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25 février 2020 2 25 /02 /février /2020 11:36

Mais jours, saisons et années ne permettaient toujours pas de se situer avec précision dans le temps. Il faut dire qu'en donnant un rendez-vous une nuit ou un jour de la saison froide de l'année en cours rendait peu probable la certitude de rencontrer l'ami, l'être cher, le collègue de travail, qui sais-je encore ?

Faut-il rappeler que pendant des millénaires l'humanité a vécu ce que les philosophes ont très vite nommé le temps sans chercher à le définir. Il est par-contre apparu très rapidement nécessaire de le mesurer, ne fut-ce approximativement dans le cadre des activités sociales quotidiennes ou annuelles, l'écoulement du jour et de la nuit, celui des saisons, ne suffisant plus à cette fin. Aussi l'homme s'est-il mis en devoir de chercher à mesurer le temps de façon plus précise. Pour ce faire, il construisit des instruments de plus en plus sophistiqués. La mesure du temps allait occuper une place tout à fait importante dans l’histoire de l’humanité.

Je survolerai quelques grandes étapes. Ainsi vit-on apparaitre

               - Le gnomon, vers 2400 avant J.C, chez les égyptiens et les chaldéens, a permis la première mesure du temps. C’était un simple piquet planté verticalement dans le sol projetant son ombre vers une direction différente selon l'heure. Il indique correctement le midi quand son ombre se dirige au nord. Mais la direction de l’ombre pour une autre heure du jour dépendait souvent de la saison, en fonction des trajectoires du soleil.

               - A partir de 1500 avant J.C, environ est apparue en Egypte, la clepsydre dont le nom vient du grec et qui signifie « voleuse d’eau ». En effet, il s’agit d’un récipient percé dont de l'eau s'écoule et qui comporte à l’intérieur des graduations permettant de mesurer des intervalles de temps. D’Egypte, elle passa en Grèce puis chez les romains environ un siècle et demi avant J.C. Mais cet instrument restait tout de même très imprécis et ne fonctionnait pas par grand froid. Cependant, elle fut maintes fois perfectionnée jusqu'au XVIIIème siècle pour donner naissance à de véritables horloges à eau.

               - A noter que le sablier qui fonctionne sur le même principe par écoulement de sable est moins précis que la clepsydre mais a l'avantage de fonctionner par grand froid. Il est cependant fiable et peu coûteux ; c'était l'instrument le plus répandu du XIVème au XVIIème siècle. Il était utilisé essentiellement pour des durées courtes dans la marine, notamment.

      - Parallèlement à la clepsydre, on vit apparaitre le cadran solaire chez les Chaldéens. Il est le perfectionnement du gnomon. Des marques tracées sur leur surface plane représentaient chaque heure de la journée. Pendant son déplacement, l’ombre du soleil tourne autour du bâton dans le sens horaire, sa position étant utilisée pour noter le temps. Il faut noter que c'est ainsi que s'est fait le choix du sens des aiguilles d'une montre.

               - Les premières horloges mécaniques apparaissent à la fin du XIIIème siècle. L'énergie nécessaire au fonctionnement de l'horloge est fournie par la chute d'un poids ce qui met les aiguilles en rotation. La première horloge électrique d'Alexander Bain apparaitra en 1840, l’horloge atomique en 1953 qui est l’instrument de mesure du temps le plus précis à ce jour et, sur le plan pratique, la montre à quartz vers 1968.

         Ces instruments de plus en plus précis permirent de définir les heures, les minutes, les secondes et les fractions de secondes jusqu’à la nano- seconde.

         Il me faut dire un mot sur les pourquoi des 12 mois dans une année, des 24 heures dans la journée, des 60 minutes par heure et des 60 secondes par minute. Il nous faut remonter à nos ancêtres babyloniens, quelques 3.000 ans av. J.-C, qui pensaient le temps circulairement et non linéairement eux qui comptaient en base 60. Ils ont choisi de découper l'année en 12 mois de 30 jours, se basant sur les cycles lunaires et la période de révolution de la terre autour du soleil, ainsi que sur leur façon de compter sur les phalanges des doigts avec leur pouce. C'est donc tout naturellement qu'ils ont également trouvé 360 divisions - 12 × 30 = 360 jours par an, correspondant également aux 360 degrés du cercle. Par ailleurs, ils ont divisé la journée en 6 périodes : 3 pour le jour et 3 pour la nuit. Plus tard, par souci de précision, les savants divisèrent ces 6 périodes en 12, puis en 24 sous-périodes, soit 24 heures. Le cercle de 360° était divisé par les 6 périodes dont je viens de parler ce qui permettait d’obtenir 60, ce 60 qui est la base de numération des heures, mais également des minutes et des secondes.

Ces unités de temps sont fort bien définies tels des étalons. Cependant, malgré tous ces instruments de précision nous sommes nombreux, en vieillissant, à constater que le temps, bien que nous le sachions immuable et régulier, passe de plus en plus vite. "Je n'ai pas vu passer cette année" entend-on souvent autour de nous et ce d'autant plus que celui qui le dit, est âgé. J'ai peut-être une explication qui ne vaut que ce qu'elle vaut mais je ne résiste pas à vous la donner. En plus des unités de mesure bien définies dont je vous ai entretenus, il est une unité de mesure du temps, inconsciente et oh combien variable qui est celle de notre vie et qui ne connaît d'autre étalon pour chacun que la durée de sa vie personnelle. Je m'explique. Lorsque nous avons 3 ans, la quatrième année de notre vie représente un tiers de notre vie passée. C'est long un tiers d'une vie. Mais à 70 ans, notre soixante et onzième année ne représente plus que le un soixante-dixième de notre vie et ce qui est peu et donc ressenti plus court. Ceci est à rapprocher à ce qu’a écrit

                   - Éric Tabarly dans « Mémoires du large » : « Le temps se rétrécit ou semble s'accélérer à mesure qu'approche la date du but à atteindre ». On peut penser à l’escale mais aussi à la mort.

                   - Danielle Thompson dans « Fauteuil d’orchestre » : « Un jour, le temps qui passe, ça devient le temps qui reste ».

Millénaires, siècles, années, jours, heures, minutes, secondes, dixièmes, centièmes, millièmes de seconde étant ainsi bien définis… Nous n'avions plus d'excuses pour justifier nos retards.

Il nous faut remarquer que contrairement aux autres unités comme le mètre, le kilogramme… par exemple, il ne nous est pas possible de faire un retour en arrière dans le temps autrement que par la pensée. En effet, on peut, facilement, revenir d'où l'on vient en faisant marche arrière ou demi-tour, raccourcir la longueur d'un objet, perdre quelques kilos en faisant un régime mais il nous est impossible de revenir physiquement à hier et encore moins à nos vingt ans, sauf en rêve, peut-être parce qu'il y aurait trop de demandes mais aussi et surtout parce que le temps n'a qu'une direction seulement dirigée vers l'avant ce que d'aucun voudrait appeler le « progrès ». Certes on peut réduire la durée d'une action, d'un parcours en jouant de l'accélérateur, mais le temps passe, telle une Delage de nos grands-parents, toujours aussi rapide et silencieux, à son rythme bien à lui que rien ni personne ne pourra modifier tout au moins avant le Big Crunch, figure en miroir du Big Bang, fin du monde où tout l’univers sera réuni dans une tête d’épingle et où tout sera immobile entrainant ipso facto la fin des temps et même la fin du temps tout court. Peut-être pourrions-nous nous donner rendez-vous dans 13 à 15 milliards d’années pour en reparler. Le temps présente donc une similitude étonnante avec la vie qui, elle non plus, ne tolère aucun retour en arrière.

Ce temps apparemment si simple mais aussi si complexe, a conduit nos semblables à philosopher à son sujet.

Qui sommes-nous ? d'où venons-nous ? où allons-nous ? Ce sont les grosses questions existentielles que s'est posé l'homme depuis la nuit des temps. Énigmes impossibles à résoudre car tout est question de temps et celui-ci, c'est bien connu, change sans arrêt puisqu'il n'est déjà plus le même entre le début de ces trois interrogations et le point final du même nom. La seule certitude est qu’« à peine sortis du berceau nous sommes allés faire un saut au boulevard du temps qui passe » (Brassens) et que le temps passé ne se rattrape pas.

         C’est pourquoi, le temps, en ce qui concernait sa nature et non seulement ses manifestations, est devenu un objet d'étude pour les premiers scientifiques. Mais très vite, ils ont compris qu'ils étaient incapables de le comprendre ou l'expliquer, contrairement par exemple à la force de gravité. Et aujourd'hui il en est dramatiquement de même. Le temps est bien décrit par les principales théories physiques, mais ces descriptions ne correspondent aucunement à notre intuition de ce qu'est le temps.

Ce temps, énigme de la vie de l'homme - peut-être la seule vraie énigme, avec la vie (encore une similitude) que nous ne résoudrons jamais, nous a donc préoccupés de longue date donnant lieu à nombre d'interrogations et de réflexions de par le monde.

         Citer tous ceux qui ont pensé le temps ou à propos du temps et j’exploserai mon temps de parole. Très loin d’être exhaustif, je limiterai donc mon choix à quelques citations empruntées ici et là à des auteurs variés.

                   - Il y a ceux qui constatent et déplorent l’inexorable écoulement du temps comme

                          . un proverbe sanskrit : « Les humains disent que le temps passe. Le temps dit que les humains passent »     

                          . à rapprocher de « O tempora o mores » de Cicéron

                          . un proverbe hindou : « La main sert à tout sauf à retenir le temps ».

                          . Platon : « Le temps est l’image mobile d’une éternité immobile ».

