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17 décembre 2019 2 17 /12 /décembre /2019 10:38

La photo a été prise par notre TRF J:.-L:. T:. dans la salle des pas perdus de la Loge ALGARBE 24, GLLP, temple de ALBUREIRA, Algarve, Portugal. Reconnaissons qu'il était impossible de répondre la question "où ?" sans avoir visité cette Loge !

Vous trouverez ci-dessous la première étape de l'analyse de ce tableau : identification des différents éléments symboliques.

Dans la deuxième étape nous étudierons ce qui concerne le plan de la loge, son orientation, et la construction géométrique (cercle bleu en haut à droite).

Question subsidiaire :

 En examinant ce tableau, à quel(s) rite(s) pensons nous ?

A vos commentaires.

Vos réponses par mail à tvfbb à l'adresse habituelle :

825ème article

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Symbolique
29 novembre 2019 5 29 /11 /novembre /2019 21:22

Notre T:.R:.  J:.-L:. T:., lors de ses pérégrinations, a fait une découverte qu'il s'est empressé de photographier.

Voici la photographie qu'il nous a fait parvenir.

Où a-t-elle été prise ?

Que vous évoque-t-elle ?

Vos réponses par mail à tvfbb à l'adresse habituelle :

824ème article

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Symbolique
20 novembre 2019 3 20 /11 /novembre /2019 11:27

Pour tout renseignementt sur cette ouvrage s'adresser à l'auteur à l'adresse habituelle ci-dessous :

 

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Rite Français
20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 15:14

Mozart en Loge, tableau réalisé par un auteur inconnu vers1790, Musée de Vienne. Mozart est assis en bas à droite à coté d'Emanuel Schikaneder, auteur du livret de "La flûte enchantée.

Suite ...

Un demi-siècle plus tard en Autriche, le 5 décembre 1784, le Secrétaire de la R\L\ Zur Wohlthätigkeit, La Bienfaisance, fait parvenir une invitation pour l’initiation du Kapellmeister Mozart aux LL\ sœurs de l’Or\ de Vienne. Mardi 14 décembre, Wolfgang Amadeus Mozart frappe à la porte de la maison tout près de chez lui, la maison « Zum rothen Krebsen » - Aux écrevisses rouges – ça ne s’invente pas !!! Il y reçoit la lumière comme apprenti franc-maçon au rite de la Stricte Observance ; ancêtre du Rite Ecossais Rectifié. Un mois plus tard, le 15 janvier 1785, il dédicace et interprète à son ami compositeur et frère Joseph Haydn, son dernier quatuor à cordes. C’est une répétition générale. Mozart est à l’alto, son père Leopold Mozart et Karl Ditters von Dittersdorf aux violons et Jean-Baptiste Vanhal au violoncelle. Pour la seule et unique fois de ses 23 quatuors, il commence par un mouvement lent, adagio, inquiet, sombre, ténébreux, dissonant, en ut mineur. Avec ses 3 bémols à la clef, il ouvre une porte, celle de la franc-maçonnerie pour atteindre la grâce, l’allégresse, cet allegro apaisé, lumineux, solaire, consonnant en UT Majeur, la tonalité de Dieu.

 « La Franc-Maçonnerie est une Fraternité initiatique qui a pour fondement traditionnel la foi en Dieu, Grand Architecte de l’Univers ».

Passer de la dissonance à la consonance est la première règle en harmonie. Le soir même du 15 janvier 1785, pour la R\L\ La Bienfaisance, voici la première entre frères du Quatuor des Dissonances. Le B\A\F\ Mozart taille une colonne d’harmonie inégalée dans l’histoire de la musique et livre de sublimes impressions d’initiation.

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) > Quatuor en Ut Les dissonances >  Adagio-Allegro  > 2’55’’

« Mes pareils à deux fois ne se font point connaître,

Et pour leurs coups d’essai veulent des coups de maître. » (Corneille > Le Cid)

Et des coups de maître, en lien avec notre franc-maçonnerie, le Frère Wolfgang en composera jusqu’à l’Orient Eternel ; le trio des quilles, la musique funèbre maçonnique entre autre, ou ses trois dernières œuvres, l’aristocratique Clémence de Titus, la populaire Flûte enchantée et le divin Requiem.

