse de ce tableau : identification des différents éléments symboliques.

Dans la deuxième étape nous étudierons ce qui concerne le plan de la loge, son orientation, et la construction géométrique (cercle bleu en haut à droite).

Question subsidiaire :

 En examinant ce tableau, à quel(s) rite(s) pensons nous ?

A vos commentaires.

Vos réponses par mail à tvfbb à l'adresse habituelle :

825ème article

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Symbolique
29 novembre 2019 5 29 /11 /novembre /2019 21:22

Notre T:.R:.  J:.-L:. T:., lors de ses pérégrinations, a fait une découverte qu'il s'est empressé de photographier.

Voici la photographie qu'il nous a fait parvenir.

Où a-t-elle été prise ?

Que vous évoque-t-elle ?

Vos réponses par mail à tvfbb à l'adresse habituelle :

824ème article

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Symbolique
13 octobre 2019 7 13 /10 /octobre /2019 14:21

 

Lors de notre dernière Tenue, notre B.A.F. Jérôme V., Premier Surveillant, nous a fait faire un voyage de l’origine de la musique occidentale au siècle des lumières, en nous présentant ce morceau d'architecture intitulé :

La Colonne d’Harmonie,

petites variations à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers

« Au commencement était le verbe, et le verbe était auprès de Dieu, et le verbe était Dieu »

« Il y eut un homme envoyé de Dieu, son nom était Jean »

Jean… Au commencement était la musique, celle de St-Jean le Baptiste fêté au solstice d’été :

Hymne Grégorien à St-Jean-Baptiste > 40’’

Quarante secondes inspirent le moine italien Guido d’Arezzo au tournant de l’an mille. De l’hymne grégorien à St-Jean-Baptiste, il dessine les fondations de la musique occidentale. Cet hymne où chaque phrase musicale monte d’un ton et dont le texte latin du moine Paulus Diaconus (Paul le diacre) représente en acrostiche une phrase :

Ut, ré, mi, fa, sol, la.

Ut queant laxis

resonare fibris

Mira gestorum

famuli tuorum,

Solve polluti

labii reatum.

Sancte Iohannes

Pour que tes serviteurs puissent chanter à pleine voix les merveilles de ta vie, efface le péché qui souille leurs lèvres, Saint Jean

Ensuite, Guido après avoir regardé sa main gauche imagine pouvoir lire la musique sans l’écrire, la main devient harmonique, telle une colonne, cinq doigts comme cinq lignes, Sol, Fa, le solfège, le micrologus de disciplina artis musicae, le micro langage en 1025 va pouvoir se transmettre pendant plus d’un millénaire.

Plus tard au XVIème siècle le musicien Anselme de Flandres ajoutera Si en gardant les deux premières lettres de Sanctus Johannes. D’un Jean à l’autre, le verbe c’est fait musique.

Mais remontons le temps. Mille ans avant notre ère en Israël, il y eu un roi nommé David, le bien aimé, guerrier, musicien et poète, l’alliance de la sagesse, de la force et de la beauté. De la musique, délaissant la flûte préhistorique, David écrivait, composait et louait Dieu accompagné d’un psaltérion. Et se fut le livre des psaumes, le psautier ; cent cinquante poèmes lyriques, une tête de porc en bois, quelques cordes de boyau séché et des ongles affutés. Deux mille cinq cents ans plus tard, le XVIème siècle, la Renaissance, la Réforme,  les poètes Clément Marot & Théodore de Bèze traduisent le psautier en langue vulgaire - mais quel beau françois - les compositeurs Claude Goudimel ou Paschal de L’Estocart, entre autres, le mettent en musique - quelles belles polyphonies -  pour que le plus grand nombre puisse chanter Dieu, accompagné d’une tête de porc devenue clavecin, d’un orgue positif ou d’un luth, seul ou en assemblée, au culte dominical ou dans l’intimité familiale, à Genève ou à Lyon.

Trois mille et vingt ans plus tard, Après avoir constamment attendu.

Claude Goudimel (1514-1572) > psaume XL > Après avoir constamment attendu > 1’27

Tout cela est très latin, une superposition de lignes mélodiques dans le prolongement de la main du moine Guido, ou plutôt, avec mes excuses, très français réformé, pour la plus grande gloire de Dieu. Mais peut-être manque-t-il une assise, de la rigueur ; passer de l’horizontalité à la verticalité, de la colonne corinthienne à la colonne dorique, de la beauté renaissante à la lumière du XVIIIème siècle, du Sud au Nord, de l’église réformée à l’église luthérienne.