                          . Pierre de Ronsard : « Le temps s’en va, le temps s’en va Madame. Las ! Le temps non, mais nous nous en allons »

                          . René de Chateaubriand : « Ce n’est pas l’homme qui arrête le temps, c’est le temps qui arrête l’homme ».

                          . Nadine de Cintas : « Nul ne peut donner du temps au temps »

                          . Mike Resnick : « Il y a un temps pour tout, un temps pour naitre, un temps pour grandir, un temps pour mourir ».

                          . Jean Giraudoux dans les dialogues de sa pièce Andromaque :

                                  . Andromaque : « Je ne sais pas ce qu’est le destin »

                                  . Cassandre : « Je vais te le dire. C’est simplement la forme accélérée du temps. C’est épouvantable ».

                   - D’autres lui trouvent des vertus

                          . Voltaire : « Le temps adoucit tout »

                          . Léo Ferré : « Avec le temps, avec le temps, va, tout s’en va, on oublie le visage et on oublie la voix ».

                   - Mais d’autres sont moins tendres mais non moins objectifs

                          . Berlioz, cher à notre Premier Surveillant : « Le temps est un grand maître, le malheur est qu’il tue ses élèves ».

                            . Werner Aspenström : « Le temps ne cicatrise pas les outrages du temps ».

                            . Encore Léo Ferré : « La mort est délivrance, elle sait que le temps quotidiennement nous vole quelque chose, une poignée de cheveux, l’émail de nos dents ».

                   - Enfin certains le prennent de façon plus détachée, quasi humoristique

                            . Jules Renard : « Il n’y a que le temps qui ne perde pas son temps.

                            . Jean Amadou : « Ne laissez jamais du temps au temps, il en profite ».

                            . Grégoire Lacroix : « Le temps passe. D’accord. Mais il n’a pas de mérite, il n’a que ça à faire ».

Mais il est tard, trop tard. « Trop tard » ces deux petits mots pour nous dire que le temps n’est pas à notre disposition. Je m’incline donc.

Que vais-je retenir de ces quelques feuillets et en quelques mots ? S’il le faut, je ne retiendrai que seuls le temps, la vie et la mort, qui avancent droit devant à marche forcée, ne connaissent pas de retour. Rien d’autre ? C’est peu me direz-vous. Permettez-moi de vous répondre que je pense le contraire. Le temps, la vie, la mort, ce n’est pas peu, c’est la destinée de tout être vivant, la nôtre.

Voilà mes F.F beaucoup (beaucoup trop peut-être ?) de temps a passé depuis que j'ai commencé mon exposé. Mais l’infinité du temps n’est pas facile à résumer en quelques lignes et encore moins en quelques mots.

Alors je vais me dépêcher de conclure car comme l'a si bien dit un autre grand philosophe français contemporain, j'ai cité un ancien premier ministre, Raymond Barre ! "quand l'heure est arrivée, le moment est venu"...et je rajouterai, le moment est venu pour moi de terminer mon travail.

Et n’oubliez pas un sage conseil mes F.F « carpe diem » !

J'ai dit    TVF J-P B

831ème article

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Planches
16 février 2020 7 16 /02 /février /2020 11:57

Morceau d'architecture présenté par le TVF J.-P. B. , R.L. Michel de l'Hospital à l'orient d'Aigueperse.

Avec nos remerciements à l'auteur.

Vu l'importance du texte il sera publié en deux fois.

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Très V., mes bien aimés FF

 

J’aimerais commencer mon intervention par une citation d’Hubert Reeves que je n’ai découverte qu’après avoir fini ma rédaction mais qui résume si bien ce que j’ai écrit :

« Le temps passe et je "passe" dans le temps, c'est un phénomène que je vis, que je sens, qui me transporte irrésistiblement. Tout ce dont je suis sûr, c'est qu'il est plus âgé que moi, mais quand a-t-il commencé ? C'est l’idée de "création" présente dans un grand nombre de traditions religieuses, en particulier dans la Genèse, qui nous interpelle. Elle implique qu'il fut un temps pendant lequel il n'y avait « rien », que le monde n'a pas toujours existé, qu'il est apparu soudain comme sortant d'un néant primordial ou du chapeau d'un magicien ».

Le jour de mon initiation j'ai découvert que les maçons travaillaient en loge de midi à minuit, c'est dire si nous donnons du temps au temps pour nos travaux. Avec le temps, cela a trotté dans ma tête et m'a donné l'idée de m'intéresser au temps et je viens ici vous faire part de quelques-unes de mes réflexions. Ce travail n’a donc rien de scientifique.

Pour aborder devant vous ce sujet des plus sérieux, c'est plutôt légèrement que j'ai choisi d’introduire mes propos par un air connu "Même en cent ans je n'aurai pas le temps, pas le temps…». Oui, le sujet est si vaste que, même en cent ans, je n'aurai pas assez de temps pour vous parler... du temps.

Du temps qui passe, du temps qui rythme notre vie personnelle, sentimentale, professionnelle ainsi que celle en maçonnerie, du temps qui creuse nos rides, nous courbe le dos, de celui que nous mesurons avec nos horloges et montres en secondes, minutes et heures, pas du temps météorologique qu'il fait, laissant cela à nos belles commentatrices des chaînes de télévision.

La tâche n'est pas facile. C'est pourquoi ce temps qui s'écoule, j'aurais aimé le suspendre un temps pour avoir plus de temps de vous en parler.

Mais comment faire ? Le temps est immuable - une heure c'est une heure, qu'elle soit d'été comme d'hiver, à Paris comme aux antipodes, le temps est invisible car incolore, mais aussi inodore - on ne le « sent » pas passer sauf dans nos articulations, il est aussi sans saveur, inaudible excepté par le tic-tac de nos montres, fluide, insaisissable, narquois, inarrêtable, sournois, mais toujours fidèle car rien ni personne d'autre ne reste en permanence à nos côtés de notre naissance à notre mort, mais il sait aussi être mauvais, voire carrément méchant quand il décide de nous lâcher la main. C'est alors que du temps compté qui nous était prêté, chichement mesuré, nous passons ensuite à l'éternité où le temps ne compte plus.

"Oh ! temps suspends ton vol" - il faut être un doux poète rêveur pour lui demander cela - car je vous le redis mais vous le savez bien, c'est mission impossible.

Je vais cependant tenter, au niveau qui est le mien, avec mon ressenti personnel de vous conter "une brève histoire du temps", la mienne, mais rassurez-vous ce ne sera pas du même niveau que celle du grand Stephen Hawking. Rassurez-vous aussi car je ne vais pas vous refaire les 7 tomes de « La recherche du temps perdu »

Le temps qui préexiste à l'humanité, mais pas à la Création, nous survivra. On peut même avancer qu'il n'a rien à faire de nous et poursuit son petit bonhomme de chemin tel un rouleau compresseur. Il remonte à la nuit des temps si j'ose dire et se perdra dans le temps…

Selon les scientifiques, en l'état de leurs connaissances actuelles, avant le Big Bang, il n'y avait que le néant ou peut-être un "Tout" contenu dans une tête d'épingle, hyperdense, immobile, comme endormi, et en tout état de cause, il y avait ce que l'on peut considérer comme un gros point d'interrogation. Et ce point d'interrogation combien de temps a-t-il duré ? Impossible à dire puisque le temps tel que nous le concevons n'existait pas. De fait son immobilité le privait de ce qui aurait pu être un temps voire le temps. En effet, sans déplacement dans l'espace, point de temps.

La grande conflagration créatrice fut le départ de tout ce qui nous entoure, dont ce mystérieux Temps, et cela s'est passé il y a, approximativement, 13 milliards d'années, un temps fou à l'échelle humaine, une durée difficile à imaginer. Et de plus ce Big Bang n'aurait duré que 10 puissance - 43 seconde, durée infinitésimale que l'esprit humain, tout au moins le mien, ne peut imaginer et dont en l'état de nos connaissances, il ne nous est pas possible de savoir ce qui s'y est passé et comment cela s'est passé.

Une autre description de la Création nous est donnée par le Livre commun aux trois religions monothéistes. Selon la Genèse, la création de l'univers aurait duré huit jours. Elle y est décrite avec des mots et des images que pouvait comprendre l'homme d'alors pour qui les théories de la relativité et quantique étaient inconnues et en tout état de cause inaccessibles. Mais cette description n'est pas, à mon humble avis, totalement antinomique avec celle de nos scientifiques contemporains.

Dans les deux cas, en effet, on constate que ce fut rapide sinon brutal, cataclysmique : Dieu créa successivement le ciel et la terre, la lumière, le jour et la nuit, les végétaux. Ce n'est que le troisième jour qu'il y est indiqué qu'il y a eu un soir et un matin (Genèse I - verset 13). C'était le début du temps qui pouvait alors démarrer sa marche inexorable par un autre jour, puis une autre nuit et ainsi de suite, et ce, vers une éternité sans fin, par définition ou tout au moins supposée telle.

Pour qu'il y ait temps, nous comprenons aussi qu'il faut également qu'il y ait espace. Mais alors qu'est-ce que le temps ? Est-ce une durée ? Est-ce une longueur ? C'est un peu l'un et un peu l'autre et surtout les deux, le couple espace-temps. La création a généré ce temps qui, depuis, évolue pour son propre compte selon un trajet globalement rectiligne, pour faire simple. Je n'entrerai pas dans les descriptions des déformations de cet espace-temps, qui vont jusqu’à l’annulation du temps dans les trous noirs ni dans les théories des cordes qui modifient ou raccourcissent le temps. Pas que je vous croie incapables de les comprendre, mais c'est bien au-dessus de mes possibilités trop réduites pour vous l'expliquer clairement.