Vous l’aurez compris mes FF\, si d’aucuns pensent que la musique n’a pas sa place dans nos tenues, elle apparaît la première fois en 1723, dans le chansonnier en annexe des constitutions d’un certain Anderson. Il reste alors tant et tant à chercher et à découvrir. Prenez un exemple : Outre qu’ils étaient musiciens, quel point commun existe-t-il entre Mozart père et fils, Haydn, Guénin, Boieldieu, le Chevalier de St-George, Johann Christian Bach, Rouget de L’Isle, Liszt, Wagner, Verdi et plus près de nous Sibelius, Gershwin, Copland, Barber, Nat King Cole, Louis Armstrong, Duke Ellington, Count Basie, John Coltrane, Lionel Hampton ? Bien sûr la liste n’est pas exhaustive. Je vous laisse chercher !

Pour conclure, la colonne d’harmonie, dont le terme apparaît en 1840 dans les registres du G\O\D\F\ est une colonne invisible.  Pas de rituel pour rigidifier son socle, pas d’ordre pour classifier sa forme, juste la liberté ; la liberté de chaque maître, compagnon ou apprenti au pupitre, pour laisser la force du langage universel nous entourer, porter la beauté de nos tenues et chercher dans la sagesse de l’expression, de l’interprétation, de notre propre intérieur, la voix du cœur, cet égrégore, ce chant que St-Grégoire le grand nous a légué par ces mots : « La musique élève les âmes vers Dieu ».

Et c’est bien Dieu et les anges qui doivent être charmés après avoir reçu la soprano qui a bercée mon enfance ; Bon voyage Madame Jessye Norman, votre si belle voix restera immortelle…

Anonyme populaire écossais ou irlandais  > Amazing Grace >  Jessye Norman  > 3’18’’

Jérôme V:.

Pour les FF:. de la R:.L:. Michel-de-L’Hospital à l’Orient d’Aigueperse

Le 30ème jour du 7ème mois de l’A:.V:.L:. 6019

 

Références discographiques

 

1- Hymne grégorien à St-Jean-Baptiste / Youtube > interprété par Janton

2- Goudimel / psaume XL / Après avoir constamment attendu / CD Harmonia Mundi > Psaumes de la réforme par l’Ensemble Clément Janequin

3- Bach / Joannes-Passion / Choral : O grosse Lieb, o Lieb ohn alle masse / CD DHM > St John’s Passion par la petite bande

4- Rameau / Les Indes Galantes / Entrée des Incas du Pérou / Air de Huascar / CD Harmonia Mundi > Les Indes Galantes par Les Arts Florissants

5- Mozart / Quatuor en Ut Les dissonances /  Adagio-Allegro / CD Naïve > Les six quatuors dédiés à Haydn par le quatuor Cambini

6- Anonyme populaire écossais ou irlandais / Amazing Grace /  CD Philips > Airs sacrés par Jessye Norman

___________________________________

Les indispensables du Rite français

Trois Pas en Loge Bleue, Usages et Fondamentaux - Tome I

Rite Français, Sens et Symbolique - Tome II

Disponibles chez l'auteur, voir adresse ci-dessous

822ème article

 

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Rite Français
13 octobre 2019 7 13 /10 /octobre /2019 14:21

 

Lors de notre dernière Tenue, notre B.A.F. Jérôme V., Premier Surveillant, nous a fait faire un voyage de l’origine de la musique occidentale au siècle des lumières, en nous présentant ce morceau d'architecture intitulé :

La Colonne d’Harmonie,

petites variations à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers

« Au commencement était le verbe, et le verbe était auprès de Dieu, et le verbe était Dieu »

« Il y eut un homme envoyé de Dieu, son nom était Jean »

Jean… Au commencement était la musique, celle de St-Jean le Baptiste fêté au solstice d’été :

Hymne Grégorien à St-Jean-Baptiste > 40’’

Quarante secondes inspirent le moine italien Guido d’Arezzo au tournant de l’an mille. De l’hymne grégorien à St-Jean-Baptiste, il dessine les fondations de la musique occidentale. Cet hymne où chaque phrase musicale monte d’un ton et dont le texte latin du moine Paulus Diaconus (Paul le diacre) représente en acrostiche une phrase :

Ut, ré, mi, fa, sol, la.