7 avril 1724, église St-Nicolas de Leipzig, les vêpres du vendredi saint. Ce soir on glorifie l’image du Christ, comme souvent chez les luthériens. L’auteur est Jean - l’Evangéliste cette fois - le compositeur est cantor, Jean-Sébastien Bach. Toute la ville est venue pour la première de la Passion.  Après le cœur d’entrée et les premiers récitatifs, l’assemblée se lève et entonne avec chœurs, solistes et orchestre, sous la direction du maître de musique, un choral O grosse Lieb, o Lieb ohn alle masse > O amour immense, ô amour sans commune mesure

Johann Sebastian Bach (1685-1750) > Joannes-Passion > O grosse Lieb, o Lieb ohn alle masse > 59’’

Ici tout n’est que verticalité, ferveur et tendresse, harmonie germanique.

1722, deux ans plus tôt, un certain Jean-Philippe Rameau poursuit l’exploration de l’harmonie et ses recherches l’invitent à publier le « Traité de l’harmonie réduite à ses principes naturels ; Par Monsieur Rameau, Organiste de la Cathedrale de Clermont en Auvergne ». Tout est dit… Un traité faisant date, à l’origine de l’orchestre français, où Rameau invente sa célèbre gamme ; les ténèbres du mode mineur, dont la seconde augmentée entre les 6ème et 7ème degrés, le Diabolus in musica, le diable en musique, est gommé pour atteindre la note sensible, la cadence parfaite, le mode majeur solaire. Quelques vingt années avant la consécration de la première loge d’Auvergne, la R\L\ St-Julien à l’Or\ de Brioude en 1744, tout cela est fortement teinté de maçonnerie. Impossible de savoir si Jean-Philippe Rameau fût initié, même si nous pourrions l’imaginer au contact de ses frères librettistes, Louis de Cahusac ou l’auvergnat Jean-François Marmontel entre autres, au regard de quelques opéras Dardanus, les Boréades, Zoroastre, et même les Indes Galantes, ce 28 août 1735 à l’Académie Royale de Musique aux Tuileries, où dans l’entrée des Incas du Pérou, le grand prêtre Huascar nous invite à la nostalgie et à la méditation :

Soleil, on a détruit tes superbes asiles,

Il ne te reste plus de temple que nos cœurs.

Jean-Philippe Rameau (1683-1764) > Les Indes Galantes > Entrée des Incas du Pérou > Air de Huascar > 2’19’’

à suivre...

La suite paraitra dans le prochain article

___________________________________

Les indispensables sur le Rite français

Trois Pas en Loge Bleue, Usages et Fondamentaux - Tome I

Rite Français, Sens et Symbolique - Tome II

Disponibles chez l'auteur, voir adresse ci-dessous

821ème article

 

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Symbolique
20 juin 2019 4 20 /06 /juin /2019 10:03

Très Vénérable,

               Permettez-moi de dire quelques mots en préambule à la planche que j’ai l'honneur de vous présenter ce soir.

               Cette planche, dans sa première mouture, a été lue en loge le 08.03.90. C'est dire, s’il s'agit d'un vieux travail - mon premier travail en fait en dehors de celui d’apprendre le rituel par cœur - puisque, initié le 21.01.89. Je n'étais donc que très jeune Compagnon.

               Conformément à ce rite dans lequel j’étais né en F.M, il ne m'avait été demandé par personne, la rédaction de planches étant « tolérée » et, la lecture n’étant pas rituelle, s’était faite après mise en récréation de la loge.

               Cette passion qui est la mienne pour ces étoiles qui nous dominent, nous éclairent, nous interrogent, était ancienne et j'avais aimé, lorsque la Lumière m'avait été donnée, les retrouver comme constituant du toit du Temple ce qui me rassurait. C'est pour ces raisons, que j'avais proposé à mon V.M de l'époque, d'écrire ces quelques mots.

               La planche de ce soir, comme toutes celles que j'ai écrites à ce jour, ne se veut donc nullement didactique, exhaustive, scolaire, livresque, que sais-je encore... Elle est le reflet de quelques réflexions personnelles que j'ai envie de partager avec les F.F de notre loge.

               Je vous parlerai donc de la Voûte Etoilée, celle qui délimite la grande loge universelle à son zénith, tout comme le pavé mosaïque est sa limite au nadir, témoignant ainsi de l'immensité et de l'universalité de la F.M régulière et pouvant symboliser, par la dispersion et l'alternance plus ou moins ordonnée de leurs différents composants, les aléas bons ou mauvais qui ne manquent pas d'émailler notre vie terrestre.