Puis un certain temps s'est passé avant que la vie n'apparaisse sur terre sous forme d'une simple cellule il y a quelques trois milliards et demi d’années et un autre, non moins long, avant que cet organisme unicellulaire primitif ne se soit pourvu de membres, d'organes variés et d'un cerveau pour devenir, il y a 150 millions d’années, ce que l'on nomma successivement un homo erectus, un homo habilis, un homo sapiens. C'est à dire, Nous ! Quoique... la traduction du latin sapiens par "intelligent", "sage", "raisonnable", "prudent", peut-elle s'appliquer à nous ? Mais je m'écarte de mon sujet. Plus de temps à perdre. Je continue.

On peut penser que très vite nos plus lointains ancêtres prirent conscience de la notion du temps qui passe par l'alternance des jours et des nuits qui ont rythmé leur vie quotidienne. C'est le jour qu'ils pouvaient s'adonner au temps de la chasse - nécessaire pour nourrir la tribu - de la guerre et de "l'usinage" manuel de leurs outils utiles à la chasse, à la guerre mais également dans leur vie de tous les jours.

Rapidement nos ancêtres constatèrent que le temps du jour était d'une durée variable selon des périodes mais lorsque la durée de la journée croissait, celle la nuit rétrécissait ce qui ne permettait pas de se situer avec exactitude dans la temporalité.

Et en plus ils se rendaient compte que cela coïncidait avec des changements de temps, celui-ci météorologique cette fois. Il en a retenu la notion de saisons. Et ces saisons revenaient régulièrement selon un cycle immuable, chaque cycle correspondant à ce que nous allions qualifier bien plus tard d'une année.

à suivre...

 

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Planches
9 janvier 2019 3 09 /01 /janvier /2019 14:08

Planche de Compagnon d'Arnaud B:. présentée en Loge le 4 janvier dernier.

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Fermez les yeux mes frères et visualisez une goutte d’eau, tombant au ralenti. Imaginez la toucher le sol, toujours au ralenti. Voyez avec quelle élégance se dessinent les courbes, les milliards de mouvements à chaque micro seconde. L’équilibre géométrique parfait d’un instant fragile magnifie une simple goutte d’eau.

 

Et si par bonheur, notre monde était tout entier voué à répondre à cette ordre fabuleux ?

 

Lors du  5éme voyage de la cérémonie de passage au grade de compagnon, le vénérable  demande :

“Frère second surveillant, pourquoi vous êtes vous fait recevoir compagnon ? “ et le second surveillant répond : “Pour connaître la lettre G”.

Dans l’Instruction du grade de compagnon on apprend que la lettre G signifie géométrie. Le vénérable dit : “Frère premier expert, faites monter au récipiendaire les 5 degrés mystérieux du Temple que de la, il découvre l'étoile flamboyante et la lettre G qui en orne le centre.” avant d’ajouter : “Mon frère, considérez cette étoile mystérieuse. Ne la perdez jamais de vue. Elle est l'emblème du génie qui élève au grandes chose, et avec plus de raison encore, elle est le symbole de ce feu sacré, de cette portion de lumière divine dont le Grand Architecte de l'Univers a formé nos âmes, aux rayons de laquelle nous pouvons distinguer, connaître et pratiquer la vérité et la justice. La lettre G que vous voyez au centre vous présente deux grandes et sublimes idées :

 

  • L’une et le monogramme d'un des noms du TrèsHaut, source de toute lumière, de toute science.
  • La seconde idée que cette lettre nous présente, résulte de ce que l'on explique communément par le mot géométrie. Cette science a pour base essentielles l'application de la propriété des nombres aux dimensions des corps, et surtout au triangle auquel se rapportent presque toutes leur figures, et qui présente des emblèmes si sublimes .

 

Attardons nous un instant sur cette lettre  G.

 

Elle trouve son origine au 3eme siècle avant notre ère de la déformation par les romains de la lettre C venant du Grec Gamma. Selon Oswald Wirth il n’est question de la lettre G dans aucun rituel avant 1737. Ce sont les loges françaises qui adoptèrent cet emblème en lui donnant la signification de Gloire pour le Grand Architecte de l’univers. Lorsqu’on la dessine, on réalise que la lettre G n'est pas une lettre finie et qu’en l’observant par transparence, on découvre qu'elle n'est plus orienté de gauche à droite mais en sens sénestrogyre. Telle l’ombre portée dans la caverne de Platon, elle nous prépare à la bascule sur un autre plan. C’est donc la 7eme lettre de l'alphabet qui nous prépare à une élévation toute autre.

La lettre G est la première lettre de bien des mots symboliques : Grade (au sens de degré), le gnomon, la génèse … et même God en Anglais. Selon Louis Peyé, les Loges françaises du 18° Siècle nous donnaient à rechercher la signification de la lettre G dans les termes : "la Gravitation, la Géométrie, la Génération, la Gnose, le Génie”.

 

La Gravitation est l’attraction des masses entre elles. La fraternité pose une forme de gravitation, un lien imperceptible qui unit et qui rapproche les frères. Elle est aussi ce qui unit la terre avec les cieux. Le lien entre le profane et le divin.

 

La Génération est la notion de reproduction de la vie, non pas d’être immortel, mais de la rendre perpétuelle au travers de l’autre. Elle soulève les étapes du Maçon: l’apprentissage, le travail et la transmission.

 

Le Génie peut être définit comme celui plus intelligent que la moyenne, au point que cela devienne une caractéristique de son profil. Mais c’est aussi la notion d’idée de Génie, l'illumination soudaine, Eureka, dans laquelle l’harmonie opère et offre au penseur la lecture d’une solution. Platon écrit que “Le génie est aussi l'accès au monde supérieur, qui permet de voir les merveilles du monde intelligible “.

 

Le Larousse définit la Gnose comme “Système de pensée philosophico-religieuse qui se fonde sur une révélation intérieure, permettant d'accéder à une connaissance des choses divines réservée aux seuls initiés et permettant de saisir les mystères amenant au salut.” Mes frères permettez moi un peu de légèreté et de citer Daniel Taylor qui écrit dans “Yeti : the ecology of a Mystery” que :

“Le grand mystère qui nous anime est notre désir de connexion avec l’au-delà. Nous avons besoin de symboles qui nous permette de comprendre cette connexion.(...) Tout au long de l’histoire humaine, à travers toutes les cultures, nous avons créé des messagers de l’au-delà. C’est ce qu’est le Yeti”. Cette citation, bien que portée sur une légende, m'emmena à la question suivante :

Et si les religions partaient de principes spirituels, géométriques, trop évolués pour celui qui n’est pas prêt à les recevoir, au point qu'il fallut construire des métaphores, des symboles, appropriables par le commun des mortels pour les rendre accessibles, pour les partager et les transmettre?

 

Arrivons maintenant à la Géométrie en commençant par la fameuse citation de Platon : « Nul n’entre ici s’il n’est géomètre ». Mes frères, en entrant dans cette loge, nous venons en géomètres de notre temple fraternel. Pascal le décrit bien et pose à mon sens une des plus belles définitions de la géométrie en exprimant que :

« Toutes choses étant causées et causantes, aidées et aidantes, médiates et immédiates et toutes s'entretenant par un lien naturel et insensible qui lie les plus éloignées et les plus différentes, je tiens impossible de connaître les parties sans connaître le tout, non plus que de connaître le tout sans connaître particulièrement les parties. » Pour moi Pascal nous parle bien là de la Fraternité.

La Géométrie est aussi équilibre : un état de plénitude qui permet d’accéder à la compréhension.

L’approche Euclidienne de la Géométrie est celle « de la règle et du compas ». Les objets considérés sont les points, les segments, les droites, les demi-droites, avec leurs propriétés d'incidence (la règle), ainsi que les cercles (le compas). Ses enjeux essentiels sont l'étude de figures et la mesure. En effet la géométrie est partout: dans la musique avec l’écart entre les octaves. Et devinez quelle lettre, par sa forme, donna naissance à la clef de Sol ? Elle est aussi dans l'art avec les équilibres et lignes de fuite, dans les pyramides et leur architecture, dans la physique quantique avec les équilibres temporels de la théorie de cordes, dans les relations homme femmes, dans les relations à la nature, dans nos activités profanes ou maçonniques.

 

Alors que je repensais à cette planche une réflexion me vint : Mais alors, et si toute chose, même la spiritualité qui nous entoure, était un équilibre géométrique pur ? 

Je pense, en maçon et en profane, que l’homme est un chiffre de cet élégant calcul, une variable fragile, statistiquement si peu probable qu’elle en est miraculeuse. L’homme dépend d’une équation qui le dépasse. D’ailleurs, n’oublions pas que si nous continuons à trop changer le calcul, nous disparaitrons de l’équation. Je suis venu en cette loge en déclarant que pour moi dieu était mathématique, mais il m'apparaît aujourd’hui en Géométrie, c'est à dire mathématiques et équilibre. Mon activité profane m'amène à accompagner les organisations et les Hommes qui les composent. Celles ci répondent aussi à des lois géométriques. Ainsi, face à l'intelligence artificielle, face à la digitalisation de l'économie, face à la disparition progressive de l'homme dans la chaîne de valeur, nous redonnons à l'homme sa place en capitalisant sur l’intelligence collective, c'est à dire la capacité du groupe à être plus que la somme des éléments qui le compose. Je souhaite continuer à apporter ma pierre à cet édifice, en partageant mes compétences sur le sujet. Voilà ma place.