Ut queant laxis

resonare fibris

Mira gestorum

famuli tuorum,

Solve polluti

labii reatum.

Sancte Iohannes

Pour que tes serviteurs puissent chanter à pleine voix les merveilles de ta vie, efface le péché qui souille leurs lèvres, Saint Jean

Ensuite, Guido après avoir regardé sa main gauche imagine pouvoir lire la musique sans l’écrire, la main devient harmonique, telle une colonne, cinq doigts comme cinq lignes, Sol, Fa, le solfège, le micrologus de disciplina artis musicae, le micro langage en 1025 va pouvoir se transmettre pendant plus d’un millénaire.

Plus tard au XVIème siècle le musicien Anselme de Flandres ajoutera Si en gardant les deux premières lettres de Sanctus Johannes. D’un Jean à l’autre, le verbe c’est fait musique.

Mais remontons le temps. Mille ans avant notre ère en Israël, il y eu un roi nommé David, le bien aimé, guerrier, musicien et poète, l’alliance de la sagesse, de la force et de la beauté. De la musique, délaissant la flûte préhistorique, David écrivait, composait et louait Dieu accompagné d’un psaltérion. Et se fut le livre des psaumes, le psautier ; cent cinquante poèmes lyriques, une tête de porc en bois, quelques cordes de boyau séché et des ongles affutés. Deux mille cinq cents ans plus tard, le XVIème siècle, la Renaissance, la Réforme,  les poètes Clément Marot & Théodore de Bèze traduisent le psautier en langue vulgaire - mais quel beau françois - les compositeurs Claude Goudimel ou Paschal de L’Estocart, entre autres, le mettent en musique - quelles belles polyphonies -  pour que le plus grand nombre puisse chanter Dieu, accompagné d’une tête de porc devenue clavecin, d’un orgue positif ou d’un luth, seul ou en assemblée, au culte dominical ou dans l’intimité familiale, à Genève ou à Lyon.

Trois mille et vingt ans plus tard, Après avoir constamment attendu.

Claude Goudimel (1514-1572) > psaume XL > Après avoir constamment attendu > 1’27

Tout cela est très latin, une superposition de lignes mélodiques dans le prolongement de la main du moine Guido, ou plutôt, avec mes excuses, très français réformé, pour la plus grande gloire de Dieu. Mais peut-être manque-t-il une assise, de la rigueur ; passer de l’horizontalité à la verticalité, de la colonne corinthienne à la colonne dorique, de la beauté renaissante à la lumière du XVIIIème siècle, du Sud au Nord, de l’église réformée à l’église luthérienne.

7 avril 1724, église St-Nicolas de Leipzig, les vêpres du vendredi saint. Ce soir on glorifie l’image du Christ, comme souvent chez les luthériens. L’auteur est Jean - l’Evangéliste cette fois - le compositeur est cantor, Jean-Sébastien Bach. Toute la ville est venue pour la première de la Passion.  Après le cœur d’entrée et les premiers récitatifs, l’assemblée se lève et entonne avec chœurs, solistes et orchestre, sous la direction du maître de musique, un choral O grosse Lieb, o Lieb ohn alle masse > O amour immense, ô amour sans commune mesure

Johann Sebastian Bach (1685-1750) > Joannes-Passion > O grosse Lieb, o Lieb ohn alle masse > 59’’

Ici tout n’est que verticalité, ferveur et tendresse, harmonie germanique.