               C'est donc avec un grand plaisir que je vais vous soumettre ce modeste travail dans sa forme quasi-première et dans lequel je n'ai fait que développer un peu le passage concernant COMPOSTELLE pour les raisons que vous devinez aisément (ce travail avait été lu dans la R.L Ultréia, qui tire son nom du mot d’encouragement des pèlerins pour aller plus loin) et ajouter quelques réflexions.

               A vous tous, je demande donc toute votre indulgence et toute votre tolérance qu'il sied à un travail en grande partie de compagnon.

 

* * * * * * * * * * * *

 

La Voûte Étoilée

 

               Quand la Lumière me fût donnée au cours de la cérémonie de mon Initiation, mon attention fût retenue – entre-autre - par le sombre plafond constellé de la Loge dont je n'avais très certainement pas compris la signification profonde - mais en sais-je vraiment beaucoup plus aujourd'hui ? Toutefois, sa présence avait - pour moi qui aime tant à contempler la beauté naturelle et le calme de la profondeur infinie du ciel, une nuit d'été - quelque chose de familier qui était fait pour me rassurer.

               En essayant de réfléchir sur cette voûte étoilée qui, par son immensité, m'a fait si souvent rêver, j'ai eu, certainement, une occasion nouvelle de l'approcher plus près, sous l'angle différent certes de la symbolique, mais qui me permettrait également de mieux la comprendre tant les intrications sont serrées.

               La Genèse dans ses versets 14 à 18 de son premier Chapitre, indique que la Lumière "est" depuis le commencement du Monde puisqu'elle fût la première des créations de Dieu et je cite

               Puis Dieu dit : qu'il y ait des luminaires dans l'étendue des Cieux, pour séparer la nuit d'avec le jour et qui servent de signes, et pour les saisons, et pour les jours et pour les années

               Et qui soient pour luminaires dans l'étendue des Cieux afin de luire sur la terre ; et ainsi fût.

               Dieu fit donc deux grands luminaires ; le plus grand luminaire pour dominer sur le jour et le moindre pour dominer sur la nuit ; il fit aussi les étoiles

               Et Dieu les mit dans l'étendue des cieux, pour luire sur la Terre

               Et pour dominer sur le jour et sur la nuit et pour séparer la lumière d'avec les ténèbres ; et Dieu vit que cela était bon.

               En l’espace d’un temps infiniment petit, le Big Bang a tout crée. Cet « accident » - mais en est-ce un ? a été le point de départ d’une dilation qui ne cesse de se poursuivre encore aujourd’hui est qui est à l’origine de tout ce que nous voyons et surtout, de ce que nous ne voyons pas

               Les limites de notre Temple sont très chargées symboliquement, puisqu'il est une "re-création" du Monde à l'échelle de l'Homme. Il est donc logique que cette voûte étoilée en délimite sa partie supérieure - comme l'Orient, l'Occident, le Midi et le Septentrion en sont ses côtés et le Nadir son sol. Elle est donc en lieu et place de notre toit et de ce fait elle devient tout naturellement notre protectrice supérieure.

               Il est tentant, comme il est fait souvent, de lier le mot « temple » au grec ancien τέμενος (témenos) qui est un champ ou un bois sacré, un enclos réservé aux chefs – ce mot étant issu du verbe τέμνω (témno) qui veut dire « couper ». De même il est tentant de faire de templum la coupure entre le profane et le sacré. Une autre origine possible en ferait un mot pouvant être issu l’indo-européen commun temp que l’on peut traduire par « étendre, étendue, d’où la notion d’espace ». Templum peut également être relié à contemplor ce qui signifie « regarder l’espace, le ciel en vue d’un présage, contempler », qui a très tôt pris un sens religieux. De fait le "templum" désignait un espace sacré et découvert d'où il était possible d'observer l'horizon dans toutes les directions et de là, contempler le Ciel et méditer sur notre condition humaine.

               De temps immémoriaux en effet, l'Homme a placé son Créateur - qu'il l’ait appelé Râ, Zeus, Jupiter ou Notre Père, celui qui est aux Cieux, que sais-je encore, cette liste n'étant pas, bien évidemment, limitative - tout là haut, au firmament, dans cette voûte céleste dans laquelle sont plantées, comme épinglées pour toujours, des étoiles en nombre incommensurable. On parle de milliards de milliards d’astres célestes.

               En y plaçant notre Dieu Créateur, quelle meilleure protection l'Homme pouvait-il souhaiter avoir de plus ?