 

En conclusion

Le temps donne au profane l’avantage de comprendre chaque jour un peu plus le monde qui l’entoure, mais peut on en être conscient et être heureux ? Tout dépend selon moi de notre capacité à Être, avec une E majuscule, au service de quelque chose de plus grand que soit. C'est à dire d'être maçon, avec ou sans tablier, en tout cas d’être un géomètre de Platon. La Géométrie dépasse la matière et nous permet de construire notre temple intérieur. C'est elle qui nous guide dans le dessin des plans de notre développement. Quelle expérience magnifique que de dessiner l’aventure des gouttes d’eau que nous sommes au milieu d’un océan de fraternité.

 

J’ai dit Très Vénérable.

815ème article

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Planches
5 novembre 2018 1 05 /11 /novembre /2018 11:18

À la gloire du grand architecte de l’Univers,

Très vénérable,

Et vous tous mes biens aimés frères,

Il y a 3 ans, je devenais le plus jeune maçon du monde et recevais la lumière lors de mon initiation qui restera à jamais comme un moment émotionnellement fort et inoubliable, vous tous face à moi, épée en main, pointe en avant.

Ces 3 années passées dans le silence à l’ombre de la colonne du Nord accompagné de mes frères apprentis, ont été fort enrichissantes. Dans l’instruction de l’apprenti, il est fait référence aux 3 coups de maillet dont leur signification est « demandez, vous recevrez, cherchez, vous trouverez et frappez, on vous ouvrira». Je vais donc vous avancer dès à présent l’étendue de mon travail dont le sujet fait référence aux 3 voyages matérialisant entre autres les épreuves indispensables, mystérieuses et emblématiques auxquelles l’apprenti est livré lors de son initiation.

Quelques minutes avant mon initiation, je me présentais sans trop d’appréhension à l’entrée du temple paré tout de noir vêtu en ressassant ce que je suis venu chercher en Maçonnerie. Tout se précipite, je suis introduis par notre frère préparateur dans ce cachot peu engageant «la chambre des réflexions ». Quelque peu décontenancé par cet accueil froid et pour le moins déroutant, je me remémorais les dernières paroles de mon parrain : «fais-moi confiance ».

Sans le savoir, je m’apprête à vivre un beau voyage et même 3 beaux voyages puisque c’est bien là, la teneur de mon travail.

Tiré du latin Viaticus, le mot voyage désigne au moyen-âge un pèlerinage, une expédition militaire, une croisade mais aussi en langage maritime, domaine qui, vous le savez bien me tient à cœur, une croisière. Avant de vous rencontrer, ma vision profane et enfantine du voyage était celle du déplacement dans un lieu plus ou moins éloigné. Un peu plus grand, j’entends dire qu’ « on n’est pas comme on nait » pourtant je suis déjà intimement persuadé que l’homme s’améliore avec le temps d’autant plus auprès des autres et qu’on est toujours meilleurs à plusieurs. D’ailleurs Montaigne n’a-t-il pas dit qu’«il faut voyager pour frotter et limer sa cervelle auprès de celle d’autrui »

A 19 ans, je décide de rentrer dans la Marine Nationale pour voyager et sûrement pour grandir au sein d’un groupe comme j’ai déjà pu le faire plus jeune chez les scouts et chez les pompiers. Au passage, j’aime cet esprit d’unité auquel s’ajoute le respect d’autrui dans une forme d’altruisme mais n’y voyez aucune prétention de ma part. Etant déjà attiré par le secret, je choisis d’intégrer les forces sous-marines et suis amené à visiter différents endroits du globe. Je navigue de l’Australie à la Norvège en passant par la Mer de Chine, le Canal de suez ou le détroit de Gibraltar. Pendant 15 ans de ma vie, je vais donc voyager sous la mer et vivre une expérience humaine unique et extraordinaire.

Unique car la vie en communauté et en promiscuité dans la profondeur des abysses, là même où les rayons du Soleil ou de la Lune n’arrivent pas, ne correspond pas aux standards de la nature humaine. Pourtant, à bord tout le monde se dépasse, chacun tient autant à la vie des autres qu’à la sienne. La cohésion fait la force quelques soient les différences de caractère ou d’opinion. Les liens sont forts mais pourtant je ne sais pas définir mes compagnons d’expédition, ni collègues, ni frères. La confiance est aveugle et totale car chacun est formé à la gestion émotionnelle et technique de la situation.

Extraordinaire car aux sous-marins comme dans toutes les marines du monde quelles soient militaires ou non, le voyage est aussi initiatique. Tout néo sous-marinier est baptisé à l’occasion de sa première plongée à 300 mètres. Le néophyte à demi dévêtu devra boire un bol d’eau de mer avant un second d’une potion infâme afin d’être reconnu par les siens. Il en va de même pour le passage de l’Équateur appelé « la ligne » pour les initiés, les cercles polaires et les caps pour lesquels le néophyte doit subir différentes épreuves pour finir par le baptême et être reconnu comme chevalier des mers devant Neptune.

Mais ici point de chevalier des mers, tout juste un néophyte prêt à vivre ses 3 voyages initiatiques au sein de la Maçonnerie et je médite dans la chambre des réflexions.

En effet, vous comme moi avons vécu cette première épreuve dans cet endroit. Ce lieu exigu et obscur avec ses murs noircis et son sol en terre battue. L’ambiance lugubre et mortifère est renforcée par la présence entre autres d’un crâne auprès duquel sont placées des coupelles de sel et de soufre rappelant l’élément Terre qui symbolise la mort, la régénération mais aussi les éléments avec le mercure à l’origine des métaux pour les alchimistes. Dans la pénombre et le froid, la rupture avec le monde profane est franche, je ne suis plus… je meurs tout en écrivant mon testament sans repère temporel et en obéissant aux demandes précises et autoritaires du frère préparateur.

Seul face à ma feuille à la lueur de la bougie, je regarde tous ces objets et mots en y cherchant une explication. Le coq m’interpelle plus que les autres. Sans en percevoir le sens sur le moment alors que je suis dans la nuit noire, celui-ci m’avertit de l’arrivée prochaine de la lumière du jour.

Puis tout se précipite, le frère préparateur m’extrait afin de m’apprêter et me demande alors de tomber mon beau costume pour finir à demi-nu, bras et sein gauches découverts, genou droit nu et pied gauche en pantoufle. En toute humilité, les yeux bandés, me voilà physiquement et intérieurement à cœur découvert, paré à me livrer en toute sincérité. Je ne sais pas où je vais ni qui vous êtes mais pourtant je suis serein et apaisé. « Aie confiance» me rappelle la petite voix.

 

Invariablement, quelles qu’ont pu être les époques, les peuples ou les organisations, les trois phases de l’initiation restent définies par une séparation, un état transitoire et une réintégration. Pour ce qui concerne la Maçonnerie et le rite Français en particulier, la phase de séparation est caractérisée par la rupture avec le monde profane, la phase transitoire par les voyages et enfin la phase de réintégration par la renaissance de l’initié avec un nouveau statut et un état de conscience plus élevé.

 Cette initiation a une  portée symbolique.

En l’occurrence, pour comprendre tout symbole existant dans notre rituel et pouvoir le décrypter, il est nécessaire d’utiliser tout ce que les sciences nous apportent. Mais de quelles sciences parlons-nous ? De celles définies par Capella dans l’encyclopédie des arts libéraux au IVème siècle, devenus les trivium et quadrivium intégrant respectivement la grammaire, la rhétorique, la dialectique, la géométrie, l’astronomie, l’arithmétique et l’harmonie. Ces mêmes arts rapportés dans les old charges et liés étroitement aux symboles et bijoux de notre rite, le triangle équilatéral d’Euclide, l’équerre comme bijou de notre vénérable ou l’étoile à 6 branches pour les 4 éléments.

La deuxième phase de l’initiation comme avancée plus haut est celle de la transition, du voyage et en l’occurrence pour moi, celle des 3 voyages.

Rappelons-nous, cette tribulation magnifique en 3 actes sous le bandeau dans cet environnement encore inconnu.

Accompagné et soutenu par les frères  2ème surveillant et 1er expert, je pars pour mon premier voyage. Mais que l’épreuve est difficile pour le piètre être claudiquant que je suis à cet instant.

Dans un vacarme symbolique de tonnerre et de grêle amenant un sentiment de crainte, j’avance à tâtons et dois franchir des obstacles qui seraient insurmontables sans l’aide de mes 2 protecteurs. Je dois me défaire des influences extérieures et être maître de mon libre arbitre. Je suis balloté dans tous les sens, partant de l'occident domaine de la réalité objective à l'orient domaine de la réalité subjective. Je passe sans le savoir par le Nord tout juste éclairé par la lueur de la Lune symbole de l’imagination, elle-même reflétant la lumière du Soleil synonyme de raison. Ici même je passerai du temps avec mes frères apprentis à écouter, voir et chercher à comprendre. Je me dirige ensuite vers l’Orient et entame le retour par la route du Midi escaladant alors une montagne abrupte avant d’être porté par un vent furieux vers l'Occident.

Ce premier voyage symbolise tous les tumultes que la vie humaine nous impose. Qu’il est difficile de vaincre ses passions et d’endurer le vice de nos concurrents ou ennemis. De plus, la réussite personnelle et individuelle ne doit pas être un objectif au risque d’être déçu.

Le premier voyage est aussi le voyage de l’air et en l’occurrence celui du souffle du créateur donc du Verbe.

L’ambiance sonore du second voyage est plus sereine, seul le cliquetis des armes se fait entendre. Mon parcours est moins périlleux pourtant il me faut repousser le vice omniprésent dans ma vie d’homme et d’apprenti maçon. Il me faut également travailler avec engagement et persévérance pour devenir un maçon vertueux. 