1722, deux ans plus tôt, un certain Jean-Philippe Rameau poursuit l’exploration de l’harmonie et ses recherches l’invitent à publier le « Traité de l’harmonie réduite à ses principes naturels ; Par Monsieur Rameau, Organiste de la Cathedrale de Clermont en Auvergne ». Tout est dit… Un traité faisant date, à l’origine de l’orchestre français, où Rameau invente sa célèbre gamme ; les ténèbres du mode mineur, dont la seconde augmentée entre les 6ème et 7ème degrés, le Diabolus in musica, le diable en musique, est gommé pour atteindre la note sensible, la cadence parfaite, le mode majeur solaire. Quelques vingt années avant la consécration de la première loge d’Auvergne, la R\L\ St-Julien à l’Or\ de Brioude en 1744, tout cela est fortement teinté de maçonnerie. Impossible de savoir si Jean-Philippe Rameau fût initié, même si nous pourrions l’imaginer au contact de ses frères librettistes, Louis de Cahusac ou l’auvergnat Jean-François Marmontel entre autres, au regard de quelques opéras Dardanus, les Boréades, Zoroastre, et même les Indes Galantes, ce 28 août 1735 à l’Académie Royale de Musique aux Tuileries, où dans l’entrée des Incas du Pérou, le grand prêtre Huascar nous invite à la nostalgie et à la méditation :

Soleil, on a détruit tes superbes asiles,

Il ne te reste plus de temple que nos cœurs.

Jean-Philippe Rameau (1683-1764) > Les Indes Galantes > Entrée des Incas du Pérou > Air de Huascar > 2’19’’

à suivre...

La suite paraitra dans le prochain article

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Les indispensables sur le Rite français

Trois Pas en Loge Bleue, Usages et Fondamentaux - Tome I

Rite Français, Sens et Symbolique - Tome II

Disponibles chez l'auteur, voir adresse ci-dessous

821ème article

 

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Symbolique
18 septembre 2019 3 18 /09 /septembre /2019 16:21

A la suite du tome I "Trois Pas en Loge Bleue" sur les fondamentaux du Rite français,  nous avons le plaisir de vous informer de la parution du tome II consacré à la symbolique du même rite, sous le titre : "Rite Français, Sens et Symbolique"

 

« Dans ce deuxième opus sur le Rite Français, l'auteur s’est attaché à décrypter le sens des Tenues. Il nous propose par ailleurs une analyse verset après verset, du Prologue de l’Evangile selon saint Jean, avant d’aborder l’ésotérisme de la cérémonie de réception au premier grade. Il nous révèle comment il a découvert la symbolique maçonnique et en particulier celle de son Rite préféré. »

 

L'ouvrage est préfacé par le TRF GMP d'Auvergne.

Il est disponible chez l'auteur.

Tous renseignements auprès de l'auteur à l'adresse habituelle :

820ème article

 

 

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Rite Français
13 juillet 2019 6 13 /07 /juillet /2019 16:51

L'image ci-dessous est le fragment d'une pierre tombale du XIIIème siècle :

1) Quel est le nom du personnage figurant sur cette pierre tombale ?

2) Où se trouve cette dernière ?

3) Quel est l'objet représenté ?

4) Quel est l'usage de celui-ci ?

Réponses à l'adresse habituelle tvfbb... voir le bandeau ci-dessous

___________________________________

 

A lire à l'ombre d'un parasol, les fondamentaux du rite Français :

 

Trois Pas en Loge Bleue  (toujours disponible).

 

en attendant la parution, à la prochaine rentrée, du Tome II

 

Rite Français

Sens et Symbolique

Réservation possible dès maintenant

Bonnes vacances à tous

819ème article

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RF BB Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine - dans Enigme
20 juin 2019 4 20 /06 /juin /2019 10:03

Très Vénérable,

               Permettez-moi de dire quelques mots en préambule à la planche que j’ai l'honneur de vous présenter ce soir.

               Cette planche, dans sa première mouture, a été lue en loge le 08.03.90. C'est dire, s’il s'agit d'un vieux travail - mon premier travail en fait en dehors de celui d’apprendre le rituel par cœur - puisque, initié le 21.01.89. Je n'étais donc que très jeune Compagnon.

               Conformément à ce rite dans lequel j’étais né en F.M, il ne m'avait été demandé par personne, la rédaction de planches étant « tolérée » et, la lecture n’étant pas rituelle, s’était faite après mise en récréation de la loge.