               C'est très certainement cette notion d'infini qui a frappé l'imaginaire collectif - et tout au moins le mien - et qui a contribué à cette attirance que nous avons tous plus ou moins et qui nous fait tourner nos regards vers ce ciel pour y chercher auprès de Dieu, une aide efficace dans toutes nos entreprises avouables mais aussi consolation et protection lors des périodes difficiles qu'il nous arrive de traverser dans notre vie comme cela nous est recommandé dans l'Exhortation du premier grade du rite Émulation.

               Aussi pouvons-nous nous interroger pour chercher à comprendre pourquoi, de temps immémoriaux, l'homme s'est-il efforcé d'essayer de regarder toujours plus loin dans cet infini supérieur, sans limite pour l’esprit de notre petite personne, bien qu’encore limité pour nos instruments d’optique.

               Les progrès de la Science font qu'à ce jour notre "vue" perce, à l'aide d'instruments de plus en plus sophistiqués, à près de quinze milliards d'années lumière et malgré tout l'on cherche toujours à en construire d'autres de plus en plus performants pour aller encore et toujours plus loin. Mais jusqu’où ? Le mur de Planck contre lequel notre physique bute encore, sera-t-il franchi un jour ?

               Ne serait-ce pas que, dans cette quête, nous cherchons, consciemment ou non, que l'on croit ou non en un Grand Architecte de l'Univers d'ailleurs, à rattraper notre Création et le Big-bang et même peut-être à le dépasser, pour connaître l'avant qui est derrière l'explosion originelle qui a donné la vie, ce qui nous permettrait - peut être - de savoir d'où nous venons et pourquoi pas, par Qui avons-nous été conçus ?

               Mais, cet espace qui est donc d'une profondeur sans limite ou presque - en tout état de cause ses limites dépassent de beaucoup l'imaginatif humain, cet espace donc apparaît pourtant à nos yeux, dans la réalité et encore plus dans notre Temple, d'une platitude étonnante.

               Cette notion de relief qui disparaît de notre vue, nous donne une certaine idée d'Egalité : lorsque l'on regarde le ciel, les étoiles se touchent ou presque. Quelle que soient leurs tailles réelles, à l’œil nu, elles apparaissent de grandeurs quasi égales et d'éclat peu différent les unes des autres. Rien ou presque ne différencie plus là-bas, l'infiniment grand de l'infiniment petit. Et pourtant quelle différence entre le quark, poussière d'électron et l'Univers dans son immensité sans fin – ou presque, le terme de fin étant conçu dans son acception de longueur - et qui continue de se dilater. Quel vertige nous saisit alors en essayant d'imaginer le gouffre qui les sépare. Cela relativise, oh combien ! les petits problèmes des petites vies de nos petites personnes.

               Il est par ailleurs curieux de constater que cet espace infini ne nous apparaît clairement dans toute sa splendeur que dans le noir profond de la nuit, à l'heure qui n'est plus au travail matériel terrestre, et non en pleine lumière. Bien sûr, il existe une explication tout à fait scientifique à cela, mais ne pourrait-on pas y voir également le symbole qu'une vérité peut également surgir des ténèbres les plus épaisses alors que la pleine lumière peut nous la cacher en nous éblouissant.

               Et plus la profondeur des ténèbres s'accroît, mieux nous pouvons distinguer d'astres et plus ils nous paraissent nombreux. Mais pour cela il faut savoir attendre, patienter et prendre tout son temps pour les rechercher là où l'on n'avait pas pensé trouver. Cela aussi est une grande leçon d'humilité. Combien de qualités sont-elles ainsi cachées chez l'autre que nous ne voyons pas. Peut-être par négligence ? Peut-être par manque de temps ? Peut-être pas égoïsme ?

               L'observation des étoiles nous permet d'assister à un ballet extrêmement bien réglé, témoignant d'une régularité parfaite que nos plus grands savants ont réussi à expliquer par des équations tellement compliquées que l'on ne peut imaginer que cela ne peut relever que de la main d'un architecte autre que supérieurement doué.

               Ces étoiles ont pu seules dans les temps anciens, servir de guide aux grands voyageurs à la surface de la terre, puis sur les mers. Les Normands, grands navigateurs s'en servaient il y a des millénaires. Mais également, maintenant, nos satellites artificiels habités ou non.

               Plus symboliquement, n'est-ce pas l'une d'entre elles qui a guidé les Rois Mages jusqu'à la grotte de Bethléem il y a un peu plus de 2000 ans ?