Le second voyage est aussi celui de l’eau et du baptême au cours duquel se produit la dissolution de l’être dans l’élément afin de renaitre. L'eau avec le temps polit la pierre brute, c'est donc bien un symbole de purification. « Un baptême philosophique lave de toute souillure » nous dit Jean Chevalier dans son Dictionnaire des symboles. On ressort alors comme un être nouveau.

Le troisième voyage effectué d’un pas assuré dans une ambiance sereine et silencieuse, est le voyage de l’élément feu. Le feu transforme la matière en lumière et s’accompagne d’un dégagement de chaleur.

« Le néophyte se consume pour les autres et transmettra le feu d’amour qu’il a reçu lors de son initiation ».

Le feu matériel a parfait ma purification et m’appelle à devenir un être charitable et respectueux.

On peut faire une analogie de cette triple révolution avec les étapes de notre vie d’Homme mais aussi de notre vie de Maçon. Le premier voyage rappelant l’enfant et l’apprenti découvrant respectivement  la vie et la Maçonnerie sous la protection de leurs ainés. Le second voyage caractérisant le statut d’adulte et de compagnon, période de la vie pendant laquelle on se façonne, on apprend de ses erreurs et on s’améliore. En Maçonnerie, on s’aventurera sur le chemin initiatique. Enfin le troisième voyage s’apparentant au vieil homme et au maitre maçon pour qui l’exemplarité et la transmission du savoir sont les maitres mots. 

Rien ne ressemble plus à une pierre polie qu’une pierre polie alors qu’il n’existe pas sur cette terre une pierre brute identique à une autre pierre brute. Ceci m’amène à penser que le résultat de mon travail sur les voyages se devra d’être conforme à l’esquisse comme a pu l’être celui de mes prédécesseurs ayant sué avant moi. Pourtant, ce travail est le mien et à ce titre reste et restera unique.

J’ai reçu la lumière et prêté serment d’obligation de garder les secrets de l’ordre et vous m’avez reçu maçon. J’ai alors compris que je pourrai participer activement à la construction de notre œuvre collective tout en ressentant au plus profond de moi, la volonté farouche d’élever mon temple intérieur. La tâche qui s’annonce sera longue et laborieuse mais soyez-en sûrs, j’entretiendrai ma flamme intérieure afin de pouvoir partager et transmettre nos secrets. 

Vous découvrant pour la première fois, j’ai été envahi par des vagues de sentiments sincères et une chaleur que je définirais comme étant de la bienveillance, de la bonté, de la compassion, eux-mêmes définissant assurément l’amour fraternel. Je crois Mes Frères que je prenais conscience pour la première fois de la puissance de la Fraternité, celle-là même qui inconsciemment m’avait permis d’être particulièrement serein tout au long de mon initiation avec cette impression étrange de vous connaitre déjà.

Après avoir subi la mort, vécu la renaissance, entendu le Verbe, reçu la lumière, me voilà devenu plus jeune maçon du monde. Je suis alors placé à l’ombre de la colonne du Nord,  préparant mon cœur d’apprenti à se nourrir du silence.

J’ai dit, Très Vénérable.

J:.-M:. M:.

*

Commentaires par mail à l'adresse habituelle  (cf bandeau ci-dessous)

Pour connaître les usages et les fondamentaux du Rite Français : 

"Trois Pas en Loge bleue"

* 

"Rituel  de Saint Jean d'Hiver"

Pour commander ces ouvrages, envoyer un mail à l'adresse :

807ème article

 

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Planches
3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 14:46

Comme promis voici le travail sur l'Harmonie présenté par notre F:. Jean-Michel D:.

 

Harmonie   [planche]

Quand on évoque le mot «Harmonie», on pense généralement tout d’abord à la relation d’Harmonie d’un tableau, d’une musique, d’un monument architectural, d’un jardin à l’anglaise ou à la française, ou encore d’un paysage ou point de vue naturel(s).

Il s’agit d’une relation entre l’Homme-Créateur  et l’Homme-Spectateur dans le cas d’une Œuvre humaine, et d’une relation entre le Tout, la Déesse-Nature ou le G:. A:. D:. L:. U:. et l’Homme-Réceptacle dans le second cas, celui d’une Œuvre de la Nature. On peut déceler une Relation entre l’Homme, et l’un ou plusieurs de ses sens lié à son émotivité, sa spiritualité culturelle.

L’évocation de l’«Harmonie», c’est avant tout une notion d’équilibre, de justesse, d’insaisissable et en même temps d’accessible, c’est une certaine compréhension, et en même temps une quête ou un idéal de cheminement individuel et collectif. C’est aussi «réunir ce qui est épars» en apparence, s’en imprégner empiriquement avant de le réfléchir.

C’est donc d’abord une imprégnation empirique personnelle, et donc une approche d’une démarche païenne d’origine pré-solaire et chamanique qui veut que l’on aborde d’abord pleinement le Tout et que seulement ensuite on reconnaisse tels ou tels éléments, que l’on ordonne seulement alors.

Peuvent être utilisées plusieurs grilles d’analyse, à utiliser rigoureusement et dans un esprit cartésien, en conscientisant que même si elles partent de la «matière première» envisagée, c. -à-d. d’un même matériau déterminé de base, le mélange ou l’interpénétration des conclusions de chacune peut aboutir, si on n’y fait attention et si on manque de prudence et de rigueur, à une confusion, une disharmonie, c. -à-d, comme le présente la sagesse populaire, le risque de «mélanger ses pinceaux».

Chacune d’entre elles, cependant, peut permettre d’éclairer des morceaux de brouillard cachant le paysage, mais il est dangereux, comme nous venons de l’évoquer, de vouloir à tout prix «inventer» leurs rapports sous peine de se fourvoyer.

L’«Harmonie» peut être aussi synonyme, notamment en Art moderne, d’une dysharmonie, mais ici apparente, voulue consciemment et artistiquement. L’harmonie y est à trouver dans l’Abstrait : la dysharmonie apparente cache un équilibre harmonieux non visible à la première lecture, elle n’apparaît qu’à celui qui a l’esprit culturel en harmonie avec la démarche artistique proposée.

Au contraire, ce qui peut apparaître à première vue comme harmonieux, peut cacher au regard distrait, non exercé ou non préparé, donc non initié, une ou des disharmonie(s)ou déséquilibre(s) involontaire(s), pour certains donc flagrant(e/s), du(e/s) par exemple au manque de technicité de l’Artiste, comme par exemple des erreurs de perspectives dans une peinture réaliste d’un paysage.

Quand on rentre rituellement dans le Temple, le Rituel rigoureux et l’état d’esprit dans lequel on est dirigé, entraînent rapidement, tant collectivement qu’individuellement, le passage à l’intemporalité, nous mettant directement dans un état d’esprit hors des préoccupations profanes, un état d’esprit détendu, reposé, en harmonie, inspirant le bien-être comme une Méditation.

Ce climat d’harmonie semble important, aidant au dépassement de soi-même, permettant au mieux de donner à chacun le meilleur, entraînant des moments privilégiés tant dans notre raisonnement que dans notre intuition…

C’est un des chemins menant de la «Pierre brute» à la «Pierre polie».

Les anciens Opératifs nous l’ont montré : il y a des lieux et des moments rendus privilégiés, reliés au Sacré intérieur et collectif, qui permettent de s’élever vers une meilleure compréhension tant de soi-même, des autres, que de l’Indéfinissable.

Tout le Rituel  et son environnement, nous convient pour nous dépasser, nous permettant d’aller plus loin que ce que l’on pouvait s’imaginer. Ce sont vraiment des moments privilégiés où l’on peut même s’en étonner, aller plus loin dans sa compréhension que l’on pouvait s’y attendre, c. -à-d. des parts d’inconscients se conscientisant peu à peu harmonieusement.

Le Rituel étant une symbolique en action, tout peut être important et aider à une harmonisation croissante créant ces moments privilégiés  et intemporels que sont nos Tenues.

De plus, la Colonne d’Harmonie, les choix artistiques décorant le Temple en général, mais aussi le travail, contribuent à éveiller notre âme. Ce n’est bien sûr pas de sophistication baroque qu’il s’agit ici, mais bien entendu d’une contribution permanente individuelle  et collective d’une construction harmonieuse vers le Beau avec Force  et Sagesse.

Le Rituel  et la musique appropriée aident donc à l’harmonie-méditation  où règne l’harmonie des cœurs  et des pensées. A tout Chœur harmonique il y a un chef d’orchestre, ou G: . A:. D:. L:. U:, qui est en même temps au cœur de l’harmonie, c. -à-d. des chanteurs et/ou musiciens. . , et en même temps au-delà avec comme tout attribut une baguette, pour mettre à l’unisson chacun participant à l’œuvre vivante commune…

Cette baguette est comme le Maillet qui orchestre le bon déroulement de l’Harmonie intemporelle de la Loge en action… paraissant passive parfois, mais réalisant activement l’«Égrégore», union des esprits  et inconscients des FF:. .

Parler d’Harmonie, Temple, Sacré  et Héritages opératifs. , nous ramène à la relation Homme-Univers, donc Cosmologie !

Et tout d’abord, historiquement, qu’est-ce que l’«Harmonie» ? Ce mot vient de la Grèce antique, et n’a pas le sens qu’on lui attribue généralement, c-à-d. l’effet des relations existant entre les diverses parties d’un tout et qui font que ces dernières concourent à ce même effet d’ensemble.

