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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 10:57
La Chaîne d'Union - II

III - De la Symbolique

  1. Vocabulaire

- Le mot « chaîne » est aisé à interpréter symboliquement : nous sommes, mes BB.·.AA.·.FF.·., des maillons liés les uns aux autres, engagés les uns envers les autres et destinés à transmettre.

Comme un chainage, la chaîne est destinée à nous rendre collectivement plus solides et chacun y a sa propre responsabilité : souvenons-nous que la résistance d’une chaine est celle de son maillon le plus faible…

Elle est une limite, une frontière entre deux espaces, l’intérieur et l’extérieur.

Mais ce n’est pas un enfermement, un esclavage : nous ne sommes pas dans une secte qui asservit, bien au contraire nous sommes des maçons libres et acceptés.

- L’union coule de source, la jonction est voulue, matérialisée; la démarche est partagée et elle sous-entend bien une entente, la concorde des sentiments ou des pensées. Et puis, c’est connu, l’union fait la force, un célèbre  F.·.M.·., Jean-Baptiste WILLERMOZ, en avait fait sa devise avant qu’elle ne devienne celle de la Belgique… Ensemble, mes BB.·.AA.·.FF.·., nous sommes plus forts, chacun de nous est plus fort, plus résistant. C’est aussi ce que nous dit La Bible: « Là où un homme seul est renversé, deux résistent, et le fil triple ne rompt pas facilement. » (Ecclésiaste 4:12). 

 

  1. Du Rituel

Une fois encore notre rituel va s’avérer d’une grande richesse, et je n’aurai pas la prétention de l’épuiser, simplement de montrer comment il m’a permis d’avancer un peu plus sur mon propre chemin…

Remarquons pour commencer que, pas plus que dans la vie, nous ne choisissons nos frères et sœurs, nous ne choisissons pas dans la chaîne d’union les deux FF.·. à qui nous donnons les mains; ces mains sont nues,  la confiance est totale: beau symbole de fraternité, non? Et nous sommes tous au même niveau, les FF.·. ont quitté leur plateau, ceux de l’O.·. en sont descendu.

Nous sommes tous tournés vers le centre de la L.·., là où passe la ligne qui joint les deux points opposés de la sphère céleste que sont le Nadir et le Zénith, cette ligne qui est dans certains autres rites matérialisée par une verticale, un fil à plomb attaché au plafond. Restons un instant dans cet espace: si je baisse la tête, je vois le sol et les pieds de mes FF, je vois aussi le pavé mosaïque et le tableau de L.·. avec sa bordure dentelée, il m’incite déjà à m’élever; si je regarde à hauteur d’homme (l’horizon) je peux voir chacun de mes FF.·. ; si je lève la tête, c’est la Voûte étoilée cernée de la corde à nœuds qui m’invite encore à l’élévation… et enfin si je ferme les yeux, je descends en moi-même, je me «concentre» et je m’élève à la fois.

Les mains

Les FF.·. se donnent la main, tous différents mais tous unis dans le même geste, le même espace, le même cercle. Symbole évident de fraternité, ne dit-on pas dans le langage courant « donner la main » pour « aider », (on peut aussi la prêter ou en donner un coup pour aider!), de même « être main dans la main » n’est-ce pas être solidaire? Nos mains sont nues, ce geste est chaleureux, manifestation de sympathie; comme on dit en électricité, le contact est direct: le courant passe entre nous, sans filtre ni isolant!

Nous sommes alors des «passeurs» qui s’enrichissons mutuellement : ce que nous recevons de notre F.·. d’une main, nous le donnons de l’autre au suivant.

 

Les bras entrecroisés

Lors de la chaîne «courte », nos bras croisés, bras droit sur bras gauche, forment un nœud, un lac, comme nous l’a dit, notre B.·.A.·.F.·.  Bernard à notre dernière tenue,  en parlant de la corde à nœud,  « un lac d’amour ». Je ne m’attarderai donc pas sur cette analogie riche de symboles…

Personnellement j’y vois une attitude de verrouillage de notre corps, comme si nous voulions vivre l’instant présent en écartant ce qui pourrait nous en distraire, comme pour «vaincre nos passions».