               Cette passion qui est la mienne pour ces étoiles qui nous dominent, nous éclairent, nous interrogent, était ancienne et j'avais aimé, lorsque la Lumière m'avait été donnée, les retrouver comme constituant du toit du Temple ce qui me rassurait. C'est pour ces raisons, que j'avais proposé à mon V.M de l'époque, d'écrire ces quelques mots.

               La planche de ce soir, comme toutes celles que j'ai écrites à ce jour, ne se veut donc nullement didactique, exhaustive, scolaire, livresque, que sais-je encore... Elle est le reflet de quelques réflexions personnelles que j'ai envie de partager avec les F.F de notre loge.

               Je vous parlerai donc de la Voûte Etoilée, celle qui délimite la grande loge universelle à son zénith, tout comme le pavé mosaïque est sa limite au nadir, témoignant ainsi de l'immensité et de l'universalité de la F.M régulière et pouvant symboliser, par la dispersion et l'alternance plus ou moins ordonnée de leurs différents composants, les aléas bons ou mauvais qui ne manquent pas d'émailler notre vie terrestre.

               C'est donc avec un grand plaisir que je vais vous soumettre ce modeste travail dans sa forme quasi-première et dans lequel je n'ai fait que développer un peu le passage concernant COMPOSTELLE pour les raisons que vous devinez aisément (ce travail avait été lu dans la R.L Ultréia, qui tire son nom du mot d’encouragement des pèlerins pour aller plus loin) et ajouter quelques réflexions.

               A vous tous, je demande donc toute votre indulgence et toute votre tolérance qu'il sied à un travail en grande partie de compagnon.

 

* * * * * * * * * * * *

 

La Voûte Étoilée

 

               Quand la Lumière me fût donnée au cours de la cérémonie de mon Initiation, mon attention fût retenue – entre-autre - par le sombre plafond constellé de la Loge dont je n'avais très certainement pas compris la signification profonde - mais en sais-je vraiment beaucoup plus aujourd'hui ? Toutefois, sa présence avait - pour moi qui aime tant à contempler la beauté naturelle et le calme de la profondeur infinie du ciel, une nuit d'été - quelque chose de familier qui était fait pour me rassurer.

               En essayant de réfléchir sur cette voûte étoilée qui, par son immensité, m'a fait si souvent rêver, j'ai eu, certainement, une occasion nouvelle de l'approcher plus près, sous l'angle différent certes de la symbolique, mais qui me permettrait également de mieux la comprendre tant les intrications sont serrées.

               La Genèse dans ses versets 14 à 18 de son premier Chapitre, indique que la Lumière "est" depuis le commencement du Monde puisqu'elle fût la première des créations de Dieu et je cite

               Puis Dieu dit : qu'il y ait des luminaires dans l'étendue des Cieux, pour séparer la nuit d'avec le jour et qui servent de signes, et pour les saisons, et pour les jours et pour les années

               Et qui soient pour luminaires dans l'étendue des Cieux afin de luire sur la terre ; et ainsi fût.

               Dieu fit donc deux grands luminaires ; le plus grand luminaire pour dominer sur le jour et le moindre pour dominer sur la nuit ; il fit aussi les étoiles

               Et Dieu les mit dans l'étendue des cieux, pour luire sur la Terre

               Et pour dominer sur le jour et sur la nuit et pour séparer la lumière d'avec les ténèbres ; et Dieu vit que cela était bon.

               En l’espace d’un temps infiniment petit, le Big Bang a tout crée. Cet « accident » - mais en est-ce un ? a été le point de départ d’une dilation qui ne cesse de se poursuivre encore aujourd’hui est qui est à l’origine de tout ce que nous voyons et surtout, de ce que nous ne voyons pas

               Les limites de notre Temple sont très chargées symboliquement, puisqu'il est une "re-création" du Monde à l'échelle de l'Homme. Il est donc logique que cette voûte étoilée en délimite sa partie supérieure - comme l'Orient, l'Occident, le Midi et le Septentrion en sont ses côtés et le Nadir son sol. Elle est donc en lieu et place de notre toit et de ce fait elle devient tout naturellement notre protectrice supérieure.