Au départ, la notion d’«Harmonie» est plus philosophique que technique.

L’harmonie, telle que la définissaient Aristoxène, Platon ou Aristote, c’est le mode, c’est-à-dire une disposition type des sons contenus à l’intérieur de l’octave, et une succession caractéristique des intervalles inégaux qui les séparent. Tous les sons possibles sont contenus dans l’octave puisqu’ils ne peuvent, au-delà de ses limites, que se reproduire dans une tessiture différente (. )

La musique grecque classique opérait parmi tous ces possibles une sélection de sept sons… L’essentiel des traditions musicales de la Grèce antique est à la base du plain-chant médiéval où l’on retrouve ses différents modes classés en huit catégories. C’est dans cette longue période étalée sur plusieurs siècles du Moyen Age occidental que devait se produire l’évolution profonde dont est sorti le système musical sur lequel on vit aujourd’hui.

Dès lors le mot «harmonie» change de signification. Il ne s’applique plus à la succession des sons, mais à leur audition dans la simultanéité… » Cependant, il faut rappeler que Harmonie fait tout d’abord partie de la Mythologie. C’est le nom de la fille d’Ares, dieu des Enfers (qui à l’origine, avant l’avènement des dieux solaires était Grande Déesse) et d’Aphrodite d’après la tradition thébaine, tandis qu’à Samothrace, elle était considérée comme la fille de Zeus et de la Pléiade Electre. Elle fut enlevée par Cadmos qui l’épousa et elle reçut pour ses noces une robe tissée par les Grâces, ainsi qu’un collier d’or réalisé par Héphaïstos. Ce collier portait malheur à leur possesseur. » A la fin de leur vie, Harmonie et Cadmos furent tous deux métamorphosés en serpents.

On donnait également le nom d’Harmonie à la personnification de l’Ordre et de la Symétrie…

Pour terminer, je voudrais aborder succinctement  et harmonieusement la «Voûte étoilée», ainsi que le «Soleil» et la «Lune» donc une approche cosmogonique héritée dans notre Temple maçonnique.

Les Pythagoriciens «mathématisent» le Ciel connu, que nous pourrons à notre aise vivre  et étudier quand nous aurons l’âge maçonnique.

J’y retiendrai ces propos :  « -Mais quel est le fil conducteur qui relie Copernic, Brahe, Kepler, Galilée, Newton à notre symbolisme (maçonnique) astral ? Il s’agit probablement de la thèse mathématico-ontologique d’une harmonie unique de l’univers, qui est le trait essentiel de toutes les formes de pythagorisme. Car les thèses les plus novatrices du pythagorisme sont liées à sa spéculation mystique. Il nous faut donc reconnaître que la pensée de Pythagore commande une bonne partie de la pensée occidentale qui, progressivement, s’est identifiée à l’universalité… »

Dès l’avènement des religions solaires introduites chez nous dès le prénéolithique, le Sacré des Grottes, sans être négligé par le postdiluvien car réintégré pleinement dans l’architecture mégalithique. Jusqu’à toutes les Notre-Dame-de-Sous-Terre et autres Vierges Noires, le Ciel et ce qui est élevé (car sauvé des eaux post-glacières inondant les vallées), est symbolisé en tant que Suprême dominant, rassemblant « les symboles de l’ascension, échelles, escaliers, arbre, aile, montagne naturelle ou mont artificiel formé par les proéminences du temple, vision monarchique, et finalement clarté.

L’on peut dire que tout un secteur du symbolisme célestiel est au régime diurne de l’image.

Toutefois, un autre symbolisme vient se greffer sur l’archétype diurne du Ciel. Car le Ciel peut aussi être nocturne. Bien mieux, il est la scène dramatique où se succèdent les contraires, où s’affrontent les phases, où se jouent les ascensions astrales comme les déclins.

La Lune donne le ton à toute dramatisation céleste. La Lune, ainsi que ses phases, signalent sa révolution mensuelle céleste, donne le ton à toute mythologie terrestre, où se succèdent en contrastant des épisodes épiques, agricoles, biologiques.

De l’astrobiologie chaldéenne ou mexicaine pour aboutir aux civilisations méditerranéennes, c’est le drame lunaire, puis les phases de certaines planètes et le contraste du jour solaire et de la nuit qui ont ordonné les calendriers, les rituels et les mythes, spécialement ceux de la vie agricole.

Ce découpage du temps céleste en phases s’accompagne de la projection de ce temps astral sur l’espace céleste : les points cardinaux sont d’abord des points célestes, ceux des solstices et équinoxes solaires, ceux des planètes ou étoiles majeures (Sirius pour les Egyptiens. ) »

Cela aboutit à un modèle harmonieux de l’ordre de l’univers (Cosmos) où se rangent les contraires : ciel contrasté en jour et nuit, lune ascendante et descendante, quadrature équinoxiale et solsticiale. Le Ciel, « quadraturé » et ordonné, devient le modèle parfait ou puissant de toute destinée terrestre, aboutissant à l’astrologie-astronomie ne faisant encore qu’une.

On arrive enfin au symbolisme du Ciel comme modèle de régularité et de la règle de la création de l’univers. On approche du concept de «Fiat Lux» cher aux Rosicruciens anciens… Quel héritage complexe de pensée à conscientiser  et à méditer harmonieusement au sein de notre Temple qui est un carré long, dont la longueur va de l’Orient à l’Occident, la largeur du Septentrion au Midi, et sa hauteur du Zénith au Nadir…

Pour terminer, enfin, en guise d’esquisse de conclusion, je vous propose celle d’Universalis sur la régularité des rythmes. :

« Le Ciel constitue donc bien l’archétype des archétypes, le symbole majeur où se rassemblent, s’organisent et s’expliquent tous les êtres et les choses de l’univers d’ici-bas. Il est le modèle gigantesque du nombre et de l’ordre, comme l’avait bien vu, avant KEPLER, les Pythagoriciens.

C’est le lieu métaphysique par excellence, le réservoir de la Toute-Puissance par son élévation exemplaire, le modèle de toute intelligibilité par son ordre exemplaire, le lieu de maîtrise divine sur les destinées et les évènements… »

Harmonie   [planche]

Un grand Merci à Jean-Michel pour nous avoir permis de mettre son travail en ligne.

 

Illustrations :

— idéogramme chinois "Harmonie"

— photo TVF BB

Harmonie   [planche]

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RF BB T.V.F.B.B. - dans Planches
14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 16:23
Loge Bleue, pourquoi bleue ? (réparation des liens)

Plusieurs lecteurs nous ont signalé des liens inactifs dans l'article intitulé " L'Heure bleue ou, pourquoi les Loges symboliques sont elles aussi appelées Loges Bleues ?

C'est réparé !

*  *  *

"Pourquoi, dès les débuts de la franc-maçonnerie telle que nous la pratiquons, nos anciens ont-ils choisi la couleur bleue ?"

Vous trouverez des éléments de réponse en cliquant

— sur Loge Bleue, pourquoi bleue ?

— ou sur Loge Bleue, pourquoi bleue ? dans la rubriqueTextes de la colonne à droite

Illustrations :

Vignette : composée à partir de "La vie de classe - Cahier de classe moyenne et grande section - 2011-2012- Philippe Guillem - Ecole maternelle A. Camus"

Bandeau de bas de page : photo et montage BB

Loge Bleue, pourquoi bleue ? (réparation des liens)

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RF BB T.V.F.B.B. - dans Planches
24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 10:45
Le SILENCE en LOGE

Travail d'Apprenti sur le Silence, réalisé par notre B:.A:.F:. Frédéric R:.

 

A la gloire du GADLU,

Vénérable Maître, mes bien aimés Frères.

Je ne vous cache pas la difficulté de ce travail car je  me  dois de  vous parler du silence en loge, après la remarquable planche réalisée par notre frère écrivain Patrice , travail que j’ai pu lire sur le site de notre atelier.

Je vous serai donc très reconnaissant mes bien aimés frères de  faire preuve de beaucoup d’indulgence car je ne suis pas un homme de lettre comme vous le savez mais plus de formation scientifique....

Dans un premier temps, je vais tenter de définir comment je perçois  le silence dans notre vie profane avec quelques exemples puis  j’aborderai ensuite le thème du silence en loge avec pour terminer sur ma perception du  « silence forcé  » d’un apprenti pendant plus de deux ans à Trusatiles.

Tout d’abord je vous propose plusieurs  définitions généralistes du silence :

De façon étymologique le silence vient du latin « Silentium » soit l’absence de bruit :

« Tout était calme autour de lui ; on était arrivé à cette heure mystérieuse de la nuit où la nature semble dormir, et où tous les bruits sans nom de la solitude s’éteignent pour ne laisser, suivant l’expression indienne, entendre que le silence. » 

G. Aimard, Les Trappeurs de l'Arkansas, 1858

 

Une première réflexion me vient à l’esprit, on peut Entendre le Silence ou tout du moins être dans un état qui permet de rencontrer et d’écouter le silence, ce silence qui apparaît lors d’une introspection, lors d’une méditation  ou lors d’une profonde réflexion amenant quelque fois à une décision primordiale…

Une autre définition nous explique que  Le silence est, dans son sens originel, l'état de la personne qui s'abstient de parler .

Ne nous a t’on pas appris lors de notre plus jeune âge à l’école maternelle de « Faire le Silence » ? je me rappelle de cette enfance ou l’on entrait en classe dispersés ; bruyants ; énervés d’une récréation riche en évènements, le Maitre ou la Maîtresse demandant de « Faire le Silence » : permettant ainsi au groupe de se calmer ; de se mettre en position d’écoute et de travail .