Ce nœud que nous avons serré de notre propre volonté, qui nous enserre dans un instant d’éternité, d’amour et de fraternité, nous allons nous en libérer peu après, le rompre, pour aller porter au dehors ce que nous avons appris au-dedans.

 

C’est le moment de revenir aux derviches tourneurs du sage Rumi: j’ai eu le plaisir d’assister à une de leurs cérémonies en Cappadoce, en voici une description trouvée sur internet : « Les derviches entrent dans la salle habillés d’un ample manteau noir qui représente la mort, la tombe, la lourdeur terrestre et l’enveloppe charnelle. (…). Leur habit blanc, symbole du linceul et de la résurrection, dépasse légèrement le bas de leur manteau. (…). Leur salutation mutuelle est le symbole de la solidarité spirituelle, où les âmes se reconnaissent mutuellement comme étant d’une même origine. C’est aussi la réciprocité des consciences, chacun des derviches servant de miroir à l’autre. Après être rentrés rituellement, les derviches, bras croisés sur la poitrine, mains sur les épaules, se mettent à tourner lentement, sur eux-mêmes puis écartent les bras, la main droite tournée vers le ciel pour récolter la grâce de Dieu et la main gauche tournée vers le sol pour la dispenser vers les hommes. En même temps qu’ils tournent sur eux-mêmes, ils tournent autour de la salle. Ce double tour figure la loi de l’univers ». Il semble bien y avoir une parenté symbolique, non ?

Le texte lui-même

Le début ne peut être plus clair : Mes Frères, n'oublions jamais que l'amour fraternel  est "la base, la pierre angulaire, le ciment et la gloire de notre vieille confrérie". C’est l’expression des Constitutions d’Anderson de 1723. Rappelons que pour la  maçonnerie opérative le mot base fait référence aux fondations d’un bâtiment, que la pierre angulaire d’un bâtiment est la pierre d’angle sur laquelle repose la solidité de l’édifice, les murs étant bâtis de pierres reliées entre elles, unies, par le ciment : gage de solidité, ne disait-on pas pour cela d’une maison qu’elle est « bâtie à chaux et à ciment » ?

L’amour fraternel est, nous le savons tous, essentiel, indispensable et c’est aussi notre ciment, notre satisfaction et notre gloire.

Notons enfin que dans cette seule phrase la notion de fraternité apparait trois fois : Mes Frères, l'amour fraternel, notre vieille confrérie. Le style est à l’insistance, pour les durs d’oreille peut-être!

« Que nos cœurs se rapprochent en même temps que nos mains »: c’est l’invitation à quitter les aspects matériels de ce « bas monde », par la voie du cœur; une marche de plus vers ce que j’ai appelé tout à l’heure l’élévation.

 Je n’ai pas grand-chose à ajouter à ce que j’ai déjà dit du vocabulaire à propos de la phrase qui suit «que l'Amour fraternel unisse tous les maillons de cette Chaîne formée librement par nous.» (cf. III, a).
 

Le texte insiste sur « la grandeur et la beauté de ce rite ancestral »  il nous invite à nous  pénétrer  « de son sens profond » : vaste programme ! Nous essayons de le suivre un peu ce soir… .  Et vient ensuite une phrase à mon avis essentielle : « Cette Chaîne nous unit à tous nos frères heureux ou malheureux répandus sur la surface de la terre. ». On peut bien sûr penser ici aux seuls membres de la G.·.L.·.N.·.F.·. mais ce serait avoir l’esprit bien étroit me semble-t-il… cette chaîne n’unit-elle pas tous les MM.·. de tout rite, de toute origine, bref, n’unit-elle pas comme nous le disons aux agapes, « tous les MM.·. du monde »?

à suivre...

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