               Il est tentant, comme il est fait souvent, de lier le mot « temple » au grec ancien τέμενος (témenos) qui est un champ ou un bois sacré, un enclos réservé aux chefs – ce mot étant issu du verbe τέμνω (témno) qui veut dire « couper ». De même il est tentant de faire de templum la coupure entre le profane et le sacré. Une autre origine possible en ferait un mot pouvant être issu l’indo-européen commun temp que l’on peut traduire par « étendre, étendue, d’où la notion d’espace ». Templum peut également être relié à contemplor ce qui signifie « regarder l’espace, le ciel en vue d’un présage, contempler », qui a très tôt pris un sens religieux. De fait le "templum" désignait un espace sacré et découvert d'où il était possible d'observer l'horizon dans toutes les directions et de là, contempler le Ciel et méditer sur notre condition humaine.

               De temps immémoriaux en effet, l'Homme a placé son Créateur - qu'il l’ait appelé Râ, Zeus, Jupiter ou Notre Père, celui qui est aux Cieux, que sais-je encore, cette liste n'étant pas, bien évidemment, limitative - tout là haut, au firmament, dans cette voûte céleste dans laquelle sont plantées, comme épinglées pour toujours, des étoiles en nombre incommensurable. On parle de milliards de milliards d’astres célestes.

               En y plaçant notre Dieu Créateur, quelle meilleure protection l'Homme pouvait-il souhaiter avoir de plus ?

               C'est très certainement cette notion d'infini qui a frappé l'imaginaire collectif - et tout au moins le mien - et qui a contribué à cette attirance que nous avons tous plus ou moins et qui nous fait tourner nos regards vers ce ciel pour y chercher auprès de Dieu, une aide efficace dans toutes nos entreprises avouables mais aussi consolation et protection lors des périodes difficiles qu'il nous arrive de traverser dans notre vie comme cela nous est recommandé dans l'Exhortation du premier grade du rite Émulation.

               Aussi pouvons-nous nous interroger pour chercher à comprendre pourquoi, de temps immémoriaux, l'homme s'est-il efforcé d'essayer de regarder toujours plus loin dans cet infini supérieur, sans limite pour l’esprit de notre petite personne, bien qu’encore limité pour nos instruments d’optique.

               Les progrès de la Science font qu'à ce jour notre "vue" perce, à l'aide d'instruments de plus en plus sophistiqués, à près de quinze milliards d'années lumière et malgré tout l'on cherche toujours à en construire d'autres de plus en plus performants pour aller encore et toujours plus loin. Mais jusqu’où ? Le mur de Planck contre lequel notre physique bute encore, sera-t-il franchi un jour ?

               Ne serait-ce pas que, dans cette quête, nous cherchons, consciemment ou non, que l'on croit ou non en un Grand Architecte de l'Univers d'ailleurs, à rattraper notre Création et le Big-bang et même peut-être à le dépasser, pour connaître l'avant qui est derrière l'explosion originelle qui a donné la vie, ce qui nous permettrait - peut être - de savoir d'où nous venons et pourquoi pas, par Qui avons-nous été conçus ?

               Mais, cet espace qui est donc d'une profondeur sans limite ou presque - en tout état de cause ses limites dépassent de beaucoup l'imaginatif humain, cet espace donc apparaît pourtant à nos yeux, dans la réalité et encore plus dans notre Temple, d'une platitude étonnante.

               Cette notion de relief qui disparaît de notre vue, nous donne une certaine idée d'Egalité : lorsque l'on regarde le ciel, les étoiles se touchent ou presque. Quelle que soient leurs tailles réelles, à l’œil nu, elles apparaissent de grandeurs quasi égales et d'éclat peu différent les unes des autres. Rien ou presque ne différencie plus là-bas, l'infiniment grand de l'infiniment petit. Et pourtant quelle différence entre le quark, poussière d'électron et l'Univers dans son immensité sans fin – ou presque, le terme de fin étant conçu dans son acception de longueur - et qui continue de se dilater. Quel vertige nous saisit alors en essayant d'imaginer le gouffre qui les sépare. Cela relativise, oh combien ! les petits problèmes des petites vies de nos petites personnes.