Ne nous as t on pas appris plus tard de ne pas bavarder ? de faire le silence pendant les cours , de ne pas prendre la parole sans en avoir l’autorisation ?

« Silence dans les rangs !  »

ont aboyés un peu plus tard les supérieurs militaires

Je me pose la question :

Notre vie ne serait elle pas  finalement une succession de  périodes de silences forcés ou  de silences souhaités ?

Qui n’a pas déjà employé ce proverbe hébreux :

« Le silence est d'or, la parole d'argent » ?  

La valeur du silence est supérieure à celle de la parole. En effet, il est important de maîtriser le langage mais savoir se taire est un signe de sagesse. Le contrôle de soi passe à mon avis par la maîtrise de la parole mais aussi par la maîtrise des périodes de silence , on se retrouve ici dans un langage qui est différent de celui des mots .

Dans notre société et donc dans notre monde profane  est il facile et aisé de ne pas prendre la parole, de ne pas  mettre en avant son savoir ou son analyse ?

La réponse est clairement Non !

Le silence fait peur à notre époque. La vie active nous laisse peu de répit. La ville est un univers bruyant qui sollicite en permanence tous nos sens.

On nous demande, en particulier dans le monde du travail, de prendre position, d’être force de propositions, de participer à des "Brandteam" ; de prendre le pouvoir à travers des débats ; à travers des analyses ; à travers des discours ; l’influence se faisant essentiellement par la capacité à convaincre, à fédérer à travers la parole, le dialogue et l’échange .

Ne parle t'on pas actuellement de transversalité ? (nouveau modèle dans nos organisations, dans nos entreprises) Nous vivons dans une société de complexité à tel point que se résigner ou rester dans son coin silencieux, ne peut nullement procurer ni quiétude ni confort.

Dans nos relations avec l’autre, en communication lorsque nous réalisons un « silence volontaire » il est très difficile pour la personne avec qui nous communiquons de respecter cette pause silencieuse : au bout de quelques secondes seulement le dialogue est automatiquement repris car il est difficile de gérer un silence : peur du vide ? une gestion difficile de ce temps de silence forcé?  Le Silence nous fait il peur ? est il synonyme de mort dans notre subconscient ? je ne répondrai pas à ces questions mais vous propose ces quelques pistes .

Tous les recruteurs le savent : quand on veut savoir un peu plus sur un potentiel candidat , au moment le plus important de l’entretien , un silence va induire nécessairement une reprise du dialogue par le candidat et c’est là que ce dernier va se livrer encore plus .. et certainement à tort ….

 

Le SILENCE en LOGE

Pourtant, l'homme moderne n'a pas oublié la valeur du silence, même si habituellement il ne le « pratique » plus beaucoup. Certains ressentent le besoin de s'extraire de ce fond sonore pour aller chercher le silence dans les monastères,  là où il devient une règle, un chemin de vie, une nécessité pour mieux écouter l'Autre... C’est une forme de silence intérieure qui permets l’introspection , l’analyse , on décide de se taire, de faire le vide en soi, de prendre du recul par rapport à nos activités quotidiennes pour se recentrer sur l'essentiel.

Ce « silence  actif » permet le recueillement, la réflexion personnelle… il en est de même chez les bouddhistes, certains font le choix mûrement réfléchi de se retirer du monde pendant trois ans, trois mois et trois jours. Ce n'est pas une fuite mais plutôt un voyage intérieur : il leur faut une force extraordinaire pour lutter contre leurs passions.

Nous avons aussi une autre possibilité , c’est de rechercher le silence par l’extérieur :  celui que l'on peut trouver dans la Nature, au sommet d'une montagne ou dans le désert : Trouver un endroit sans bruit parasite , permet de rentrer très vite dans la réflexion de qui nous sommes , d’ou venons nous , de faire un bilan de notre vie et de notre vision du futur .. il est alors possible de faire rejoindre le silence extérieur  par celui du silence intérieure , ce que l’on pourrait peut être définir comme un état de paix de tout notre être . Il m’est difficile de rester trop longtemps isolé sans le moindre bruit ou dialogue :

« Le silence éternel de ces espaces m’effraie  » disait Pascal  

« Le silence n’a jamais trahi personne » disait aussi ce même philosophe , je me pose la question de savoir si la maitrise du silence ne pourrait pas au contraire être une force dans cette société ou nous devons en permanence faire nos preuves et rester comme on le dit dans le monde du travail «toujours en haut de la pile »…

Savoir écouter ; savoir se taire et laisser les autres se découvrirent , permet finalement de trouver les bons mots et la bonne synthèse qui pourra enrichir le débat ou la problématique. Le Silence devient alors dans ce contexte  une façon de s’exprimer ou d’acquiescer … Qui ne dit mot consent …

 

Le silence en loge :

comment  se traduit il ? comment l’ai je perçu ?

Lors de l’initiation le premier temps est rythmé par le silence  enfermé dans le cabinet de réflexion , dans un silence absolu , dans le froid et dans un environnement austère … ou je me suis retrouvé accompagné simplement par le silence mais heureusement autour d’un questionnement qui a permis à mon esprit de s’évader et déjà me poser des questions existentielles …

L’initiation était en route dans le silence , l’ensemble de mes sens étaient en éveille  avant d’entrer dans un nouveau rythme lors d’ un premier voyage lui très bruyant ….

Dans notre tradition occidentale , le silence est l’outil de l’apprentissage . Faire silence est un outil qui permet de se rendre disponible à la parole de l’autre 

J’ai abordé lors du premier chapitre cette métaphore de l’école à travers notre expérience écolière , 

En loge , Il me semble être retourné à la maternelle, de nouveau nous marchons en rang, nous faisons des devoirs mais aussi  des pensums, et l'on nous astreint au silence, l’élève devient silencieux car il doit apprendre !

Moi qui communique et qui parle beaucoup dans la vie profane, voilà que l’on me demande de ne plus rien dire ; au début de mon entrée à Trusatiles, les premiers mois cela me semblait difficile et presque injuste de ne dire mot, puis au fil des mois je me suis habitué à cette situation, la trouvant finalement assez confortable, surtout comparée à celle de certains officiers en particulier celui de l’orateur ou du secrétaire...

Finalement, le fait de ne pas parler m’a permis d’observer le rituel et le rôle de chacun afin de trouver une parfaite harmonie . J’ai pu essayé de comprendre ce rituel unique ou tout est pensé, réfléchi ou le symbolisme est omniprésent.

Moi l’homme de communication qui essaye toute la journée de convaincre au niveau de mes interlocuteurs professionnels ou au niveau des sympathisants dans mes différents  engagements, il a fallu que je trouve la symbolique de ce silence et surtout les bienfaits que l’on peut exploiter à la fois dans le temple mais aussi dans la vie hors du temple .

Moi qui passe mon temps en réunion , me voilà en train d’observer et me retenir à prendre la parole à tors et à travers ou trop rapidement ; comme le dit le dicton

« Il est bon de parler et  meilleur de se taire  ».

Je peux dire avec beaucoup d’humilité avoir changé de comportement dans certaines situations  ou pour preuve je commence à me dire :

« Tiens là tu ne parles plus autant qu’avant , tes interventions sont plus courtes et plus synthétiques … est ce une conséquence de mon expérience en loge … je le pense objectivement … c’est peut être là que je peux me dire que j’ai objectivement commencé à tailler ma pierre .. »

Ce silence ou cette écoute active permet de comprendre une situation ; d’être capable de mieux faire la synthèse et d’apporter la pierre manquante à l’édifice lors de  la résolution d’une problématique par exemple.

C’est dans le silence qu’on se retrouve soi même que l’on peut analyser ce qui est le plus important , que l’on peut se rendre compte que l’on vit un moment exceptionnel et que ce moment est certainement un instant de bonheur.

 

Pour conclure :

Le silence n’est il pas plus important que la parole dans certains cas ??

N’est il pas aussi l’une des manières de reconnaitre un frère dans la vie profane ?

Dans la franc maçonnerie le silence est certainement le premier outil de l’apprenti , il le restera toujours pour le maçon en effet l’essentiel de notre démarche repose sur une volonté personnelle de perfectionnement intérieur  aidée en cela par l’écoute donc par le silence actif , mais aussi par la rigueur et la fraternité entre tous.

Pour moi, le silence renvoie aussi au secret dans la loge mais aussi à l’extérieur,  l’accès au temple, l’appartenance de cette société discrète, ce silence devient alors protecteur et nécessaire.

Le silence que vous m’avez imposé pendant ces deux années n’est il pas un cadeau que vous m’avez fait mes BAF ? Je le pense et vous en remercie tous très fraternellement .

J’ai pu regarder , analyser , essayer de comprendre le rituel sans prendre le moindre risque lié à la prise de parole , cela m’a permis aussi de me concentrer sur moi même et de commencer à chercher les réponses à quelques questions :

— Qu’est ce que je recherche dans la Franc Maçonnerie ?

Pourquoi suis je impatient et heureux de retrouver l’ensemble de mes frères lors des tenues ?

Que pourrais-je à mon niveau apporter à ma loge ?

Comment puis-je mettre en application  le savoir être et le savoir appris en loge  dans le monde profane ? etc.  

Mais rester trop longtemps dans le silence serait contre productif avec le risque de s’isoler et de ne  pas aider à construire notre édifice commun .

Je terminerai  sur une parole de Mère Térésa :

« Dieu est l’ami du silence .Les arbres ,les fleurs et l’herbe poussent en silence. Regarde les étoiles ,la lune et le soleil ,comment ils se meuvent silencieusement. »

Je suis très impatient d’écouter vos enrichissements  mes Baf qui vont me permettre  de lever certaines  interrogations, inutile d’en dire plus !

je retourne  dans mon Silence...