Et j’aimerais dire un mot sur ST JACQUES de COMPOSTELLE. Même si ce nom garde, à bien des égards, des mystères quant à son étymologie, puisque plusieurs possibilités sont proposées, une des plus plausibles, car liée au légendaire primitif, serait campus stellæ qui signifie le champ de l'étoile, la voie lactée qui du ciel de FRANCE nous dirige vers un lieu bien précis marqué d'en haut. De fait tous les chemins de COMPOSTELLE allant de la mer du Nord au Perron de Saint Jacques, paraissent être la projection au sol de ce chemin d'étoiles et constituent une voie initiatique unique. De même la voûte étoilée nous conduit-elle de l’occident vers l’orient.

               Une enluminure du 15ème siècle contenue dans les Grandes Chroniques de Saint-Denis nous montre un saint portant une escarcelle frappée d'une coquille - qui prit le nom de "coquille Saint Jacques" - et qui apparaît à CHARLEMAGNE, lui enjoignant de délivrer la VOIE, en suivant la voie lactée qui recouvre le ciel et trace la route qui conduit jusqu'à ST JACQUES de COMPOSTELLE.

               On peut aussi laisser errer notre imaginatif et rêver. Ces étoiles, ne seraient-elles pas un peu les yeux de notre Créateur qui observerait nos actions tout au long de notre vie ?

               Et, pour certaines, il est évident qu'elles sont nos mères : en effet si l'univers est vieux d’un peu moins de 15 milliards d'années, ce qui est communément admis à l'heure actuelle, notre système solaire n'est vieux que d'à peine 5 milliards d'années. Il est né de l'agglomération de poussières d'étoiles bien plus anciennes qui ont essaimé leur matière lors de leur déflagration en supernovas qui a présidé à la mort de celles-ci. Nos molécules, ou tout au moins nos atomes, voire nos particules infra-atomiques, existaient donc avant que notre Terre ne soit. Aussi pourrions-nous voir en elles notre double cosmique.

               Elles ont pu, pour certains, être également considérées comme

                              . les âmes de nos ancêtres défunts qui errent dans l'infini spatial tout en continuant à veiller sur nous du plus loin qu'ils se trouvent,

                              . voire comme des anges qui descendraient et monteraient le long de l'échelle de Jacob, échelle que l'on retrouve sous d'autres noms dans nombres de croyances : échelle du Ciel empruntée par Amaterasu rapportée dans le Shinto ou celle par laquelle Bouddha descendit du mont Meru.

               En cherchant cette relation entre la Terre et le Ciel, en essayant de communiquer avec l'En-haut, l'Homme a voulu tenter de diminuer ses angoisses créées par notre triple recherche du qui suis-je ? d'où viens-je ? et où vais-je ? Cela perdure encore actuellement.

               Ce besoin de communication Ciel - Terre, nous le retrouvons un peu dans le fil à plomb qui est appendu à la voûte étoilée, au centre de certaines de nos Loges travaillant à d'autres rites que le nôtre. Il est conçu comme l'intermédiaire entre nos petites personnes et l'infini et Dieu qui l'emplit.

               Aussi nous rassure-t-il, nous indiquant que, peut-être, ce cordon ombilical qui pourrait symboliser le lien qui nous réunit au Créateur, n'est pas totalement et définitivement coupé à jamais. Il reste notre antenne réceptrice mais également notre émetteur en direction de cet infini où il fait entendre les cris de nos plus profondes angoisses.

               Ces étoiles peuvent aussi symboliser l'ensemble de nos connaissances qui sont devenues avec le développement de la science, plus qu'innombrables. Mais il ne faut pas oublier que c'est une vacuité extrême qui entoure les étoiles et qui, de fait, emplit l'univers de néant dans sa quasi-totalité. Peut-être est-ce de la matière noire, encore hypothétique car non détectable, mais qui est soupçonnée par nos têtes chercheuses.

               Tout cela doit nous ramener à une plus juste estimation de ces dites connaissances. La vérité d'hier n'est pas celle d'aujourd'hui et encore moins celle de demain, mais qui ne sera jamais - peut-être - la Vérité avec un grand V qui, elle, est d'ailleurs, de tout là-haut.