               Il est par ailleurs curieux de constater que cet espace infini ne nous apparaît clairement dans toute sa splendeur que dans le noir profond de la nuit, à l'heure qui n'est plus au travail matériel terrestre, et non en pleine lumière. Bien sûr, il existe une explication tout à fait scientifique à cela, mais ne pourrait-on pas y voir également le symbole qu'une vérité peut également surgir des ténèbres les plus épaisses alors que la pleine lumière peut nous la cacher en nous éblouissant.

               Et plus la profondeur des ténèbres s'accroît, mieux nous pouvons distinguer d'astres et plus ils nous paraissent nombreux. Mais pour cela il faut savoir attendre, patienter et prendre tout son temps pour les rechercher là où l'on n'avait pas pensé trouver. Cela aussi est une grande leçon d'humilité. Combien de qualités sont-elles ainsi cachées chez l'autre que nous ne voyons pas. Peut-être par négligence ? Peut-être par manque de temps ? Peut-être pas égoïsme ?

               L'observation des étoiles nous permet d'assister à un ballet extrêmement bien réglé, témoignant d'une régularité parfaite que nos plus grands savants ont réussi à expliquer par des équations tellement compliquées que l'on ne peut imaginer que cela ne peut relever que de la main d'un architecte autre que supérieurement doué.

               Ces étoiles ont pu seules dans les temps anciens, servir de guide aux grands voyageurs à la surface de la terre, puis sur les mers. Les Normands, grands navigateurs s'en servaient il y a des millénaires. Mais également, maintenant, nos satellites artificiels habités ou non.

               Plus symboliquement, n'est-ce pas l'une d'entre elles qui a guidé les Rois Mages jusqu'à la grotte de Bethléem il y a un peu plus de 2000 ans ?

Et j’aimerais dire un mot sur ST JACQUES de COMPOSTELLE. Même si ce nom garde, à bien des égards, des mystères quant à son étymologie, puisque plusieurs possibilités sont proposées, une des plus plausibles, car liée au légendaire primitif, serait campus stellæ qui signifie le champ de l'étoile, la voie lactée qui du ciel de FRANCE nous dirige vers un lieu bien précis marqué d'en haut. De fait tous les chemins de COMPOSTELLE allant de la mer du Nord au Perron de Saint Jacques, paraissent être la projection au sol de ce chemin d'étoiles et constituent une voie initiatique unique. De même la voûte étoilée nous conduit-elle de l’occident vers l’orient.

               Une enluminure du 15ème siècle contenue dans les Grandes Chroniques de Saint-Denis nous montre un saint portant une escarcelle frappée d'une coquille - qui prit le nom de "coquille Saint Jacques" - et qui apparaît à CHARLEMAGNE, lui enjoignant de délivrer la VOIE, en suivant la voie lactée qui recouvre le ciel et trace la route qui conduit jusqu'à ST JACQUES de COMPOSTELLE.

               On peut aussi laisser errer notre imaginatif et rêver. Ces étoiles, ne seraient-elles pas un peu les yeux de notre Créateur qui observerait nos actions tout au long de notre vie ?

               Et, pour certaines, il est évident qu'elles sont nos mères : en effet si l'univers est vieux d’un peu moins de 15 milliards d'années, ce qui est communément admis à l'heure actuelle, notre système solaire n'est vieux que d'à peine 5 milliards d'années. Il est né de l'agglomération de poussières d'étoiles bien plus anciennes qui ont essaimé leur matière lors de leur déflagration en supernovas qui a présidé à la mort de celles-ci. Nos molécules, ou tout au moins nos atomes, voire nos particules infra-atomiques, existaient donc avant que notre Terre ne soit. Aussi pourrions-nous voir en elles notre double cosmique.

               Elles ont pu, pour certains, être également considérées comme

                              . les âmes de nos ancêtres défunts qui errent dans l'infini spatial tout en continuant à veiller sur nous du plus loin qu'ils se trouvent,

                              . voire comme des anges qui descendraient et monteraient le long de l'échelle de Jacob, échelle que l'on retrouve sous d'autres noms dans nombres de croyances : échelle du Ciel empruntée par Amaterasu rapportée dans le Shinto ou celle par laquelle Bouddha descendit du mont Meru.