J’ai dit …

Le SILENCE en LOGE

Illustrations :

Coucher de soleil en Arkansas

Ecole de Bugny-les-Gamaches (Somme) en 1905

Frise tvfbb

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RF BB F:. R:. apprenti - dans Planches
12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 12:00
 Propos sur la Fraternité

 

Vénérable Maître, et vous tous mes Bien Aimés Frères,

Ici, tout est symbole !

Définitions de la fraternité

Fraternité est un nom féminin

Etymologiquement, il vient du latin fraternitas, relations entre frères, entre peuples, lui-même dérivant de frater, frère. La fraternité est le lien fraternel et naturel ainsi que le sentiment de solidarité et d'amitié qui unissent ou devraient unir les membres de la même famille que représente l'espèce humaine. Elle implique la tolérance et le respect mutuel des différences, contribuant ainsi à la paix. Dans un sens plus restrictif, la fraternité désigne le lien existant entre les membres d'une même organisation, entre ceux qui partagent un même idéal ou qui ont combattu ou combattent pour une même cause, comme à l'époque féodale, où la Fraternité d'arme était le lien qui unissait deux chevaliers qui s'étaient promis aide mutuelle. La fraternité est aussi l'une des trois composantes de la devise de la République Française : "Liberté, égalité, fraternité". Tellement d'actualité en ces temps-ci !!

Troisième élément de la devise de la République, la fraternité est ainsi définie dans la Déclaration des droits et devoirs du citoyen figurant en tête de la Constitution de l'an III de 1795, à l’article 2 des devoirs : « Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fit ; faites constamment aux autres le bien que vous voudriez en recevoir ». Elle n'a été accolée aux deux droits précédents qu'en 1848 sous l'influence des députés catholiques, qui voulaient prévenir la proclamation d'un droit au travail.

Selon Paul Thibaud, philosophe et ancien directeur de la revue Esprit, « Autant la liberté et l'égalité peuvent être perçues comme des droits, autant la fraternité est une obligation de chacun vis-à-vis d'autrui. C'est donc un mot d'ordre moral. »

La fraternité est également une valeur de l'humanité, comme en témoigne l'article 1 de la Déclaration universelle des Droits de l'homme :

"Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité."

Plus rarement la fraternité désigne le lien de parenté entre les frères et soeurs d'une même famille (la fratrie). La fraternité se distingue de la solidarité par la dimension affective de la relation humaine liée au sentiment d'appartenance à la même espèce, l'humanité, ce qui lui donne un caractère plus universel.

Au sens commun, cette notion désigne un lien de solidarité et d'amitié entre les humains.

 

Pourquoi la fraternité chez les Francs-Maçons

Le LAROUSSE nous dit que la franc-maçonnerie est une association (…) de personnes qui professent des principes de fraternité, se reconnaissent entre elles à des signes et à des emblèmes, se divisent en groupes appelés "Loges".

C’est dans les anciennes obligations dites Constitution d’Anderson considérées comme la Loi fondamentale de la Franc-Maçonnerie Universelle que nous trouvons les références principales à la fraternité : « C'est ainsi qu'ils répondaient aux attaques de leurs adversaires et qu'ils élevèrent l'honneur de la fraternité qui en temps de paix toujours prospéra. » pouvons nous lire dans le chapitre II qui traite Du MAGISTRAT CIVIL, SUPRÊME et ORDONNÉ.

Le respect constant de cette tradition, malgré les diversités de caractère des Grandes Loges de tous les pays, malgré la variété des Loges qui les composent, malgré les tendances particulières des frères de toutes origines, de toutes nationalités, de toutes croyances et de toutes opinions qui les animent, assure à l'ordre maçonnique son caractère universel et permet à tous les Francs-Maçons de se reconnaître entre eux comme frères.

Ces règles traditionnelles sont notre ciment et notre lien. Elles sont à la fois d'ordre moral et d'ordre pratique. Elles fixent dans ses grandes lignes la vie des Loges, et assignent à tous les frères des impératifs moraux intangibles. Elles maintiennent le cadre de l'ascèse maçonnique, quête perpétuelle de la vérité et de la justice, à l'abri de toute querelle religieuse ou politique.

Elles permettent à la Franc-Maçonnerie de constituer ce vrai centre d'union où se rencontrent fraternellement des hommes qui, sans Elles, seraient demeurés perpétuellement étrangers les uns aux autres, précepte énoncé au chapitre I.

Ces termes de « fraternité » et de « frères » se retrouvent ensuite dans l’ensemble des chapitres de ce document de référence et également dans la Règle en douze points qui a été forgée dans la quintessence des textes anciens.

Il ressort de cette Règle que la Franc Maçonnerie est un Ordre, une fraternité initiatique ayant pour fondement la foi en Dieu, qu’elle se réfère aux Anciens Devoirs, qu’elle vise au perfectionnement de ses membres au travers des rituels et du symbolisme, qu’elle interdit en son sein toute discussion politique ou religieuse mais qu’elle respecte les opinions de ses membres qui prêtent leurs obligations sur un Volume de la Sainte Loi, que les francs maçons s’assemblent dans les loges pour y travailler, que seuls sont admis les hommes majeurs de réputation parfaite, gens d’honneur loyaux et discrets qui cultivent l’amour de la patrie, la soumission aux lois et le respect des autorités, qu’ils contribuent au rayonnement de l’Ordre par leur exemple, et qu’ils se doivent mutuellement aide et protection fraternelle, gardant en toute circonstance calme équilibre et tempérance.

Rappelons qu’un Ordre est un ensemble de personnes qui, par un acte d’adhésion libre, ont fait le serment solennel de se soumettre à l’ensemble de ses règles.

1- La Franc-maçonnerie est une FRATERNITE initiatique qui a pour fondement traditionnel la foi en Dieu, Grand Architecte de l’Univers.

2- La Franc-maçonnerie se réfère aux "Anciens Devoirs" et aux "Landmarks" de la FRATERNITE, notamment quant à l’absolu respect des traditions spécifiques de l’Ordre, essentielle à la régularité de sa juridiction.

3- La Franc-maçonnerie est un Ordre auquel ne peuvent appartenir que des hommes libres et respectables, qui s’engagent à mettre en pratique un idéal de paix, d’amour et de FRATERNITE.

Les francs-maçons se reconnaissent donc entre eux pour frères et se nomment mutuellement ainsi. Cette fraternité n'est pas que symbolique, elle est en principe ressentie sincèrement par tous.

J’ai bien dit en principe car si la franc-maçonnerie est une recherche de Vérité, ou de Connaissance, une recherche du sens de l'Univers et de l’Humain dans l'univers, une conquête de la liberté rassemblée dans une quête initiatique, cette initiation maçonnique est avant tout la quête de la fraternité dans laquelle nous pouvons retrouver l’ensemble des autres éléments.

La Franc-maçonnerie est un ordre initiatique fondé sur la fraternité et comme nous l’avons vu précédemment, les textes constitutifs insistent sur ce point.

Comment, la fraternité chez les Francs-Maçons

La Fraternité maçonnique se découvre dans tout ce que nous offre le rituel :

En tout premier lieu et au tout premier instant, dans le Serment que nous prononçons lors de notre initiation. Ce serment qui est un acte libre et réciproque, comporte le double engagement de l’Initié et de ses frères à son égard. Lors de la cérémonie d'initiation d'un nouveau franc-maçon, tous les présents portant leur glaive en main, lui promettent avec force que si son honneur était un jour menacé, il trouverait ses défenseurs parmi les membres de la loge.

L’accolade qui est le premier signe qu'apprend le nouveau franc-maçon, profane venant juste d’être initié. Elle se pratique sous la forme d'une triple accolade. C'est le baiser de paix et de fraternité … A ne pas confondre avec le baiser de Judas !

Le Pavé Mosaïque, qui symbolise toutes les dualités non confondues et l’ambivalence entre frères, nous montre que les contraires peuvent co-exister et se compléter pour former un ensemble harmonieux.

La lettre G qui n’apparaît qu’au grade de Compagnon et qui peut être l’initiale, entre autres, du mot Gravitation force du cosmos et des corps physiques, en lien avec les forces exerçant une action morale et spirituelle, assurant la cohésion et la stabilité de l’édifice, ces forces étant essentiellement la Fraternité qui naît de l’initiation et l’Amour Fraternel, générateur d’harmonie et de stabilité.

Le "lacs d'amour" qui vient du latin « laqueus - cordon» et qui est le symbole de l'engagement, du lien, de ce qui lie. Il figure sur notre houppe dentelée (corde à noeud) où il symbolise la chaîne d'union.

De tous les rites, celui qui est, peut-être, le plus important : la Chaîne d’union qui est définie dans le dictionnaire illustré de Franc-Maçonnerie comme le symbole de la communauté des hommes, de leur fraternité. Elle se forme à la clôture des travaux. Tous les frères forment un cercle clos en se donnant la main dégantée, ce cercle symbolisant la cohésion de la Loge, l’échange d’énergie et de fraternité liant tous les membres.

Lorsqu’on apprend au nouvel initié qu’il vient d’être admis dans la Franc-maçonnerie, on l’invite à entrer dans la Chaîne d’Union, à former un nouveau maillon. Le nouveau frère découvre dans cette cérémonie rituelle plus qu’un symbole, il perçoit le message de fraternité

J'ai dit

Frédéric C:.

 Propos sur la Fraternité

Morceau d'architecture lu en Loge le 7 janvier 6015

 Propos sur la Fraternité

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