               C'est pourquoi nous pouvons nous demander si, à l'image ce vide intersidéral qui ne sera - peut-être - jamais totalement comblé, nous pourrons quant à nous, venir à bout de l'immensité de nos lacunes : cela est fort douteux et cette Vérité avec un grand V, la seule, nous ne la trouverons certainement pas dans ce monde terrestre et matériel mais dans l'Au-delà, là où demeure et règne le Grand Architecte de l'Univers. Existe-t-il ? D’aucun y croît, d’autres doutent, d’autres enfin le nient. C’est un long débat dans lequel je ne me hasarderai pas. Simplement j’ai noté :

               . qu’Einstein, sur la fin de sa vie, avait reconnu qu’il ne pouvait pas ne pas exister un Être Créateur pour arriver à la perfection de cet univers, mais sans en donner l’identité,

               . et que Stephen Hawking, qui a consacré sa vie entière à essayer de comprendre les mécanismes de la création de l’univers et de son évolution, dans son livre post-mortem « Brèves réponses à de grandes questions » tout en niant, dans un premier temps, son existence dans le chapitre « Dieu existe-t-il », faisait référence dans presque tous les autres chapitres, à ce que j’ai pu comprendre, comme étant un principe créateur.

               Alors de quelle meilleure couverture donc pouvions-nous rêver au-dessus de nos têtes lors de nos tenues ? Quelle meilleure protection que celle de la demeure de l'Eternel d'où beaucoup de signes nous permettent de croire, ou nous laissent à penser, que nous en venons et que nous y retournerons à jamais pour veiller à notre tour, sur nos Frères et nos Sœurs à venir.

               Voilà, Très Vénérable, les quelques réflexions que m'ont inspiré cette voûte étoilée.

             Mais je n'aimerais pas terminer sans une touche de poésie en citant la dernière strophe de "Booz endormi" de Victor Hugo

               ".....................................et Ruth se demandait,

               Immobile, ouvrant l'œil à moitié sous ses voiles

               Quel dieu, quel moissonneur de l'éternel été

               Avait, en s'en allant, négligemment jeté

               Cette faucille d'or dans le champ des étoiles."

                             

               T.V.F. J-Paul B.

R.L. Michel de l'Hospital, le 16.03.2019

                     

818ème article

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Indispensable

pour bien connaître les usages et les fondamentaux du rite français

"Trois Pas en Loge bleue"

Pour commander cet ouvrage, envoyer un mail à l'adresse ci-dessus

 

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Symbolique
11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 14:46

Morceau d'architecture présenté par le T.V.F. Michel L. devant les FF. de la R.L. Trusatiles

Le morceau d’architecture que je vais vous présenter ce soir est « la lumière rouge ». J’en ai eu l’idée un soir à Hanoï en passant devant un marchand de Temples miniatures où le rouge était très présent et cela m’a fait penser à notre veilleuse, le rouge que l’on retrouve également dans nos églises.
Le rouge, cette couleur qui est si souvent associée au feu, au sang, aux martyrs, à la force et au courage, est pour moi avant tout, la couleur du Sacré.
Le rouge est donc la couleur de l’énergie vitale, de la vie, de la puissance. En Chine, le rouge est associé au Yang, principe céleste. C’est au demeurant pour cela que Mao l’avait choisi.
Mais plutôt que d’évoquer le rouge révolutionnaire, je vais vous parler du rouge spirituel, nous sommes des Frères pas des camarades.
Je ne vais également pas parler de son aspect matériel car aujourd’hui, y compris dans beaucoup d’églises, ce n’est plus une vraie flamme, c’est un symbole animé par la fée électricité. L’important c’est le symbole et l’idée qui en découle, il est fondamental pour nous Maçons de toujours chercher à découvrir avec notre cœur, l’idée derrière un symbole.

Je pense qu’un jour, vous vous êtes comme moi posés la question de la présence sur l’autel du VM d’une veilleuse rouge, veilleuse qui au demeurant n’existe pas dans les autres rites.
Veilleuse qui doit impérativement être allumée avant le début de la tenue et éteinte après la fin, de sorte qu’elle paraisse être le signe d’un temps qui s’est arrêté, d’un temps divin, toujours de midi à minuit. Elle semble être là de façon intemporelle, incréée et divine. Nous sommes bien dans un espace Sacré. La lumière Sacrée, du Divin est donc pour nous qui sommes au Rite Français représentée par notre veilleuse rouge et non pas comme dans les autres rites par le Delta Lumineux. C’est pour cette raison que nous ne l’allumons pas.
Notre TVF Bernard l’a très bien résumé « C'est la veilleuse rouge qui au rite français remplace le Delta lumineux. Son symbolisme est capital dans ce rite ; elle est l'emblème de la toute puissance créatrice, créant et organisant le Temps et l'Espace de la Loge ». Les lumières de la Loge viennent de la lumière rouge, elle est garante de la diffusion de la lumière sacrée, auprès de tous les Frères.