               En cherchant cette relation entre la Terre et le Ciel, en essayant de communiquer avec l'En-haut, l'Homme a voulu tenter de diminuer ses angoisses créées par notre triple recherche du qui suis-je ? d'où viens-je ? et où vais-je ? Cela perdure encore actuellement.

               Ce besoin de communication Ciel - Terre, nous le retrouvons un peu dans le fil à plomb qui est appendu à la voûte étoilée, au centre de certaines de nos Loges travaillant à d'autres rites que le nôtre. Il est conçu comme l'intermédiaire entre nos petites personnes et l'infini et Dieu qui l'emplit.

               Aussi nous rassure-t-il, nous indiquant que, peut-être, ce cordon ombilical qui pourrait symboliser le lien qui nous réunit au Créateur, n'est pas totalement et définitivement coupé à jamais. Il reste notre antenne réceptrice mais également notre émetteur en direction de cet infini où il fait entendre les cris de nos plus profondes angoisses.

               Ces étoiles peuvent aussi symboliser l'ensemble de nos connaissances qui sont devenues avec le développement de la science, plus qu'innombrables. Mais il ne faut pas oublier que c'est une vacuité extrême qui entoure les étoiles et qui, de fait, emplit l'univers de néant dans sa quasi-totalité. Peut-être est-ce de la matière noire, encore hypothétique car non détectable, mais qui est soupçonnée par nos têtes chercheuses.

               Tout cela doit nous ramener à une plus juste estimation de ces dites connaissances. La vérité d'hier n'est pas celle d'aujourd'hui et encore moins celle de demain, mais qui ne sera jamais - peut-être - la Vérité avec un grand V qui, elle, est d'ailleurs, de tout là-haut.

               C'est pourquoi nous pouvons nous demander si, à l'image ce vide intersidéral qui ne sera - peut-être - jamais totalement comblé, nous pourrons quant à nous, venir à bout de l'immensité de nos lacunes : cela est fort douteux et cette Vérité avec un grand V, la seule, nous ne la trouverons certainement pas dans ce monde terrestre et matériel mais dans l'Au-delà, là où demeure et règne le Grand Architecte de l'Univers. Existe-t-il ? D’aucun y croît, d’autres doutent, d’autres enfin le nient. C’est un long débat dans lequel je ne me hasarderai pas. Simplement j’ai noté :

               . qu’Einstein, sur la fin de sa vie, avait reconnu qu’il ne pouvait pas ne pas exister un Être Créateur pour arriver à la perfection de cet univers, mais sans en donner l’identité,

               . et que Stephen Hawking, qui a consacré sa vie entière à essayer de comprendre les mécanismes de la création de l’univers et de son évolution, dans son livre post-mortem « Brèves réponses à de grandes questions » tout en niant, dans un premier temps, son existence dans le chapitre « Dieu existe-t-il », faisait référence dans presque tous les autres chapitres, à ce que j’ai pu comprendre, comme étant un principe créateur.

               Alors de quelle meilleure couverture donc pouvions-nous rêver au-dessus de nos têtes lors de nos tenues ? Quelle meilleure protection que celle de la demeure de l'Eternel d'où beaucoup de signes nous permettent de croire, ou nous laissent à penser, que nous en venons et que nous y retournerons à jamais pour veiller à notre tour, sur nos Frères et nos Sœurs à venir.

               Voilà, Très Vénérable, les quelques réflexions que m'ont inspiré cette voûte étoilée.

             Mais je n'aimerais pas terminer sans une touche de poésie en citant la dernière strophe de "Booz endormi" de Victor Hugo

               ".....................................et Ruth se demandait,

               Immobile, ouvrant l'œil à moitié sous ses voiles

               Quel dieu, quel moissonneur de l'éternel été

               Avait, en s'en allant, négligemment jeté

               Cette faucille d'or dans le champ des étoiles."

                             

               T.V.F. J-Paul B.

R.L. Michel de l'Hospital, le 16.03.2019

                     

818ème article

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