Dans nos églises, la lumière rouge est toujours présente, universelle, immortelle, rien ne peut l’atteindre, elle est protégée par les forces divines. Elle rassure, elle sacralise, à travers elle, nous ressentons la présence du Très Haut qui veille sur nous avec bienveillance. Elle est proche du Tabernacle, du Saint des Saint, elle vit et donne la vie. Elle témoigne de la présence du Seigneur, elle nous incite à la prière.

Le rouge est également très présent dans la Bible, dans l’ancien testament, quand Dieu se manifeste à Moise sur le Mont Sinaï au travers d’un buisson ardent, le rouge couleur de feu. Il est également présent dans le Temple de Salomon.
Avant que ce dernier ne soit construit, le peuple d’Israël, pendant son exode et ses errances dans le désert, priait dans le Tabernacle.
Les Lévites avaient en charge, ce que nous appellerions aujourd’hui, la logistique de ce Temple itinérant. Le Tabernacle comportait 4 voiles de couleur différentes symbolisant les 4 éléments.
Chaque couleur est emblématique ; le bleu pour l’amitié et la spiritualité ; le pourpre pour l’union et la Fraternité ; l’écarlate pour la ferveur, le zèle et surtout la Foi et enfin le blanc pour la pureté.

Nous retrouvons bien dans le Tabernacle, la couleur rouge de notre veilleuse, qui est la couleur de la Foi et de la passion. Cela doit nous rappeler que c'est par la passion et la résurrection que le Christ nous a permis de vivre dans les pas de Dieu, le Grand Architecte de l’Univers.

Le rouge est également la couleur du Saint Esprit qui descendit sur les Apôtres sous la forme d’une langue de Feu « ils virent apparaître des langues qu’on eût dites de feu, elles se partageaient et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent alors remplis de l’Esprit Saint et commencèrent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer » Les Actes des Apôtres 2-3 Bible de Jérusalem. Si j’osais un raccourci très audacieux, je dirais que la Franc Maçonnerie est universelle comme l’était les langues des Apôtres. L’universalité pour les Apôtres, s’est manifestée par des flammes et leurs lumières. La lumière rouge des flammes. Pour nous, cette universalité est représentée par notre veilleuse rouge.

Dans le prologue selon Saint Jean, où tout est dit « La vie était la lumière des hommes, et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie ». Mais nous, nous avons reçu la lumière ! Alors est-ce suffisant pour l’avoir saisie complétement ? Non car nous devons sans cesse travailler cette flamme qui brille en nous, cette étincelle divine que nous avons reçue lorsque le verbe s’est fait chair. Cette étincelle que nous ravivons à chaque tenue.

Deux autres passages de la Bible évoquent bien la lumière du cœur et de l’esprit que nous devons maintenir. « Vous êtes la lumière du monde. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais bien sur le lampadaire, où elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. Ainsi votre lumière doit-elle briller devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres » Evangile selon Saint Mathieu 5-14 Bible de Jérusalem.

Dans l’Epître aux Ephésiens, Saint Paul, dit « Autrefois vous étiez ténèbres, et maintenant vous êtes lumière ».

Ces 2 citations sur la lumière, s’appliquent totalement à nous qui sommes Maçons, quelquefois appelés « fils de la lumière ». Cette lumière est intérieure, elle nous guide dans la construction de notre Temple Intérieur. La veilleuse rouge est là pour raviver notre Lumière, la régénérer, c’est pour cela que l’assiduité et le travail sont fondamentaux pour maintenir cette flamme.
Cette lumière éloigne de nous les vices, les ténèbres et les travers des hommes.

Lors de l’instruction du Grade d’Apprenti, le Vénérable pose la question au Frère 2eme Surveillant « Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir Maçon, Frère Second Surveillant ? » Ce dernier lui répond « Parce que j’étais dans les ténèbres et que j’ai désiré voir la lumière ».
 

Cette petite lumière que nous avons reçu le jour de notre initiation, notre admission comme il est dit dans le Régulateur du Maçon de 1801, c’est à nous de la faire grandir dans nos cœurs, au fur et à mesure que nous travaillons dans la recherche de la vérité en repoussant l’obscurantisme.

La lumière que nous avons reçue est le lien indestructible entre tous les Francs-Maçons passés, présents et futurs, elle est la clef de notre langage et de son universalité.

Lors de nos Saint Jean d’Hiver grâce au rituel du 18eme siècle qu’à retrouvé notre TVF Bernard, nous cheminons sur le chemin conduisant à la lumière, les Frères passent de l’obscurité à la lumière grâce à leur travail et à l’amour fraternel, qui habite nos cœurs. Sans cet amour fraternel, les ténèbres reviendront, nous ne pourrons plus nous améliorer et faire rayonner nos valeurs dans un monde où l’individualisme et la matérialité règnent.
La source de cet amour fraternel pour notre Rite, est la flamme de la veilleuse allumée à l’Orient et dans les flammes des bougies des Surveillants allumées grâce à cette flamme.

Le rouge de la veilleuse est fédérateur, un catalyseur au niveau spirituel, il assure la cohésion, la force et l’élévation de tous les Frères présent physiquement et par l’esprit. « Jean l’Evangéliste a apporté au monde un message d’amour ». Rituel de la Saint Jean d’Hiver

C’est ensuite la Lumière qui brille dans les cœurs et dans les esprits de tous les Frères qui va éclairer la Loge. Cette lumière est celle de la renaissance, d’une vie nouvelle, elle va illuminer le monde à la gloire du Grand Architecte de l’Univers. La flamme de la lumière rouge enflamme nos cœurs de l’amour des autres en général et de nos BAF en particulier.

Mais cette lumière céleste ne ravive pas que les nôtres, en abritant la Lumière perpétuelle, elle nous permet de s’imprégner des autres lumières présentes dans la Loge en particulier de la voûte étoilée.
Cette voûte étoilée, cet Univers infini, est constitué d’une multitude d’étoiles lumineuses.
Notre imagination, notre vécu, et notre personnalité influencent notre regard et notre vision de ces étoiles, Saint-Exupéry dans le Petit Prince a écrit « les gens ont des étoiles qui ne sont pas les mêmes ».
Nous avons coutume de dire qu’un Frère apporte sa lumière à la Loge, par extension, de façon simpliste, nous pourrions dire que chaque étoile symbolise la lumière d’un Très Cher Frère passé à l’Orient Eternel.

La voûte serait ainsi la lumière propagée par la Grande Loge d’en haut, lumière éternelle de la connaissance. De la même façon que la lumière des étoiles vient du passé, la lumière de nos Frères, nous aide à construire notre avenir et à transmettre. Lorsque nous sommes en tenue, le temps maçonnique n’est pas le temps de la terre, il est le temps divin.

Cette voûte sépare la terre où nous vivons dans notre enveloppe corporelle et le ciel où se trouve le Grand Architecte De L’univers. Elle sépare, le matériel de l’immatériel, le visible de l’invisible, les ténèbres de la lumière, le chaos de l’ordre, « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre » (La Genèse 1-1). Le Grand Architecte De L’Univers a créé le monde avec son compas.

Une autre façon d’aborder la veilleuse rouge est sa position géographique, elle est à l’Orient comme celle des églises, elle nous donne l’orientation vers la Jérusalem Céleste. La symbolique est la même, elle nous guide et nous éclaire sur notre chemin intérieur vers notre Temple, elle est notre phare.

La lumière rouge est notre fil conducteur, elle n’est pas celle rectiligne et parfaite d’un laser, elle brille avec ses hauts et ses bas comme celle vacillante d’une bougie. Pour la maintenir, la faire croître et la propager autour de nous, nous avons besoin de notre veilleuse rouge, veilleuse divine.

En résumé, je vous invite mes BAF, à porter une attention très particulière à notre veilleuse, à la protéger, à la regarder autrement qu’un simple décor et à garder en mémoire sa beauté et sa puissance spirituelle.
Elle est la représentation de la Lumière du Grand Architecte de l’Univers, l’Éternel, le Très Haut.

J’ai dit Très Vénérable.

816ème article

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15 novembre 2018 4 15 /11 /novembre /2018 21:41
II - Nombre 5
Nommons le cercle de l’orient C1 ; l’intersection de C1 avec la médiane du temple dans le temple est D ;
Traçons un cercle C2 de centre D et de rayon DH où H est l’angle extérieur nord ouest de l’enceinte du temple ;
Traçons le pentagone inscrit dans C2 où H est un sommet ; les autres sont IEFG 
où E est l’intersection de C2 avec la médiane à l'orient et G l’angle extérieur sud ouest du mur du temple.

à suivre ...

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14 novembre 2018 3 14 /11 /novembre /2018 21:25

I - Nombre 3

Traçons un segment de droite à la limite occidentale des 2 colonnes coupant l'enceinte extérieure du temple en A et C ;
Complétons ce triangle équilatéral, et nous obtenons B : c'est le milieu de la 3° marche, centre du cercle de l'Orient.
 

à suivre ...

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